Sandrine Ardovini, coordinatrice de la catéchèse

lundi 12 décembre 2016
par  Patrick BEGOS
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Le catéchisme permet aux enfants de découvrir Jésus Christ, de devenir croyant mais aussi de vivre les sacrements en communauté. Depuis quelques mois, Sandrine Ardovini a pour mission de coordonner la catéchèse du primaire dans les paroisses de Notre Dame de la Mer et d’Étables.

 Sandrine, pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 51 ans, je suis mariée et nous avons 4 enfants. Je suis originaire de Paimpol mais j’ai vécu en Italie de nombreuses années. Nous sommes revenus en Bretagne en 2012 et nous exploitons, avec mon mari et mes enfants, un hôtel-restaurant à Binic.
En Italie, j’ai inscrit mes enfants au caté, plus par tradition que par conviction. J’ai véritablement découvert la foi à 38 ans quand une jeune religieuse de 25 ans m’a demandé de participer à une chorale d’adultes. Je me suis sentie appelée et j’ai découvert la Parole de Dieu en chantant. Puis j’ai animé une chorale d’enfants et organisé des camps d’été pour les jeunes de la paroisse. Ces moments très forts m’ont intégré progressivement dans d’autres fonctions de la paroisse Santa Maria. En tant que responsable de la charité, j’ai côtoyé les pauvres en organisant les distributions avec l’aide d’autres bénévoles.
Lors d’un pèlerinage à Medjugorje, j’ai ressenti un second appel intérieur me demandant de suivre une formation à l’Université Catholique de Frosinone. Après une formation d’un an (étude de l’Ancien Testament et de la liturgie), je suis devenue « ministre extraordinaire de l’Eucharistie » chargée de porter la Parole et l’Eucharistie aux malades. Cette expérience a redynamisé et simplifié ma vie de tous les jours.

 En étant candidate au poste de coordinatrice, quelles étaient vos motivations ?

En arrivant à Binic, en 2012, je me suis mise à la disposition de la paroisse, en m’intégrant dans le groupe d’adultes chargé de la Pastorale des jeunes. Très vite, nous nous sommes rendus compte qu’il fallait s’organiser pour réunir les groupes de jeunes de Plérin-Pordic et d’Étables.
En juin 2016, les deux paroisses décidaient de créer un poste à mi-temps de coordinateur de la catéchèse du primaire. J’ai réfléchi en me disant qu’il fallait que je redonne ce que j’avais reçu, en grâce. Nous en avons parlé en famille et réorganisé le travail dans l’hôtel-restaurant. Mon mari et mes enfants m’ont encouragée à postuler. Je suis coordinatrice depuis le 1er septembre 2016.

 En quoi consiste votre mission ?

Elle consiste d’abord à soutenir et à mettre en valeur la responsabilité spécifique des catéchistes-relais (Marie-Claire Hourdel et Maryvonne Le Boudec pour la paroisse Notre Dame de la Mer et Thérèse Lecuyer à Etables), à les encourager à mettre en œuvre la proposition catéchétique des deux paroisses en lien avec les orientations diocésaines. J’organiserai les rencontres entre les catéchistes en veillant à uniformiser les outils qu’elles utilisent. En fait, je suis un pont entre les deux paroisses d’Étables et de Notre Dame de la Mer. Je participerai aux temps forts dans la mesure de mes possibilités. Et j’ai en charge deux groupes de caté, un groupe CE2 à Pordic et un groupe CM1 à Etables.

 Combien d’enfants participent au caté ?

Environ une centaine d’enfants du CE2 au CM1 pour la paroisse Notre Dame de la Mer et une cinquantaine pour Étables soit au total 150 enfants encadrés par 22 catéchistes. Il faut y rajouter les enfants de 3 à 7 ans qui participent à l’Éveil à la foi.
Globalement, c’est peu pour une zone qui compte plus de 30 000 habitants. Nous avons pour ambition d’augmenter le nombre d’enfants catéchisés mais il faut d’abord que je découvre les réalités des deux paroisses, les conditions dans lesquelles se déroulent le caté, les outils utilisés, les difficultés et les envies des uns et des autres…. Nous avons la chance d’avoir des outils bien conçus par le diocèse. Notre projet d’année est en cours et rien n’est figé. Le but est que tout le monde y participe et que chaque catéchiste s’y retrouve.

 Qui sont les catéchistes ?

