Véronique et la Passion du Christ

lundi 27 mars 2017
par  Jean NEILLO
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Véronique femme pieuse de Jérusalem, poussée par la compassion, lorsque Jésus-Christ portait sa croix, lui a donnée son voile pour qu’il puisse s’essuyer le front. Son visage s’y est miraculeusement imprimé (la Sainte Face) [tirés des écrits de l’Abbé Mesuret publiés en 1877 et de Dom Bernard Maréchaux, Bénédictin Olivétain édités en 1893.]

Les évangélistes nous ont laissé apparaître un entourage autour du Christ, limité nominativement : les douze apôtres choisis parmi les disciples et quelques saintes femmes. Ainsi, les soixante-douze disciples, les saintes femmes que la tradition nous révèlent et les cent-vingt personnes qui étaient au Cénacle, restent dans l’ombre.
Luc indique cependant ces femmes et filles pleurant et se lamentant suivant Jésus (Lc 23) :
« Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi mais pleurez sur vous-mêmes et vos enfants »
Parmi elles une femme héroïque, touchée par le supplice de Jésus, sort de sa maison et se précipite, franchissant la horde de soldats, pour essuyer la face ensanglantée de Jésus avec son voile qui en gardera l’empreinte. Son nom inscrit dans les ménologes et relaté dans de très anciens écrits est Véronique.

 Qui est Véronique ?

La tradition lui assigne une origine gauloise, née dans les environs de Bazas au sud de Burdigala ( Bordeaux). Comment une jeune fille gauloise est-elle allée s’établir en Judée ? Selon les chroniques bazadaises, Véronique était l’une des suivantes de Claudia Procula, femme de Pontius Pilatus, consul dans cette province, elle-même d’origine gauloise de la région de Narbonne. Lorsque Pontius Pilatus (Pilate) est appelé à de nouvelles fonctions à Jérusalem, Véronique a donc suivi Claudia Procula.

Véronique, d’origine païenne, vivait tantôt à Jérusalem, tantôt à Césarée de Philippe. Elle est tout de suite attirée par la renommée des miracles de Jésus. Bérénice paraît être le vrai nom oriental de la Sainte femme. De Bérénice venue en occident, on en a fait Véronique. C’est sous ce nom qu’elle est connue et honorée dans l’histoire et la liturgie. Un nom en forme latine comme Saint Pierre, comme Zachée (Amator) devenu Amadour.

La tradition lui donne pour époux Amator (Zachée), ce célèbre publicain de l’Evangile nommé par Pontius Pilatus, receveur des impôts à Jéricho, riche, vivant dans l’opulence. Il cherche, discrètement, à apercevoir Jésus de passage à Jéricho et sa rencontre avec Notre Seigneur, le séjour de celui-ci dans sa maison furent l’occasion de sa conversion et du miracle en guérissant sa femme Bérénice d’une infirmité douloureuse : « Eh bien Seigneur, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens…. »(Luc 19).

 Disciple du Christ et amie de la Sainte Vierge

Un auteur affirme que la femme hémorroïsse guérie dans l’évangile (Luc 8) serait Véronique. De fait, l’Évangile de notre sainte se lit le 4 février dans le missel ambroisien. Les historiens sacrés appellent Véronique, « disciple de Jésus-Christ et amie de la Sainte Vierge ». Elle fréquentait assidûment le Temple. Lorsque Jésus échappe à la vigilance de ses parents pour enseigner au milieu des docteurs, Véronique lui donne nourriture et hospitalité, elle accueille ses parents revenus à Jérusalem le rechercher.

Lors de la décollation de Jean-Baptiste, elle insiste, impose sa présence à la prison de Machéronte et recueille de son précieux sang dans une conque d’argent. Elle est aux noces de Cana et participe aux succès de la prédication de Jésus. Elle s’attache à sa suite en compagnie de la Très Sainte Vierge. Par ses visites et son influence, elle amène Marie-Madeleine à se retirer de sa vie désordonnée. Elle va recueillir de toutes parts des vêtements pour les jeter sous les pas de Jésus entrant triomphalement à Jérusalem. Elle apparaît au Cénacle.

