Des effets du Trumpisme

samedi 19 novembre 2016
par  Bernard LE NEEL
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Les récentes élections aux Etats-Unis, certaines tendances en Europe, et ces jours-ci en France donnent à penser que des élans politiques poussent aux extrêmes. C’est la curée vers le populisme.

L’extrême dit le dictionnaire est le plus en dehors, qui est tout à fait au bout, au-delà de toute mesure. Ce terme signifie donc le rejet , l’opposé . La première cause de l’extrémisme apparaît être le rejet, une forme de colère devant un ordre établi, notamment politique.

La Conférence des Évêques de France vient de publier un livret bien instructif sur l’engagement politique.De nombreux paroissiens l’ont acheté à la porte des églises.
Nous sommes entrés dans une période de fièvre électorale qui pousse les candidats à se démarquer, et à s’enflammer . Les enjeux , la quête du pouvoir, font monter les enchères.
La vague trumpiste envahit certains milieux politiques en France.

Il faut reconnaître que la colère provient d’abord du monde politique. Que de scandales, de casseroles, de mises en examen, et de promesses « qui n’ont engagé que ceux qui les ont reçues » ! mais qui les ont crues. Les électeurs sont souvent déçus, écœurés. D’où leur méfiance envers les politiques chevronnés, carriéristes.
Tous les milieux sociaux sont touchés par les désabusements, voire l’indignation, et on sait que la colère est mauvaise conseillère.
Chrétiens, nous sommes réputés être des êtres de conviction, notre Foi est souvent réduite à quelques convictions, quelques valeurs, pour ceux qui nous voient de l’extérieur. Mais le fait est que nous sommes électeurs, et même si le monde chrétien n’est pas monolithique il fait l’objet de tentative de captation électorale.
La tentation est grande d’adhérer aux thèses extrémistes. Car les mouvements extrémistes font leur beurre sur le dos des désespérés, comme jadis sur le prolétariat.
« En démocratie, la responsabilité politique consiste à construire ensemble , plutôt qu’à prétendre « sauver » disent les évêques de la CEF .

Il nous faut lire derrière les mots : Patriotisme, quel beau mot ! malheureusement interprété comme un nationalisme exclusif. Un repli sur soi, en fermant les portes de l’accueil aux immigrés. La Famille ? qu’en penser quand on réserve l’attribution des allocations familiales aux seuls français pur beurre ?
Le propre de ces mouvements d’extrême droite, donc excessifs, est de s’appuyer sur de réels problèmes en flattant les instincts les plus rétrogrades. Le cardinal Vingt-Trois appelle les communautés chrétiennes à réfléchir et à agir pour venir en aide à ceux qui ont mis leur espoir, leur ultime espoir dans le risque de l’immigration. Le bon vin de l’Évangile ne doit pas être mis dans de vieilles outres, l’Évangile n’est pas article d’antiquaires.
L’avenir sera harmonieux pour le pays s’il sait accueillir et faciliter l’intégration des nouveaux venus.

Les chrétiens ne devraient pas avoir d’état d’âme devant ces défis . N’étiez-vous pas, vous aussi des étrangers ? dit l’Écriture. Et comment dire le Notre Père, si notre petit père est à nous seulement. Catholiques signifie universel, nous ne trébuchons pas sur la fin du Credo « Je crois en l’Église catholique ».

Aux récentes JMJ le pape François a invité les jeunes à l’engagement politique, cette science de la ville, du vivre ensemble. Il nous a incité à ne pas nous laisser voler notre Espérance, car il ne faut jamais désespérer d’autrui, ni nous laisser à la peur ou à la colère.


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