Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s’entraider

mardi 14 novembre 2017
par  Patrick BEGOS
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Escale Familles … à la fois un havre de paix de sécurité où les familles peuvent se rencontrer, échanger, partager. Porteur du projet, le Secours Catholique le fait vivre au sein de la Maison St Yves à Saint-Brieuc.

Voulue par Mgr Moutel, Escale Familles est ouverte depuis début octobre et fonctionne comme un accueil de jour pour toutes les familles grâce à une importante équipe de bénévoles. Rencontre avec Bernard Philippe, directeur du Secours Catholique et Annette Paous, responsable du projet.

 A qui s’adresse Escale Familles ?

Nous sommes partis des besoins des familles à la rue qui n’avaient pas de lieu d’accueil en journée. Le diocèse a proposé la Maison St Yves pour un accueil de jour. Le lieu concerne donc toutes les familles ayant des enfants mineurs et cherchant un lieu de vivre ensemble et d’entraide au quotidien.
On y trouve des services s’adressant aux familles en situation de vulnérabilité, notamment les familles à la rue. Depuis début octobre, cinq d’entre elles ont fréquenté le lieu qui est ouvert en semaine (voir hors-texte). Le dimanche est une journée particulière organisée autour d’un repas préparé et partagé ensemble : familles inscrites et bénévoles.

 Que trouve-t-on dans cet accueil ?

C’est un lieu adapté aux enfants qui peuvent jouer, se reposer tandis que leurs parents se livrent à d’autres tâches : laver leur linge, cuisiner, discuter, régler leurs problèmes administratifs ou d’éducation, … Les familles viennent quand elles peuvent sans inscription et prennent le temps qu’elles veulent. Le lieu est chaleureux et convivial, équipé d’un salon-séjour, d’une cuisine, d’un bureau, d’une buanderie. L’objectif est de se rencontrer, de créer du lien et d’être attentif à l’autre. Chacun est invité à donner son avis, à participer à la vie quotidienne et aux décisions.
On y trouve des informations comme une carte géante permettant de s’orienter dans la ville de Saint-Brieuc, un accès à internet, des permanences de professionnels de l’action sociale et de la santé. C’est un lieu où l’expérience de l’éducation se discute, se partage et s’enrichit dans le dialogue et l’action. Le réseau de bénévoles présents a le souci d’écouter et d’aider chacun à trouver des solutions. Cette escale permet de s’arrêter, de créer des liens et de retrouver de l’énergie.

 Comment agissent les bénévoles ?

Une quarantaine de bénévoles se relaient, soit de façon programmée, un jour fixe par semaine, soit de manière plus occasionnelle. Des familles bénévoles complètes (avec enfants) vivent également cet engagement solidaire, notamment le dimanche. Une nouvelle manière de vivre sa foi : on joue, on prépare, on discute et on mange ensemble.
L’équipe est également attentive aux autres partenaires du territoire, Escale Familles étant une réponse complémentaire à ce qui existe déjà. Ce lieu est amené à évoluer. Familles et bénévoles échangeront au fur et à mesure de ce dont elles auront besoin.
C’est une nouvelle manière d’agir pour le Secours Catholique ?
La délégation du Secours Catholique des Côtes d’Armor compte 32 équipes et 600 bénévoles. Elle intervient auprès de 3 380 personnes. Nous sommes à la fois confrontés à la solitude des personnes seules et aussi aux demandes d’aides de la part des familles. L’importance de l’une ou l’autre demande varie selon l’année et les lieux d’accueil. Certaines équipes locales sont plus orientées vers la gestion du vestiaire, les aides financières à destination des familles. D’autres ont mis en place des lieux de convivialité pour les personnes seules.

 Quels types de familles recevez-vous ?

