Je renonce

vendredi 2 décembre 2016
par  Kerprat
popularité : 1%

Le dieu Janus était doté d’un double visage, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Bel aveu d’ambigüité ! Ainsi en est-il de certains mots au sens variable selon les circonstances.

Renoncer apparait d’abord comme négatif :
renoncer c’est se désister, refuser une perspective, une charge, un honneur, alors qu’on est en droit de pouvoir l’accepter. Renoncer pour un sportif, un boxeur , c’est jeter l’éponge, admettre une incapacité à poursuivre, un abandon en quelque sorte. Plusieurs personnalités de premier plan renonceraient désormais à poursuivre leur action politique. C’est donc parfois un aveu d’échec, expression qui fait flores en ce moment.

Margaret Thatcher s’était illustrée à Bruxelles avec son « to opt in or opt out », choisir de rester ou sortir, le Brexit a choisi. Renoncer est un droit lié à la liberté d’opinion, voire de conscience.

Renoncer peut être aussi un acte de courage, une reconnaissance en toute lucidité de l’incapacité à exercer une possibilité, un droit. On peut renoncer à une personne pour en épouser une autre, ou à une succession hasardeuse.
Force est d’admettre qu’il peut être un acte de sagesse. Celui qui veut bâtir une tour, s’assoit d’abord pour évaluer ses chances de réussir…
Un ministre quittant le Gouvernement déclarait naguère se comparer à Cincinnatus, ce général romain qui renonçant aux honneurs avait préféré retourner à sa charrue. L’exemple même d’un renoncement qui honore celui qui l’engage.

Renoncer c’est aussi choisir en vue d’une valeur supérieure. Jadis les catéchumènes, pour recevoir le baptême, devaient renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres ; l’expression est désormais désuète, mais l’intention demeure. Comme pour le mythe de Cincinnatus, l’exemple de personnes qui renoncent à un bien pour un bien supérieur nous est bien connu. Les moines, les moniales, les religieux, quelle que soit leur religion, renoncent à de nombreux droits et même libertés. Ce renoncement s’annonce alors riche , un prix d’excellence. L’homme ou la femme qui opte pour cette vie consacrée fait preuve d’un humanisme élevé, car le but est positif et porteur de valeur supérieure.

Renoncer n’est pas réservé à certains êtres d’exception, tout homme, lors de ses choix peut, et parfois doit renoncer, opter pour autre chose. Au terme d’une réflexion perspicace, renoncer est marque de sagesse, et requiert le respect. C’est une épreuve, parfois accompagnée de douleur, mais qui honore celui qui mise sur un objectif plus élevé.


Commentaires

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
image Synode
Bannière denier
Bannière RCF