Semaine missionnaire : Deux prêtres africains témoignent (2/2)

Abbé Ambroise « Chacun vit sa foi de la manière qu’il souhaite »
lundi 23 octobre 2017
par  Patrick BEGOS
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Les abbés Jean Marie Kapata et Ambroise Gning ont séjourné à Plérin en juillet et août. En prélude à la semaine missionnaire d’octobre, ils apportent leur témoignage sur la pratique religieuse au Congo et au Sénégal.

Questions à l’abbé Ambroise Gning :

En 2013, je suis venu en vacances dans la région, suite à un mariage en Vendée. Cela m’a plu et j’ai voulu participer à la pastorale d’été en Côtes d’Armor. Elle m’a permis de bénéficier de l’expérience des aînés et d’apporter ma modeste pierre. A mon arrivée à Plérin, j’ai été très bien accueilli et tout le monde a ici le souci du bien-être du pasteur. Mon séjour s’est très bien passé.

 Comment pratique-t-on la religion catholique, au Sénégal ?

Au Sénégal, le français est la langue la plus utilisée. En semaine, les messes sont en français et le dimanche, elles sont en français et en sérène (langue locale). Je passe facilement de l’une à l’autre. Nous avons beaucoup de fidèles à la messe. Le dimanche, l’église est pleine et tout le monde chante avec entrain. Le sénégalais extériorise davantage alors qu’ici, votre foi est plus intériorisée.
Dans l’église, nous avons beaucoup de familles complètes (adultes, jeunes, enfants). A la messe de semaine (à 7h00 le matin), il y a davantage de jeunes que d’adultes. Sac au dos, ils prennent ensuite le chemin de l’école, dès la fin de la messe. Les différents mouvements se réunissent en général le jeudi et ces rassemblements sont suivis de la messe à 18h30.

 Vous êtes prêtre dans une nouvelle paroisse ?

Au Sénégal, la pratique chrétienne augmente. Notre paroisse Notre Dame de la Paix était trop grande pour que les prêtres puisse circuler à l’intérieur des terres. La catéchèse ne pouvait pas se faire dans certains quartiers. L’islam commençait à gagner du terrain. D’où la décision de l’Évêque de créer une nouvelle paroisse dans cette commune de 9 000 habitants.
Une nouvelle église a été bâtie, il faut maintenant construire le presbytère, les salles paroissiales, l’école. Les conditions matérielles sont spartiates. Pour être plus proche de la population, rester sur place le soir et pouvoir célébrer la messe à 7 heures le matin, je loge dans une salle de classe de l’école des soeurs. Dans la journée, je partage les joies, les soucis de la population. J’accueille beaucoup de fidèles, souvent dans l’église, d’où la nécessité de construire rapidement le presbytère. Assurer notre mission dans ces conditions matérielles précaires n’est pas facile mais c’est passionnant.

 Avez-vous beaucoup de vocations ?

A Dakar, il y a beaucoup de vocations religieuses mais les prêtres n’arrivent pas à faire face aux besoins. Malgré tout, nous partageons nos prêtres avec des pays moins bien lotis comme la France ou l’Italie. Au Sénégal, la grande majorité de la population est musulmane (90 %) mais beaucoup de musulmans se convertissent à la religion catholique.
Il y a une vraie liberté de pratique religieuse. Chacun vit sa foi tel qu’il le souhaite. Les chrétiens catholiques sont minoritaires mais ils sont respectés. Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal était chrétien, il a eu beaucoup d’influence sur la liberté donnée à chacun de pratiquer sa religion.
Le Sénégal est d’ailleurs cité en exemple pour le dialogue islamo-chrétien. Musulmans et chrétiens vivent en bonne entente et se fréquentent beaucoup. Dans une même famille, il peut y avoir des personnes de religions différentes et chacun pratique selon ses croyances. Les imams participent à nos fêtes patronales et je vais moi-même saluer l’imam, lors de la fête du mouton.

 Que faire lors de la Semaine missionnaire ?

Abbé Ambroise : l’important est de prier pour les fidèles de la nouvelle paroisse. Créer cette paroisse est un travail dur et délicat à long terme. Je viens ici pour bénéficier de votre vécu et de votre expérience à tous les niveaux.
Une aide financière ? Pourquoi pas. Le presbytère et le local attenant nous coûteront près de 90 000 euros et nous avons seulement 10 à 15 % de ce budget.


Voir le site : Semaine missionnaire

PS :

Voir aussi les articles Bienvenue à l’abbé Jean-Marie Kapata - (2) et Bienvenue à l’abbé Ambroise Gning - (1).


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