Questions à ….. trois soignants

Témoignage de Annick Louboutin - 1 -

Les métiers de la santé, au cœur de la foi.
lundi 6 février 2017
par  Patrick BEGOS, Jocelyne LECHELARD
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A l’occasion de la journée de la Pastorale de la Santé, trois soignants de la paroisse témoignent de leur métier : Marie-Pierre Sérandour de Plérin, médecin, Annick Louboutin de Plérin, aide-soignante et Christine Jégou de Tréméloir-Pordic, infirmière.

Annick Louboutin : « Il faut en permanence redonner espoir »

 En quoi consiste votre métier d’aide-soignante ?

Je suis aide-soignante à l’hôpital Yves Le Foll de St Brieuc, au service neurologie, depuis 18 ans. Le service accueille des patients atteints de la maladie de Parkinson, la maladie de Charcot, la sclérose en plaques, l’épilepsie ou des traumatismes divers. Je réponds aux besoins fondamentaux des patients (habillage, hygiène, soins de confort…) en collaboration avec les médecins et les infirmières.
Étant jeune, je n’avais pas de prédisposition particulière pour travailler dans la santé. Dès l’âge de 16 ans, j’ai participé aux pèlerinages des malades à Lourdes avec l’Hospitalité diocésaine. C’est là que s’est opéré le déclic. J’aime bien accompagner les malades, même si le milieu hospitalier n’est pas facile car il y a beaucoup de pression, d’angoisse et de souffrance humaine. Il faut prendre sur soi, ne pas faire voir que l’on est soi-même angoissé, faire preuve de volonté et de courage. Il faut en permanence être positif, remonter le moral des patients, leur redonner espoir. Un sourire, un regard, une main tendue,… ce ne sont pas des choses extraordinaires mais elles comptent dans la lutte contre la maladie.

 Vous travaillez en équipe ?

C’est essentiel. L’augmentation du nombre de malades, la lourdeur des pathologies et le manque d’effectifs font que les pauses et moments de convivialité sont de plus en plus écourtés à tel point que certains soignants ne prennent plus le temps de se restaurer. Malgré les contraintes, j’aime ce service parce qu’il y règne une bonne ambiance. La relation avec les patients, le souci des personnes sont des éléments essentiels. Même si parfois, nous devons faire face à des patients agressifs qui déversent sur nous leur souffrance ou à des familles angoissées de l’avenir de leurs proches. En quelques années, les pathologies se sont alourdies et les malades sont de plus en plus dépendants. Dans leur lit d’hôpital, beaucoup se posent la question de la mort et s’interrogent sur le bilan de leur vie.

 Comment vivre sa foi dans ce contexte ?

Face à ces cas douloureux, la foi m’apporte de la force. Dans ce travail, il faut aimer les gens, créer le contact avec eux et les mettre en confiance. Il nous faut à la fois soigner les corps et les esprits. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre, même si ce n’est pas facile de compatir à la souffrance des patients. C’est même parfois épuisant mais j’aime ce que je fais et cela m’enrichit personnellement. Dans cette fonction, il faut essayer de sourire à la vie, en prenant soin des malades tout en ayant le souci des autres collègues de travail.


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