Tous à la campagne, tous en campagne !

samedi 26 février 2011
par  Bernard LE NEEL
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Le Salon de l’Agriculture a toujours autant de succès. Les citadins se pressent dans le grand Hall d’Exposition, à l’abri des aléas de la météo, les pieds au sec… un ersatz de nature aseptisée. Ne demeurent que les effluves rurales ! C’est bien de rendre hommage aux agriculteurs qui nous pourvoient en nourriture.

Déjà, il y a plus de deux siècles, Marie-Antoinette avait reconstitué au Trianon une ferme modèle. La campagne fait donc toujours rêver ? Au lieu du bruit et de la pollution de la ville, il faut croire qu’elle présente un attrait d’équilibre « naturel », de tranquillité ; ne parlait-on pas autrefois de maison de campagne , expression plus plaisante que résidence secondaire, une sorte de retour à la Nature . O fortunatos nimium, agricolas … ô quelle chance ils ont ces agriculteurs, s’ils connaissaient leur bonheur, disait Virgile.

Au figuré la campagne est une période, un élan, propice à promouvoir un projet fort. Campagne d’année pour des associations ou mouvements, un accent donné à certaines prises de conscience. Les spécialistes en marketing savent en user de cette mobilisation. Cela nous rappelle aussi les campagnes militaires, et ces campagnes doubles qui comptent pour la retraite.

Désormais les campagnes de guerre nous sont moins familières, mais le terme est repris par les politiques. Dès qu’un scrutin est programmé, il faut se mettre en ordre de marche, et entrer en campagne. Le Larousse ne retient que l’aspect guerrier de cette entrée en campagne « marcher contre l’ennemi ». Laissons aux candidats politiques cette mobilisation pour capter les suffrages.
Et nous petit peuple allons-nous entrer en campagne ? N’avons-nous pas d’énergie à activer pour une grande cause ?
Chaque année, suivant la course lunaire, les médias nous annoncent que les musulmans vont entrer en Ramadan. Nous pensons à eux et leur souhaitons les meilleures bénédictions.

Quant à nous, sans ramdam (fam.), nous allons entrer en campagne dans quelques semaines. Comme les Hébreux nous sommes invités à quitter une terre d’esclavage, à traverser un désert de purification pour atteindre un objectif de terre promise : notre pâque débouchant en Pâques. L’avantage de la vie chrétienne et de l’ascèse qui nous est proposée c’est que nous connaissons la fin du film : nous savons vers quoi nous sommes en marche. La pénitence n’est pas une mortification masochiste mais une ouverture vers la réconciliation.

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu  » va nous dire St Paul le 9 mars.

Réconcilier avec Dieu trésor inépuisable de miséricorde, cela va presque de soi, mais réconciliation avec les autres …
Aimez vos ennemis ? On n’en a pas ! … seulement quelques voisins qui « nous tapent sur le système » ou nous agacent, ou n’entrent pas toujours dans nos vues, ou dans nos jeux ! de la réconciliation au ras des pâquerettes, c’est finalement une forme « d’amour des autres » au quotidien.

En somme notre « pardon » annuel, un pèlerinage intérieur.

Alors, Vive le Mercredi des cendres qui nous verra sur les starting-blocks, prêts à prendre la route, dans la joie de la perspective de Pâques.


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