 La Sainte Face imprimée sur le voile

La Passion fut pour Jésus l’heure, mille fois cruelle, de la trahison et de l’abandon. C’est au moment de la Passion que Véronique se révèle dans toute son énergie. Tandis que s’élèvent des cris de mort, Jésus se trouve devant Pilate. Une ombre vient plaider la cause de cette innocente victime. Cette ombre c’est Claudia Procula, la femme de Pilate. Elle prie le gouverneur de « de pas se mêler de l’affaire de ce juste » (Mt. 27). Le chemin de croix continue. Jésus est brutalisé et tombe. Simon le cyrénéen est contraint de porter la Croix. Marie s’évanouit…

A ce moment, une femme de grande taille, tenant par la main une petite fille, sort de sa maison. C’est Véronique appelée aussi Séraphia par les romains. Elle s’élance, fend la cohorte soldatesque et tend un voile à Jésus qui s’en saisit et l’applique sur son visage ensanglanté. La sainte face reste imprimée sur le voile que remporte Véronique. La petite fille tend vers Jésus le vase de vin aromatisé préparé par Véronique, mais les soldats la repoussent. Cette action a soulevé, dans tous les siècles chrétiens, un frisson d’admiration. Le précieux voile est conservé au Vatican.

 Comment ce voile arrive à Rome ?

Sous l’an 44, les chroniqueurs racontent que Séraphia, la gallo-romaine, femme de Jérusalem, pieuse disciple du Christ, fut conduite à Rome, sur ordre de l’empereur Tibère, par son fidèle soldat « Volusien », l’empereur étant retenu au lit par une grave maladie. A la vue de la Sainte femme et l’image du Christ sur le voile, Tibère fut complètement guéri (miracle rapporté dans les écrits d’Eusèbe). Puis, Véronique s’en retourna en Judée auprès de Marie. Après le décès et l’assomption de la Vierge, vers l’an 47, les apôtres, les disciples et les saintes femmes se dispersèrent dans le monde emportant des reliques du Sauveur et de la Vierge. Leur séjour en Judée leur était rendu périlleux par le mauvais vouloir des juifs.

Véronique quitte Jérusalem avec Zachée et Martial, jeune disciple, emportant avec eux des reliques (cheveux et chaussures de la Vierge…). En l’an 48, 6 ans après l’arrivée de Pierre, Martial reçoit mission de Pierre de partir pour les Gaules. Un groupe apostolique se forme. Martial, Véronique et Zachée en sont les pionniers. Leur parcours : Florence, Ravenne, Milan, Gênes, Marseille, Mende…où ils laissent des reliques, le long du parcours.

C’est en Gévaudan que Martial prend possession de son empire spirituel et se dirige par Le Puy, Clermont, arrive en Limousin sur les terres qui lui étaient prédestinées et s’attache à combattre le culte des idoles. Véronique et Zachée vont se diriger vers l’Aquitaine et débarquent en Médoc au port de Noviomagus, (aujourd’hui disparu), à la pointe du Médoc, fin des terres, probablement en remontant le fleuve.

 Véronique s’établit à Soulac

Les pieux époux se mirent à annoncer le Christ, recrutant des prosélytes, fondent un oratoire dédié à la Vierge Marie et évangélisent le Médoc, le Bordelais, le Bazadais. A Bazas, son pays natal, la Sainte fonde une église, y dépose une relique du sang de Jean-Baptiste. Par la suite, Bazas deviendra siège épiscopal jusqu’au 18e siècle. Y sera construite une cathédrale.

Zachée repart à Rome deux années. Il assiste aux martyres de St Pierre et de St Paul puis revient en Médoc, auprès de Véronique, où sont édifiées plusieurs églises. Zachée va se retirer dans la solitude des Causses du Quercy près d’un rocher, qui portera son nom : Roc Amadour.

Véronique s’établit définitivement à Soulac (Gironde), près du modeste oratoire, dans une pauvre cabane où elle se livre à la prière et la méditation. En 67, Martial lui rend visite et consacre l’oratoire. Véronique y serait morte vers l’an 71, dans un grand âge, (près de 90 ans) et inhumée sur place où son corps restera jusqu’au 8e Siècle.

Face aux exactions et pillages d’envahisseurs, le corps de la Sainte fut transféré à Saint-Seurin de Bordeaux. Lors de l’exhumation, les précieux restes laissent apparaître une taille majestueuse ce qui confirme sa grande taille. Aujourd’hui, Ste Véronique est vénérée à Soulac. Subsistent quelques restes d’un prieuré disparu. La basilique Notre Dame de la Fin des Terres, édifiée au XIIè siècle, étape sur le chemin de St Jacques de Compostelle, ruinée par un ensablement, a été dégagée et reconstruite à la fin du XIX è siècle.


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