Questions à ….. trois soignants

Témoignage de Marie-Pierre Sérandour - 3 -

Les métiers de la santé, au cœur de la foi.
jeudi 9 février 2017
par  Patrick BEGOS, Jocelyne LECHELARD
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A l’occasion de la journée de la Pastorale de la Santé, trois soignants de la paroisse témoignent de leur métier : Marie-Pierre Sérandour de Plérin, médecin, Annick Louboutin de Plérin, aide-soignante et Christine Jégou de Tréméloir-Pordic, infirmière.

Marie-Pierre Sérandour : « Ne pas rester neutre, apporter de la chaleur humaine »
Après mes études de médecine, j’ai effectué une année de pédiatrie, ce qui m’a permis de travailler au Centre Hélio-marin de St Laurent en 1978. Ce centre soignait des enfants diabétiques, asthmatiques, en convalescence. Puis il a évolué vers l’éducation d’enfants handicapés moteur. Mon métier a évolué parallèlement avec la prise en charge de ces enfants en médecine générale et en rééducation. J’y ai passé 33 ans qui m’ont passionnée avant de prendre ma retraite fin 2011. Je n’avais pas envie d’arrêter car on reste médecin toute sa vie. J’ai donc continué en répondant à la demande de parents d’adultes handicapés du Courtil de l’Ic à Pordic. Puis en 2016, j’ai accepté un poste à la MDPH (Maison du handicap) où je rencontre des patients en consultation, suite à leur demandes d’aides liées au handicap.

 Quelles étaient vos motivations pour travailler dans la santé ?

J’ai toujours aimé les matières scientifiques notamment les sciences naturelles et je voulais « être utile dans la vie ». D’où le choix de la médecine, avec au départ la volonté de participer aux missions humanitaires en Afrique (ce qui ne s’est pas réalisé). Je voulais aussi être « une petite pierre vivante » dans la société. Mes enfants sont nés à la fin des études et je me suis orientée vers la médecine salariée car je voulais être maman avec des horaires fixes, sans subir les astreintes des médecins libéraux des années 1980.

 Comment se passent les relations avec les patients ?

Après quelques années de pratique, on ne voit plus le handicap de l’enfant, on dépasse ce stade et on soigne les enfants malades comme on soignerait d’autres enfants. Mon côté « maman » m’a aidé et m’a permis de les materner un peu. Aujourd’hui, la situation devient plus difficile à gérer pour les soignants car les enfants sont pour beaucoup polyhandicapés avec pour certains l’absence de communication. Travailler dans ce milieu est une vocation. Grâce aux formations, j’ai eu la chance d’évoluer face au handicap, au même rythme que le Centre évoluait dans la prise en charge d’enfants polyhandicapés.
Le travail en équipe pluridisciplinaire est essentiel. Les autres soignants sont mes yeux car ils accompagnent les enfants dans leurs activités et me communiquent leurs observations. Ces soignants font un travail difficile car ils accompagnent les enfants tout en sachant qu’ils ne les guériront pas.

 Les valeurs chrétiennes peuvent-elles aider ?

Durant nos études de médecine, on nous apprend à rester neutre, à avoir du recul par rapport à la maladie. Au début de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer une chirurgienne qui faisait l’inverse. J’ai voulu l’imiter, ne pas rester neutre, apporter de la chaleur humaine, être dans l’empathie, ne pas hésiter à avoir un contact physique pour rassurer et partager. Mes valeurs chrétiennes m’ont aussi aidé à répondre aux questions des enfants sur la mort, à leur apporter de l’espérance. Les enfants et les adultes handicapés m’ont enrichi, ils sont débordants de joie de vivre et m’ont aidé à relativiser les petits désagréments de la vie.


Voir le site : Dimanche de la santé

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