Ce sont des mamans ou des papas qui travaillent et des grands-parents. Tous ont envie d’aider les enfants à comprendre les bases de la Foi. Ils ont conscience de l’importance de leur rôle dans l’éducation spirituelle des enfants et dans la transmission de la Foi. Nous voulons réfléchir et peut-être étendre à d’autres groupes ce qui se passe à Plourhan où cinq mamans utilisent le temps des activités périscolaires pour faire de la catéchèse. Elles ont ainsi une trentaine d’enfants du CE au CM qu’elles catéchisent dans une salle de l’école et cela fonctionne bien.

 Pourquoi inscrire mon enfant au caté ?

La catéchèse apprend à l’enfant à vivre avec les autres. C’est une démarche qui construit l’homme, initie à la vie de Jésus-Christ, aide à découvrir Dieu. L’enfant rencontre Jésus et découvre qu’il est aimé de Dieu. Le caté lui donne des éléments de réflexion. Certes, d’autres activités comme la musique, la danse ou le sport enrichissent l’enfant dans sa manière de vivre mais elles ne lui font pas découvrir le sens profond de la vie, elles ne l’éduquent pas au niveau spirituel. Le caté est une découverte de la Parole de Dieu qui permet de cheminer avec le Christ.

 Que fait-on au caté ?

Au caté, les enfants « apprennent » à devenir croyants. Les enfants découvrent progressivement une relation à Dieu qui s’enracine dans l’Église. L’occasion leur est donnée de comprendre ce qui est vécu dans les sacrements et d’aborder la Parole de Dieu. Ils découvrent ainsi les contenus d’une foi vivante qui donne sens à leur vie.
Il y a différentes façons de mieux connaître Jésus, le caté propose des itinéraires variés. Nous commençons toujours par une prière pour leur permettre de créer un lien avec Dieu, de parler avec Lui comme avec un ami. Puis, les enfants peuvent étudier un texte d’Évangile et l’illustrer par un dessin, une image, ou bien regarder un DVD, découvrir un épisode de la Bible ou la vie d’un saint. Le catéchiste les accompagne dans leurs découvertes, les écoute et lance le débat. A chaque fois, nous les laissons libres de parler et nous essayons de répondre à leurs questions. Les enfants sont réceptifs et curieux, ils veulent savoir. Les temps forts comme les dimanches en famille sont importants car c’est l’occasion d’être en communauté avec les autres paroissiens.

 Les parents sont-ils associés ?

Les parents suivent les activités culturelles ou sportives de leur enfant, il est important qu’ils s’intéressent aussi à ce qu’il vit au caté. La présence des parents donne du prix à l’engagement et à la démarche de leur enfant. Ce n’est pas facile de les associer. Participer aux réunions d’information proposées par les catéchistes, aux célébrations, accompagner une sortie,… sont des pistes à la portée de beaucoup de parents. Certains peuvent avoir le goût de s’investir davantage en devenant animateur.

 D’autres d’activités peuvent être en concurrence avec le caté ?

Les séances de caté se déroulent souvent après la classe à un moment où les enfants ressentent la fatigue de la journée. D’autres activités sportives ou culturelles peuvent venir en concurrence. De plus en plus, l’aspect spirituel est mis entre parenthèses. On s’inscrit si on trouve le temps, ce n’est pas une priorité. Les parents ont un rôle important car l’enfant n’a pas la capacité de comprendre l’enjeu s’il n’y a pas un minimum de volonté de ses parents. Il faut lui donner envie de participer et l’aider à persévérer dans son engagement.

 Quelques questions

Faut-il être baptisé pour participer au caté ?

Non, parce que le caté est ouvert à tous les enfants, qu’ils soient déjà baptisés ou pas encore, et que leurs parents le soient ou non. Au cours des années de caté, l’enfant pourra, s’il le désire, demander à recevoir le baptême et à faire sa première communion, en suivant une préparation en plusieurs étapes.

Faut-il que les parents soient pratiquants ?

Non, puisque chaque enfant est accueilli dans la communauté chrétienne. Le caté, le partage sur la vie de foi, l’écoute sont des occasions pour dialoguer avec votre enfant sur des questions aussi importantes que Dieu, la vie, l’amour, la mort. Ce que votre enfant découvre peut provoquer des questionnements, des cheminements, pour lesquels il a besoin de votre appui. Vous pouvez avoir envie de prolonger cette complicité avec votre enfant, par exemple en allant à la messe.

Je suis divorcé, puis-je inscrire mon enfant au caté ?

Bien sûr, avec l’accord de l’autre parent, si l’autorité parentale reste conjointe. Tous les enfants sont accueillis au caté, quelle que soit leur situation familiale. Les parents même divorcés et les parents remariés sont invités à vivre avec leurs enfants les célébrations à l’église.


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