Sous la cendre, en quarantaine.

lundi 7 mars 2011
par  Bernard LE NEEL
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Étonnant chiffre de quarante !


Pour Israël, et pendant trois générations de nomades, ce fut le temps de l’exode dans le désert ; pour Jésus, un temps de retraite au désert avant de débuter la vie apostolique ; pour nos marins et les skippers du Vendée-Globe, il évoque les 40e rugissants, avec leurs vagues de 30 mètres de haut ; pour le jeune adulte, l’âge d’un sommet d’où l’on contemple ce que l’on a réalisé … et surtout l’écart avec ses objectifs fixés !

La quarantaine fut longtemps la durée d’isolement, permettant de lutter contre les maladies infectieuses, simple mesure de prévention. Notre ordinateur, quand il est protégé, classe avec sureté les virus en quarantaine.

Au moyen-âge, Philippe Auguste inventa la « quarantaine le roy », période obligatoire d’attente avant de lancer les hostilités, pour permettre aux civils de se préparer aux dégâts « collatéraux » des guerres .

Nos frères de rite oriental qualifient la préparation à Pâques de « sainte quarantaine ». Voilà qui donne un sens plus attractif, plus positif à notre
quadragésimal dies, notre carème !

Nous venons en effet d’entrer dans « la sainte quarantaine », non pas à reculons, mais comme les Hébreux dans le désert, le regard tourné vers la ligne d’horizon, vers l’objectif de Pâques..C’est à une marche vers Pâques, l’événement fondateur de notre Foi, que nous sommes invités.

Autrefois c’était surtout l’entrainement « sportif » des catéchumènes vers le baptême ; désormais c’est notre parcours initiatique, notre immersion (baptizein en grec) dans le mystère pascal. Les travaux d’écclesia 2007 ont bien mis en exergue que nous sommes tous des catéchumènes ; désormais, lors des dimanches en chemin, nous nous ouvrons à la parole. Grâce à la « convivialité » avec cette Parole dans la lectio divina, tous les chrétiens seront prêts à la proposer aux autres.

Le premier signe sensible de cette entrée en sainte quarantaine a été l’imposition des cendres. Aujourd’hui quand on parle de cendres tout le monde pense à l’urne funéraire, mais les cendres c’est autre chose : cendres-soude pour la fabrication du savon ( d’Alep à Marseille), cendres répandues par le jardinier, écobuage dans les Pyrénées, cendres des habitants de Ninive ; elles ne sont donc pas qu’un simple résidu, mais aussi un symbolisme de ressource productive, évoquant certes notre finitude et notre « insignifiance » mais aussi la progression vers une vie nouvelle, par la conversion.

Le premier dimanche de Mars, Jésus est au désert « conduit par l’Esprit », c’est une invitation à nous retirer dans une forme de désert.

Deuxième dimanche, nous sommes invités sur la montagne pour la transfiguration : « relevez-vous, n’ayez pas peur » dit Jésus.

Troisième dimanche de Mars : avec la samaritaine nous recevons cette promesse « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ».

Mais voici que l’hiver touche à sa fin, la végétation se réveille, la Nature va s’épanouir en sursaut, notre sainte quarantaine va se poursuivre et déjà nous entrevoyons la sortie du tunnel …

… en tout cas la sortie fulgurante du Ressuscité.


Voir le site : Mercredi des Cendres ?

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