L’ascension ouvre l’espace d’une espérance

lundi 22 mai 2017
popularité : 1%

La fête de l’Ascension célèbre la montée de Jésus vers Dieu. Mort et ressuscité, il quitte ses amis pour toujours. Il continue d’être présent auprès d’eux, mais différemment. Il promet de leur envoyer une force, celle de l’Esprit-Saint.

Le jour de l’Ascension tombe toujours un jeudi. Pourquoi ? Parce que cette fête se célèbre quarante jours après le dimanche de Pâques, jour de la Résurrection de Jésus. Ce nombre de quarante jours provient du livre des Actes des Apôtres où Jésus « pendant quarante jours, était apparu aux apôtres et les avait entretenus du Royaume de Dieu ». L’Église a retenu ce chiffre.
Dans les évangiles de Marc ou Luc, aucune mention n’est faite de ce délai de quarante jours. Bien au contraire, leurs récits se gardent de donner le moindre délai, comme si les événements de la Résurrection de Jésus, les apparitions du Ressuscité, son ascension et le don de l’Esprit étaient une seule et même réalité.
Le Christ n’abandonne pas ses disciples
Assez rapidement, la tradition chrétienne a situé l’Ascension sur le lieu du mont des Oliviers. Jardin en face de la ville de Jérusalem, lieu de rencontre habituel de Jésus et de ses disciples. Cette fête relate donc la dernière rencontre entre Jésus ressuscité et ses disciples. « Tandis qu’il les bénissait, il fut emporté au ciel » dit l’évangéliste Luc. Pour les croyants, monter aux cieux c’est rejoindre Dieu. Ici, nulle question de magie ou d’action spectaculaire. Le Christ n’est plus visible, mais il n’abandonne pas ses disciples. Il leur promet la venue de l’Esprit à la Pentecôte. Pour les chrétiens, le visible et l’invisible ne sont donc pas des domaines séparés.
Quel contraste entre cette lourde pierre, roulée sur le tombeau où il gît entravé de bandelettes et cet élan de liberté où il est emporté dans les nuées du ciel ! Abaissé jusqu’à la mort sur une croix, Dieu l’a élevé au-dessus de tout, dit l’hymne aux Philippiens. Parce qu’il fut, jusqu’au bout, l’un d’eux, ils ont cru qu’il n’était que pour eux et qu’ils pourraient le garder pour eux. Même à Marie de Magdala, il fallut dire : « Ne me retiens pas ». Parce qu’ils attendaient le Royaume et qu’il annonçait le Règne de Dieu, ils croyaient qu’il instaurerait enfin la société parfaite, celle qui supprimerait les risques de l’histoire et de la liberté. Il fallait donc maintenant qu’il soit dérobé à leur vue. Non point une absence, mais la condition pour qu’il soit, au contraire, partout et toujours présent, disponible à tous. Il est soustrait à leurs yeux pour qu’ils aillent à sa rencontre sur les routes du monde. Pour que, vivant de sa mémoire, ils le découvrent ailleurs et autrement, inconnu sous les traits du prochain.
Une espérance
L’Ascension ouvre l’espace d’une espérance. C’est un espace-temps sans limite, irréductible, mais qui interdit de croire que le Fils de l’homme puisse être ici ou là. Sa présence se joue dans l’existence quotidienne, dans l’incertitude, la non-possession, l’attention à ce qui vient et advient. Il n’y a pas de jour ou d’heure à connaître pour son retour, car il est avec nous jusqu’à la fin. La vigilance est de chaque jour et de toute heure, c’est une attention à la vie de chacune et chacun, une manière de s’approcher de l’autre pour qu’il soit notre prochain.
Nous sommes saturés, du matin au soir, de messages commerciaux éphémères. Dans le contexte d’une société en quête de repères, l’Ascension, pour beaucoup, est synonyme de pont, de bouchons, d’escapades printanières….. Elle peut devenir, pour l’homme pressé, une halte qui ressource. Elle n’est pas fuite du temps. Elle procure une nouvelle vision du monde.


Commentaires

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
Bannière denier
Bannière RCF