Homélie du dimanche 26 novembre 2O16

Solennité du Christ Roi de l’Univers
par  Damien AYOLA
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Homélie du dimanche 26 novembre 2O16
Solennité du Christ Roi de l’Univers

Chers amis,

Pour mieux comprendre la fête du Christ Roi que nous sommes en train de célébrer, je nous propose de voir un peu ce qu’est la royauté dans notre contexte humain. Il est vrai que nous ne sommes plus au temps de la monarchie. Aujourd’hui on parle un peu partout de démocratie, et Dieu seul sait comment chacun ce concept. Mais nous avons certainement appris et les ainés peuvent encore mieux nous l’expliquer : la monarchie n’était pas un régime banal. Ce n’était donc pas la démocratie. Les rois étaient des tous- puissants. Ils avaient un pouvoir discrétionnaire sur tout ce qui existait dans leur royaume. Chez moi au Bénin, on disait qu’il n’était pas permis d’entrer dans la maison du roi avec chaussure au pied, chapeau ou bonnet à la tête même s’il faisait froid. Et bien plus, en dehors de sa garde rapprochée, personne n’avait le droit de regarder le visage du roi. Alors quand il lui arrivait de sortir, tous ceux qui se retrouvaient sur son chemin étaient condamnés à se coucher face contre terre pour ne pas voir le visage du roi … Ce n’est pas évident que nous ayons le même contexte ici en France même au temps de la royauté. Toutefois, pour les anciens ou nous autres qui avons un peu lu l’histoire, nous avons vu quelle fureur inspirait simplement leur nom : Charlemagne, Napoléon, Constantin … Nous avons aussi dans la Bible l’image des rois terribles : Nabuchodozor, Antiochus Epiphane, Hérode. Quand eux ils parlaient, tout se taisait.
Qu’il nous suffise simplement que le roi que nous célébrons aujourd’hui est mille fois plus grand que ceux-là. C’est le Roi de l’univers, le roi de tous les rois du monde et leurs sujets, un très grand roi, un roi dont on ne peut imaginer la grandeur, un roi très puissant et très fort… mais un roi un peu bizarre, un roi qui n’a ni palais, ni armée, un roi qui trône sur la Croix.
Contrairement aux rois de la terre dont nous venons de parler, l’évocation de son nom n’inspire que douceur, amour, miséricorde. C’est un Roi-Pasteur qui pais lui-même ses brebis, qui va à la recherche de celle qui est perdue, qui soigne celle qui est blessée, continue de choyer celle qui est grasse, un roi qui sert au lieu de se faire servir … Ah ! Heureux le peuple qui a un tel roi, heureux sommes-nous d’avoir un roi qui prend ainsi soin de nous. Nous avons donc un roi bon, gentil, bonace … mais quand même un roi juste. (Autrement son royaume serait un pandémonium) Le texte de l’Évangile peut nous faire un peu peur. Mais c’est simplement une affaire de justice et de plus, nous avons la chance de savoir déjà ce sur quoi cette justice portera. Les élèves diront, c’est un devoir préparé. L’épreuve nous est donnée à l’avance. Quelle chance !
L’autre jour quand je méditais cet évangile, je me suis demandé un peu dans quelle catégorie je pourrais me retrouver si je comparaissais à l’instant devant le Roi de l’univers ? A gauche ou à droite, autrement dit au ciel ou en enfer ? Et comme vous pouvez l’imaginer, je n’ai pas douté un seul instant à me classer à droite, et je pense que chacun de vous ici aurait le même choix… mais quand j’ai réfléchi un peu, j’ai eu peur du choix que je venais de faire…

Nous sommes habituées à faire notre examen de conscience à la négative : je n’ai volé, je n’ai pas tué, je n’ai insulté je n’ai rien fait de mal, donc je ne me reproche rien, ce n’est pas vrai… Et l’on a aussi tendance en écoutant cet évangile à penser que ceux que le Christ a laissés à sa gauche ont fait le mal. Ce n’est vrai non plus et l’évangile ne l’a jamais dit. Il ne leur est reproché que de n’avoir pas fait le bien, de n’avoir pas rendu service à quelqu’un qui était dans le besoin. J’ai l’impression que cet évangile interpelle d’une manière particulière notre monde aujourd’hui où nous sommes devenus pas forcément mauvais, mais dans notre droiture individualistes et fermés à l’existence de l’autre…
Chers amis gardons-nous de rester aveugle ou sourd au besoin de notre frère ou sœur. Je pense que ce n’est pas forcément une affaire de pauvreté ou de richesses, mais plutôt une affaire de charité qui nous fait penser au prochain qui qu’il soit, une affaire d’attention à l’autre.
Ma prière pour chacun de nous en cette grande Fête du Christ-Roi est que nous soyons de ceux là à qui le Seigneur dira : « Venez les bénis de mon père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde ».


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