Nous recevons des familles confrontées aux réalités de la vie quotidienne : perte d’emploi, séparation, … et des familles de migrants. Dans nos activités, nous sommes interpellés par les familles à la rue. Ces personnes n’ont pas le droit de travailler en France et les aides dont elles peuvent disposer sont faibles. Elles sont confrontées aux problèmes de transport, d’école,… Elles doivent aller à Rennes pour la moindre démarche administrative concernant leur dossier de séjour en France. Nos bénévoles s’engagent dans une vraie démarche de solidarité et nous pressent souvent pour agir. De leur côté, les migrants veulent être utiles et deviennent eux-mêmes bénévoles malgré leurs difficultés et leurs contraintes (disponibilités, présence d’enfants, langues….). La majorité de leurs demandes concerne la mobilité, la garde d’enfants.
En lien avec la Caisse d’Allocations familiales (CAF), nous travaillons sur les familles fragilisées. Beaucoup d’entre nous ont encore en tête l’image de la famille très nombreuse secourue par le Secours Catholique. Ce n’est plus le cas. Toutes les couches sociales de la population sont concernées, de l’ouvrier au cadre. Un problème de séparation dans le couple, de perte d’emploi,… et tout peut basculer. Beaucoup essaient de s’en sortir mais sont confrontés à un arrêt ponctuel de rentrée d’argent (salaire, RSA, prestations sociales…). Le droit français est protecteur mais hypercomplexe. On a parfois du mal à bien cerner les droits de chacun et il est difficile d’avoir un accompagnement social global.
Le travail de réflexion est en cours auprès de 15 familles en collaboration avec la CAF, il a pour objectif que l’aide sociale puisse coller au changement et joue un rôle d’amortisseur.

 Quelles sont aujourd’hui vos priorités ?

Le Secours Catholique accompagne et apporte un soutien moral face aux difficultés notamment administratives. C’est un lieu où les familles et les personnes seules ne se résument pas à un numéro de dossier. Elles peuvent parler, elles ont même le droit d’exprimer la colère qu’elles ressentent face à des instances sourdes à leurs demandes.
Dans le projet en cours que nous menons avec la CAF, nous sommes vigilants à prendre en compte « le savoir » des personnes aidées. Nous essayons de comprendre le système des aides, de voir où se situent les difficultés d’application et d’interpeller les instances en faisant remonter nos observations. Le Secours Catholique joue le rôle de médiateur entre les instances administratives et les personnes à aider. Car notre modèle d’aides sociales est à repenser en partant des personnes les plus fragilisées.
Vous animez également un réseau important de bénévoles ?
Le réseau de bénévoles doit rester pluriel. Tout bénévole, quel que soit son statut social, peut trouver sa place afin qu’il y ait de la mixité dans l’animation des lieux d’accueil du Secours Catholique. Ce n’est pas facile d’accueillir, de comprendre une situation et de faire ensuite un bout de chemin ensemble. Il est important de faire une « relecture » de ce que l’on a vécu, compris. Il y a beaucoup de préjugés et de peurs chez les personnes aidées mais aussi chez les bénévoles. Nous devons oser de vraies rencontres. Quand on vit les choses ensemble, on crée de vrais liens. Le voyage de l’Espérance est l’exemple type où l’on peut vivre quelque chose ensemble.
Le public de bénévoles évolue. Des personnes en recherche d’emploi disposant d’un peu de temps libre deviennent par exemple bénévoles. Apporter de l’aide à d’autres les motive dans leur propre projet de recherche d’emploi. Mais, faute de moyens financiers et humains, le Secours Catholique ne peut plus être présent partout. Nous souhaitons privilégier des expériences fortes dans des lieux spécifiques.
On peut citer par exemple l’expérience d’une équipe de Pordic qui avait mis en place un accompagnement scolaire collectif. Plusieurs bénévoles ont animé pendant 2 ans une aide ponctuelle aux devoirs pour quelques enfants de la commune puis la démarche s’est arrêtée. Les bénévoles envisagent de s’orienter vers une aide apportée aux personnes pour remplir les dossiers administratifs. Dans nos activités, nous devons garder de la souplesse. En partant de la demande d’une famille, on peut mettre en place des actions qui répondent de manière plus large que la demande initiale.

Escale Familles :
Lieu : Maison St Yves Saint-Brieuc
Horaires d’ouverture
  • mardi : 9h00-14h00
  • mercredi : 9h00-16h30
  • jeudi : 12h00-16h30
  • samedi : 14h00-16h30
  • dimanche : repas sur inscription

Secours Catholique :
1/ Plérin, Pordic, Tréméloir, le Secours Catholique est présent sur notre paroisse. La collecte nationale aura lieu les 18 et 19 novembre prochains à l’occasion de la Journée Mondiale des Pauvres instituée par le Pape François. Plusieurs activités sont en place.

2/ Une équipe de bénévoles rencontre sur rendez-vous, les personnes recherchant une écoute, un accompagnement, une aide financière ou un micro-crédit (partenariat CMB), aide administrative, visites aux personnes âgées ou seules.

  • Contact : 07 86 17 83 37
  • Les Amarrés du Légué démarrent le 24 novembre. Tél. 06 42 36 43 72
  • Goûter convivial à Pordic dimanche 26 novembre. Tél. 02 96 79 36 94 (Sœur Jeanne)

Voir le site : Adaléa

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