Le cri c’est la vie.

mercredi 6 avril 2011
par  Bernard LE NEEL
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Parfois quand on veut se faire entendre, il faut crier.
Le musée de Saint-Brieuc vient de se munir d’un criodrome, ce n’est pas un poisson d’avril ; on peut s’y rendre jusqu’au 10 avril.

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Tout le monde aspire au calme, au silence…surtout celui des autres, voilà enfin un lieu catarsique où on peut se défouler. 38% de cris seraient déchirants et 62% libérateurs de joie dit le journal ; un sondage qui ne peut que nous satisfaire.

Curieux ce mot cri, trois lettres pour caractériser des réalités humaines si diverses et riches. Le monde animal est plus fécond, car chaque espèce en a un propre. L’agneau bêle, la bécasse croule, la caille carabe ou courcaille, la cigogne claquette, le goéland pleure, la mésange zinzibule, le rossignol chante et le singe crie.

L’homme tout simplement crie !

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Pour l’être humain au commencement est le cri libérateur du nouveau-né ; quittant le sein maternel, il doit affronter le monde extérieur. Cri bénéfique pour ses poumons à la naissance ; par la suite on acceptera que des pleurs, il faut bien s’exprimer un peu bruyamment pour manifester ses besoins.

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Après, normalement, selon l’éducation reçue, le cri aura moins de place dans la vie sociale. Il est fini le temps ou un crieur municipal annonçait les nouvelles et les cris d’honneur sur nos navires de guerre pour rendre les honneurs. Le dernier cri lui-même bien qu’exprimant la mode « tendance » est désormais désuet.

Le sondage du criodrome briochin guide notre réflexion … Un bon tiers aime crier le déchirement. Le cri de douleur existe donc. De tous temps écrivains et poètes ont exprimé ce cri de douleur ou de révolte intérieure.

Soljenitsyne ne pouvant aller recevoir son prix Nobel avait écrit un discours « Le Cri », son « verbe » s’est fait mot pour exprimer ses souffrances.

Lamartine ne mégote pas quand il termine un poème par ces mots :

Et le cri de mon âme est toujours toi, mon Dieu !

A quoi bon se tourner vers les humains s’ils n’entendent pas le cri ?

Le psalmiste qui en poète religieux connaissait bien le cœur humain ne dit-il pas :
« Seigneur, entends ma prière : que mon cri parvienne jusqu’à Toi  »

Le psaume est un cri avant d’être un écrit dit Didier Rimaud. La poésie est plus adaptée que la prose pour exprimer des émotions aussi intenses que l’amour, la haine, la tristesse, la joie ou la colère. La musique du luth ou de la harpe accompagne le poème psalmique. Une vraie thérapie. Dieu entend nos cris :

« J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple en Égypte, j’ai entendu son cri … » Ex.3,7

Le triduum pascal ca nous donner l’occasion de vivre plus intensément le mystère pascal. Avec le psalmiste nous laisserons nos cœurs vibrer de ces chants où l’amour qui l’inspire rend poète.
Après sa clameur à la neuvième heure, où Jésus « poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’esprit » - Mt 27,46, nous méditerons sur ce mystère du Passage de la Passion à la mort et à la résurrection.

Sonnez du cor ! Jubilez ! Criez de joie ! (Psaume 81).

Pour ces cris de joie de la résurrection, le luth et la harpe ne suffiront pas on fera sonner le cor. Alors lâchons nous, laissons l’Esprit faire éclater la joie de baptisés, de ressuscités.

Le Jour des Rameaux, les pharisiens (les médias de l’époque), reprochaient à Jésus l’exubérance de la joie des disciples. Jésus leur répondit « s’ils de taisent, les pierres crieront »

Message reçu, place au cri.


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