Le théâtre évangélique en paroisse

lundi 20 février 2017
par  Aude BRACQ
popularité : 1%

Les paroissiens d’Étables sur Mer ont assisté à une création théâtrale originale, le 15 janvier, lors de la galette des rois [1].
Trois questions à Bernard Le Néel, à l’origine de ce spectacle.
(article paru sur la revue Église en Côtes d’Armor n° 2 - février 2017).

Église en Côtes d’Armor :

 Comment l’idée est-elle née ?

Bernard Le Néel : Chaque année, les paroissiens d’Etables-sur-Mer sont invités à se retrouver en moments conviviaux et festifs comme la galette des rois. Les gens sont heureux de se retrouver et on ne peut capter leur attention que par le rire ou le sourire, pendant une vingtaine de minutes.
Sur demande du curé, j’ai commencé en 2012 à écrire de courtes pièces de théâtre. La première « représentation », Le procès des Mages, n’était pas très évangélique, quoique… Nos trois rois étaient représentés par un riche capitaliste, un européen standard et un asiatique. La piécette « La cigale et la fourmi » se terminait par le message de saint Jean (3,17) : « Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » L’idée d’une animation plus réfléchie venait de faire son chemin.

ECA :

 Comment a évolué votre idée ?

BLN : En 2013, fut présentée l’histoire de Judith et Holopherne, en tableaux audio-visuels, sur texte biblique un peu adapté. Mettre en scène des récits bibliques devint alors l’habitude. Ces dernières années, « La Samaritaine » fut vraiment très proche de l’Evangile : seuls les apôtres apportaient leurs remarques plus décalées. En 2016, « Le centurion au Sépulcre », pièce enregistrée au répertoire du théâtre évangélique au Québec, nous conforta dans la réalisation d’un thème intéressant sur un mode un peu humoristique. La dernière production, « Le menuisier de Nazareth », reprend le cursus de Joseph sur trente ans, teinté d’anachronismes et de bons mots.

ECA :

 Qu’est-ce qui vous motive à proposer ce type de théâtre évangélique ?

BLN : Créer une ambiance sympathique en ce moment de fête, avec l’objectif de faire ressortir un message évangélique. « Non ridendo de sacris », dit l’adage. Il ne convient pas de se moquer. En revanche, utiliser un peu d’humour ou d’effets comiques ne fait pas injure au message évangélique.
Quand on assiste à des spectacles comme ceux de Francesco Agnelo - « Pierre et Mohammed » ou « Charles de Foucauld, frère universel » (lire ECA de novembre 2016) - on ne peut qu’être saisi par la qualité de la mise en scène, du texte et du jeu des acteurs. C’est du véritable théâtre évangélique.
Nos saynètes ne sont qu’un théâtre évangélique marginal. Les acteurs sont certes doués, mais ce sont des amateurs ; les décors sont plutôt suggérés, le moyens mis en œuvre le sont a minima.
La seule originalité est l’intention : distraire agréablement, mais avec une portée spirituelle. N’est-il pas curieux, ce mot « spirituel » qui a une signification humoristique et religieuse ?



Commentaires

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
image Synode
Bannière denier
Bannière RCF