Haro sur la femme infidèle

vendredi 8 avril 2011
par  Bernard LE NEEL
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Dans quelques semaines, l’Evangile nous proposera la femme repentante, essuyant de ses larmes les pieds de Jésus ; le cher parfum répandu sera l’annonce de l’embaumement du Crucifié. La même femme sera des premières à voir le Ressuscité, et chargée d’aller l’annoncer aux disciples.
Mais avant d’admirer le rôle des femmes lors de la Passion et de la Résurrection, la liturgie nous propose le lundi 11 avril d’autres femmes au destin plus dramatique.

Lorenzo Lotto - 1480/1556 - Suzanne et les vieillards, 1517, Collection Contini Bonacossi , Florence
Suzanne, épouse très belle de Ioakim, vivait dans une belle propriété de Babylone. Son mari était un notable, recevant beaucoup, y compris des plaignants. Des vieillards, choisis par le peuple – l’âge étant le garant de la sagesse - y siégeaient comme juges, Suzanne, pieuse et bien élevée attendait que tout le monde soit parti pour se promener avec ses servantes dans le parc. Rien de moins bienséant.

Les vieux juges libidineux « perdant les sens, négligeant de regarder vers le ciel » se cachèrent et attendirent l’heure de la promenade et du bain de Madame Ioakim. N’ayant pu assouvir leur passion, car Suzanne se mit à crier, ameutant la domesticité, ils trouvèrent un diabolique subterfuge : c’était un jeune homme qui était avec la belle.

Bien sûr le peuple cru cette version présentée par des juges bien-pensants. Suzanne, condamnée à mort selon la Loi mosaïque, pria tout haut le Seigneur « voici que je meurs, innocente de tout ce qui est forgé contre moi  ».

Alors Daniel est arrivé…eh, eh !
Et c’est l’épilogue raconté dans la lecture de ce lundi.
David, tout roi « oint » qu’il était succombera à la tentation, allant même jusqu’à faire occire l’époux légitime ! O felix culpa ! qui nous vaudra le formidable psaume « Miserere » que nous allons psalmodier sans relâche bientôt.
Le Tintoret - 1518-1594 - Suzanne au bain, 1560-62, Kunsthistorisches Museum, Vienna.
Ce même 11 avril, après l’histoire de celle que l’on appelle désormais la « Chaste Suzanne », la liturgie nous présente l’anti-Suzanne : la femme adultère. Cette fois le péché est consommé, on est en flagrant délit, pas de doute le cas est simple : Moïse l’a prévu, c’est la lapidation qui est la sanction. Voulant piéger Jésus, les scribes et les pharisiens le mettent à l’épreuve.

Ou bien Jésus applique strictement la loi de Moïse, et en période d’occupation romaine, la peine de mort est réservée au pouvoir ; de plus Jésus prône un Dieu Miséricordieux !

ou bien il s’oppose à la Loi. Ce n’est pas la première fois qu’on essaie d’enfermer Jésus dans un dilemme. « Et toi, qu’en dis-tu ? »
De deux choses l’une : Il choisit souvent … la troisième.

Jésus écrit sur le sol, dans la poussière ; son jugement n’est donc pas gravé dans le marbre. Saint Augustin dit que Jésus tranche cette situation avec son cœur » il condamne le péché, non pas l’homme ». Moi non plus je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus.

Souvent dans la Bible, la chasteté est la vertu réclamée aux femmes. Pas étonnant que le sexe faible soit l’objet des exigences « patriarcales «  ; toutefois pour rétablir l’équilibre, pensons au beau Joseph, fils de Jacob, en Egypte : refusant les avances de la femme de Putiphar qui tente de le séduire, il connaitra la prison : Bel éloge de la chasteté.

Ecoutons à ce propos l’intéressante définition qu’un chartreux donne de la chasteté : « La chasteté est une qualité de l’amour. Elle concerne l’affectivité de l’homme, la capacité d’aimer qui est la nôtre en tant qu’êtres incarnés. La chasteté ne peut donc pas être réduite à l’interdiction de tel ou tel acte ; c’est une réalité éminemment positive […]. Ce qui compte dans la vie d’un homme est ce qu’il aime et la façon dont il aime. »

La chasteté comme l’amour se conjugue au singulier, n’en déplaise aux « affranchis » contemporains pour qui la licence est « tendance ».
La chasteté n’est pas une mince affaire ; elle n’est pas une valeur de ce monde, elle est un combat contre le désir facile qui s’empare de l’homme et de la femme. La chasteté conduit à affronter le monde et ses tentations.

Seul Dieu peut juger … même Aimable le boulanger de Provence ne condamne pas Aurélie car le vrai amour transcende tous les manquements, puis qu’il est étincelle de l’Amour.


Voir le site : Suzanne

Commentaires

Haro sur la femme infidèle
lundi 18 juillet 2011 à 16h59 - par  Armelle

Merci Bernard de cette riche information, mais quel est ce beau tableau de Marie-Madeleine et où se trouve t’il ?
Merci
Armelle

mercredi 20 juillet 2011 à 11h01

Sur internet en tapant marie madeleine j’ai trouvé pas mal d’images dont celle là qui vient du site ci-dessous :

http://blogcopte.fr/category/lettre…

mardi 19 juillet 2011 à 06h11 - par  BLN

c’est notre webmaster qui a trouvé cette illustration, je vais lui demander

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