Thomas et Agathe témoignent …

Volontaires pour l’Église de France, auprès du diocèse de Kilwa-Kasenga (République Démocratique du Congo)
lundi 25 septembre 2017
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Pour nous présenter : Agathe, native de Rennes, a fait des études d’arts et une spécialisation dans le graphisme ; Thomas, originaire d’Étables sur mer, s’est spécialisé dans la gestion des Industries du Bois. Mariés civilement à Étables sur mer et religieusement à Rochefort en Terre (56) par le Père Olivier Gravouille en août 2014, nous avions émis, dès notre préparation au mariage, le souhait de vivre une expérience en humanitaire.

JPEG - 39.2 ko Un an après notre mariage, voulant concrétiser notre souhait, nous nous sommes rapprochés de la Délégation Catholique pour la Coopération. C’est le service du volontariat international de l’Église en France ! Créé il y a 50 ans par la conférence des évêques de France, la DCC est présente dans 50 pays avec près de 500 volontaires qui agissent dans tous les domaines de développement et dans tous les types de métiers. N’hésitez pas à aller consulter leur site internet ladcc.org ; il s’agit d’une organisation qui mérite d’être connue et soutenue pour la richesse de son action !

C’est ainsi qu’après une préparation par la DCC nous nous sommes envolés vers les terres lointaines de la République Démocratique du Congo.

Pour vous présenter la République Démocratique du Congo en quelques lignes, je pourrais dire que c’est un pays immense (4 fois la France), avec des paysages dignes du Roi lion (Walt Disney). Pendant la période de novembre à avril c’est la saison des pluies, la végétation devient très verdoyante, ce qui est magnifique, et pendant les 6 autres mois de l’année il n’y a pas une goutte d’eau qui tombe, la végétation est sèche et il y a très souvent des feux de brousse.

D’un point de vue politique, c’est un pays qui vit actuellement de nombreux troubles car son président a dépassé son mandat et s’accroche au pouvoir en maintenant un climat de peur. Le gouvernement est très peu impliqué aux côtés de la population et profite plutôt des richesses générées par le sous-sol du pays. Étant volontaire au service d’un diocèse nous avons pu voir à quel point les Églises remédient aux défaillances du pays pour s’engager aux côtés de la population et aider le développement du pays.

Notre partenaire sur place était l’évêque du diocèse, Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu, et notre lieu de mission était situé dans le Sud-Est de la RDC, à 6 heures de route au nord de la grande ville de Lubumbashi (9 heures en fin de saison des pluies) dans le village de Kashobwe, village frontalier avec la Zambie. La mission de Thomas était la reprise de la direction d’un Institut des Métiers d’une centaine d’élèves qui forme à un niveau CAP/BEP en menuiserie et Coupe-couture et Agathe dispensait des cours de dessin et cours ménagers dans cette même école.

Dès notre arrivée à Lubumbashi nous avons été bien accueillis par notre évêque avec qui nous avons très rapidement sympathisé et avons créé un grand lien d’amitié. Il s’agit de quelqu’un de très engagé dans le développement de son pays, qui souhaite que l’Église soit acteur du développement et il utilise son charisme pour se faire entendre… parfois au risque de sa vie !
Nous étions en collaboration au quotidien avec le curé du village de Kashobwe, l’abbé Henry Mungomba, qui a eu l’occasion de voyager en Europe et qui agit pour le développement de sa paroisse en fédérant ses paroissiens autour de projets. Pendant toute la durée de notre mission il est resté à nos côtés pour s’assurer que nous ne rencontrions pas de difficultés.

Nous nous sommes concentrés tout au long de notre mission sur notre objectif, qui avait été déterminé par l’évêque, de remettre un fonctionnement ordonné dans l’école. Nous avons insisté sur la rigueur dans la conduite de l’établissement, la qualité de l’enseignement et une bonne gestion financière. Malheureusement, à notre départ, la mission n’a pas été prolongée en raison d’aspects «  bancals  » mais nous avons orienté la DCC vers d’autres projets de développement de l’évêque. Nous avons confié les clés de l’école au curé qui nous a dit vouloir suivre avec sérieux l’établissement pour que tout ce que nous avons mis en place ne soit pas perdu et continue d’être développé.

En plus de notre mission nous faisions partie de la chorale française de jeunes. Nous animions ainsi la messe anticipée du samedi soir qui était en français.
Thomas avait mis en place des émissions radio pour sensibiliser les jeunes à des sujets de société.
En couple nous avions également envie de développer des activités pour les enfants qui, n’ayant pas école l’après-midi, «  traînent  » au village. Ayant tous les deux été scouts, nous avons ainsi créé une meute de louveteaux (groupe scout pour les plus petits). À nos débuts nous n’avions que quelques enfants puis c’est une trentaine qui nous ont rejoints pour apprendre à chanter, jouer et jardiner. Nous aimions passer du temps et nous avons eu du mal à les quitter car nous avions créé un lien très fort avec ces enfants. Ils étaient également fâchés qu’on parte si tôt et nous disaient «  Monsieur Thomas et Madame Agathe, c’est de l’injustice ce que vous faites ; vous ne pouvez pas nous abandonner !   » Quoi répondre à un enfant qui vous interpelle avec ces mots ! ?

Le souhait que nous avions exprimé à notre départ était de prendre le temps de se tourner vers les autres. Nous avions également la volonté de partir à l’aventure, à la découverte de nouvelles cultures, pour forger un état d’esprit pour notre couple de jeunes mariés qui puisse inspirer l’éducation que nous donnerons à la famille que nous souhaitons fonder. Et nous avions, en tant que chrétien, l’envie d’aller à la rencontre de l’Église universelle  !

Nous avons pu découvrir des paysages bien différents, une culture de l’accueil très forte, des dialectes, une Église qui vit de l’Évangile de la même manière mais en l’utilisant sur des problématiques bien différentes et nous avons découvert le rite Zaïrois (rite africain), où l’ordinaire de la messe est légèrement différent et laisse la place aux chants et aux danses, où même les prêtres et les acolytes sont parties prenantes dans cette messe très rythmée  !!!

Nous espérons, par ces quelques lignes, avoir pu vous apporter un témoignage de notre vécu et de la richesse des échanges interculturels.
Vous pouvez aller consulter notre blog : agathethomas.jimdo.com

Thomas & Agathe Bisilliat Donnet
Volontaires DCC


Voir le site : République démocratique du Congo

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