Homélie du dimanche 8 janvier 2016

Epiphanie
par  Emmanuel BRIAND
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Chers amis,
Après l’étoile conduisant les bergers à l’Enfant Jésus à Noël dans l’Évangile de Luc, l’Évangile de Matthieu, en ce jour, nous propose de suivre cette même étoile, cette fois-ci à la suite des mages. Cette étoile nous conduit à la manifestation de la gloire de Dieu (sens de l’Épiphanie) en Jésus, l’enfant de la crèche. Il s’agit d’une étoile de vie, de lumière qui peut irradier d’amour notre vie.
Peut-être avez-vous vu ou entendu parler du film du moment, Star Wars Rogue One ? Les jeunes et grands enfants (comme moi !) qui ont vu ce film de science-fiction ont pu voir qu’il est question de la construction d’une étoile noire, une étoile de la mort, symbole d’une tyrannie qui veut éradiquer tout contre-pouvoir, toute opinion contraire à celle de l’Empereur. Vous allez me dire, quel rapport avec notre Évangile ? Et bien, c’est ce genre d’étoile que suit Hérode et ceux qui l’entourent. En fait, il a peur, il est angoissé, « bouleversé » nous dit le texte, d’apprendre qu’un roi est né en Judée. Hérode fermé à toute ouverture, tout comme les prêtres et les scribes qui ne daignent pas ouvrir leurs yeux et leurs cœurs, eux qui sont si sûrs de connaître les Écritures et ce qu’elles révèlent. Cela montre aussi que dès le départ, Jésus n’est pas accueilli par bon nombre des siens. Oui, Hérode craint et cela l’entraînera dans une folie meurtrière (les Saints Innocents), lui dont l’histoire nous dit qu’il était tellement attaché et jaloux de son pouvoir, qu’il voyait des « concurrents » partout et qu’il fit assassiner ses propres fils !
Frères et sœurs, à des degrés nettement moindre évidemment (!), il est possible que nous soyons parfois nous aussi dans cet état d’esprit d’intolérance, de jalousie, de recroquevillement sur notre petit pouvoir. Vous n’avez jamais rencontré de petits chefaillons dans votre travail, dans vos familles, dans vos lieux d’engagement ? Hélas, je pense que chacun a un exemple en tête de comportements injustes de ce type. Et, même dans l’Eglise, nous n’échappons pas à cette tentation, hélas bien humaine ! « C’est ma responsabilité, je ne passe pas le relais… » C’est la peur de perdre de l’importance et du pouvoir qui guident et non l’esprit de service. Nous pouvons y réfléchir !
A contrario de Hérode et du gotha de Jérusalem, nous avons l’attitude formidable des mages. On me posait la question vendredi soir au caté, qui sont-ils ? Et bien, ils venaient d’Orient (et non de la ville de Lorient comme s’interrogeaient les enfants du caté !!!) et il est probable qu’ils étaient astrologues et savants. On en a fait des rois plus tard, sans doute en référence à la 1re lecture de ce jour où Isaïe nous dit « Les nations marcheront vers ta lumière et les rois, vers la clarté de ton aurore ». Ils représentent également les nations païennes qui se convertiront au Christ car la Bonne Nouvelle s’adresse à tous ; les prêtres et les scribes représentant le peuple de la 1re alliance n’accueillent pas l’étoile qui se lève à l’Est, tout le contraire des mages. Car ceux-ci sont en recherche, ils sont ouverts malgré tout leur savoir. Parce qu’en effet, on n’a jamais fini de chercher Dieu. Allez demander à des vieux moines tiens ! On sent le Seigneur, on L’aime, mais tous les jours, on a besoin de Le chercher pour qu’Il vienne habiter notre cœur. Le pape François a posté sur tweeter vendredi « Comme les mages, nous aussi marchons, attentifs, infatigables et courageux, pour trouver le Dieu invisible qui est né pour nous. » C’est le cas de Noémie, catéchumène, qui se prépare au sacrement de baptême, elle a soif de Dieu, elle veut se mettre à la suite de Jésus le Christ.
Alors comme elle et les mages, je nous propose une bonne résolution en ce début d’année. Vous en prenez des résolutions, non ? Vous les appliquez bien entendu, non ? Je vous rassure, moi non plus !!! Mais celle-ci, on va la mettre en œuvre ! Résolution de l’année pour 2017 : suivre l’Étoile de Vie, se mettre à chercher l’enfant Jésus, lui qui nous appelle mais ne s’impose jamais. Il est tout sauf un tyran, Il est humble, fragile, pauvre à l’image de l’Enfant Dieu de la crèche. Et bien ce petit enfant Jésus, nous allons si vous le voulez bien le chercher dans ceux dont nous croiserons le chemin cette année. Nous allons nous efforcer d’aimer comme Jésus aime, dans notre travail, dans nos familles, nous allons tenter de prendre soin de ceux qui sont en galère, en situation de faiblesse comme nous prendrions soin du petit Jésus de la crèche. Nous allons soigner nos relations professionnelles, amicales en nous disant que celui que je rencontre est infiniment aimé de Dieu comme nous le sommes nous-mêmes. Nous remettrons nos choix de carrière, nos choix de vie, les choix pour nos enfants dans notre prière, de manière très simple. D’accord ? Et chacun pourra fin 2017 relire son année en observant certainement que, même dans la douleur ou dans la peine, le Seigneur était présent à nos côtés.
Enfin, chers amis, je vous préviens, cela pourra nous bousculer dans nos habitudes. En effet, nous serons amenés non seulement à « nous réjouir d’une grande joie » comme les mages, mais nous risquerons aussi, comme eux, de « prendre un autre chemin », un chemin de paix, un chemin de joie intérieure dans la rencontre des richesses insoupçonnées de l’autre et peut-être aussi de chemins différents de vie professionnelle, familiale, associative et/ou un engagement dans l’Église, tout ceci dans un esprit de don, de service. J’en forme le vœu pour chacun d’entre vous et vous souhaite une sainte année 2017.


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