Rencontre avec un immigré Libyen

mardi 1er mars 2011
par  Kerprat
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Les événements du Maghreb nous ont donné l’occasion de rencontrer Simon qui a fui la Libye, province de Cyrénaïque pour immigrer en Palestine.
Ce qui reste aujourd'hui de la Ville de Cyrène en Libye.
Malgré le contexte politique il a bien voulu répondre à nos questions.

Nous : Depuis combien de temps êtes vous dans cette Terre-Sainte ?

Simon : Après la naissance de mon premier fils Alexandre, né à Cyrène, donc grec, j’ai dû immigrer. Dans notre pays, de tout temps partagé en tribus, c’est la loi du plus fort, du plus riche qui s’impose. J’ai préféré venir travailler ici.

Nous : quelle est votre profession ?

Simon : je suis jardinier, et ici contrairement au désert libyen, il y a de l’eau et tout pousse.
Mes deux grands garçons Alexandre et Rufus m’aident dans ces travaux. J’ai beau avoir 40 ans, je suis encore robuste, mais il ya tant à faire dans les champs que mes enfants sont un précieux secours.

Nous : Il paraît que vous avez eu des problèmes avec l’armée d’occupation ?

Simon : j’évite d’en parler, mais comme c’est un événement qui nous a marqués, je veux bien témoigner.
Il était bien 1 heure de l’après-midi, ce jour-là. Le soleil était haut ; nous avions commencé nos travaux de journaliers de très bonne heure, et nous rentrions à la maison au bas de la ville.

Nous : quelle était la situation en ville ?

Simon : C’était la veille de la Pâque, une grande fête des juifs. Beaucoup de pèlerins étaient déjà arrivés. Pour nous c’était égal, nous ne sommes pas de cette religion, on nous qualifiait de païens. Il y avait grande agitation, une manifestation encadrée par les soldats. Ils avaient arrêté un homme qui avait ses partisans et ses détracteurs. Une vraie pagaille.

Nous : les soldats vous ont arrêté ?

Simon : Non, nous n’avions rien à voir avec cette situation. Je portais un fagot de brindilles du jardin. Mais avec mon faciès d’africain et mon accoutrement, ils ont bien vu que je n’étais pas un citadin. C’est toujours comme ça, on réquisitionne plus facilement un étranger.

Nous : vous avez donc été réquisitionné ?

Simon : oui uniquement moi, pas mes fils. J’ai du soulever la poutre qui blessait et faisait trébucher le condamné, et l’aider à grimper la côte jusqu’au sommet au lieu-dit le Crâne.

Nous : Quel sentiment aviez-vous dans cette belle action ?

Simon : beaucoup de dégoût, le condamné était couvert de boue et de sang. Puis, Il m’a regardé d’une manière touchante, les yeux mouillés de larmes. Alors là, ça m’a donné un coup de fouet d’énergie.
Les archers m’ont attaché la croix sur l’épaule, et on a repris la route.

Nous : vous avez été témoin d’un fait exceptionnel ?

Simon : Oui j’avais à peine fait deux cents pas, lorsqu’une femme de haute taille et d’un air distingué est sortie d’une maison de ville et s’est portée en tête du cortège. Elle a eu quelques difficultés à joindre le Condamné, mais avec assurance elle a demandé aux soldats la permission d’essuyer son visage. C’était Séraphia, femme de Sirach, membre du Sanhédrin. Je l’ai revue plus tard, on l’appelait Véronique, car ce fut une vraie icône qu’elle imprima sur son voile.

Nous : en conclusion, vous avez dû être frappé par tous ces événements ?

Simon : Oui mais plus que l’impression du visage sur le voile de Véronique, et plus que l’aide involontaire du portement de croix, j’ai été marqué par le regard de Jésus.
On ne choisit pas sa croix, j’étais indifférent au sort de Jésus, mais depuis qu’Il m’a regardé, ma vie a changé. Un regard de bonté, d’amour qui m’est allé droit au cœur.

Lc 23/26
Avec la complicité de Anne-Catherine Emmerich tome 3 chapitre XXVIII.


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