Homélie du dimanche 4 février 2018

5e dimanche du temps ordinaire B
par  Damien AYOLA
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« Une journée de travail de Jésus » : voilà chers amis, ce qui pourrait être le titre de la péricope de l’évangile que nous venons d’écouter. L’activité de Jésus y est bien encadrée dans l’espace et dans le temps, selon un itinéraire qui part de la synagogue, passe par la maison de Simon et André, puis un « endroit désert » (v. 35) et s’achève par la sortie de Capharnaüm, où tout se déroule de jour et de nuit. La guérison des malades est au centre de son action : guérison des esprits aussi bien que des corps, qui avait commencé alors même qu’il était encore dans la synagogue. Jésus se révèle ainsi Dieu agissant pour réconforter son peuple en chassant l’aliénation dans laquelle le mal et le péché plongeait les hommes. Il ravive l’espérance et fait retrouvé la confiance en Dieu : tel est le sens du mouvement de cette foule qui le cherche (v. 37). Dans ce contexte général, je nous propose de nous attarder sur quelques détails qui ne me semblent pas superflus.

La maison de Simon-Pierre et d’André. C’est la maison d’une famille de pêcheurs de Capharnaüm, pêcheurs de pères en fils, sans doute depuis plusieurs générations. Une maison où il y a du monde : c’est la maison de famille où vivent les parents de Simon et d’André, mais au moins en sommes-nous sûrs, la belle-mère de Simon. Probablement une maison toute simple : c’est une maison de pêcheurs, pas de notables. Il n’y a sûrement pas grand-chose. C’est donc une maison toute simple habitée par des hommes et des femmes simples, qui savent ce que le travail et sa pénibilité veulent dire.

Simon et André : les deux frères ont abandonné leur métier de pêcheurs et leur avenir tout tracé pour partir sur les routes à la suite d’un rabbi, d’un maître itinérant. Ils ont quitté leur situation sociale sûre et stable pour s’aventurer sur les routes. Certainement que leurs familles n’étaient pas tout à fait d’accord avec eux, mais eux savaient qu’ils ne couraient aucun risque de se donner totalement à Jésus et d’être toujours avec lui.

La belle-mère de Pierre. C’est sur elle que le Christ pose son regard en entrant dans la maison. Il s’intéresse tout de suite à cette femme qui souffre et qui est alitée. Pour nous aujourd’hui, la fièvre, c’est généralement quelque chose de pas trop grave : on prend de l’aspirine ou du paracétamol, et on va chez le médecin. Mais n’oublions pas ce que pouvait être une fièvre au temps du Christ : elle pouvait bien être fatale. Le Christ se penche alors sur cette femme qui est gravement malade, et il lui apporte la guérison et la vie ; rien de spectaculaire dans cette guérison… il lui prend la main, et la fièvre la quitte. Comme pour les esprits mauvais dont il est question plus loin, la seule présence du Christ, Fils de Dieu suffit pour libérer.

La prière de Jésus : fatigué par une journée si épuisante, Jésus s’arrange pour trouver un temps et un lieu pour prier, à l’écart dans un endroit désert. La prière est très récurrente dans l’agenda de Jésus.
Chers amis, dans ce passage de l’évangile, nous trouvons une belle réponse à la question du mal posée dans la première lecture avec cette figure emblématique de Job que nous connaissons bien. Job est un homme juste devant Dieu et devant les hommes. Pourtant sa vie est marquée de toutes sortes de maux : perte de toutes les richesses, maladies, souffrances atroces, découragement. Au cœur de ce tourment, des amis viennent même le conseiller de se détourner de sa bonne conduire pour être libéré. Job qui n’avait pourtant pas péché et ne se reprochait rien dans ses rapports avec Dieu et le prochain laissa épancher son cœur. Sa misère fait écho à ces versets du Psaume : « Mon âme est rassasiée de malheur, ma vie est au bord de l’abîme ; on me voit déjà descendre à la fosse, je suis comme un homme fini ; ma place est parmi les morts, avec ceux que l’on a tués, enterrés, ceux dont tu n’as plus souvenir, qui sont exclus, et loin de ta main. Tu m’as mis au plus profond de la fosse, en des lieux engloutis, ténébreux. Tu éloignes de moi amis et familiers ; ma compagne, c’est la ténèbre » (Ps 87, 4-7.19). Mais ce qui est très heureux, c’est que l’espérance renaîtra chez Job et l’emportera sur le difficile passage qu’il traversait : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant » (Jb 19, 25) et que sa vie se terminera dans le bonheur retrouvé. Mais bien plus, cette espérance connaîtra son accomplissement plénier dans la personne du Christ qui ne reste jamais indifférent à la souffrance de l’homme. « De la poussière, il relève le faible, il retire le pauvre de la cendre ». Alors, chers amis, allons à lui avec tout ce que nous avons d’heureux ou de moins heureux ou même d’insupportable, d’impossible, d’invivable. Il ne sera jamais sourd au cri du malheureux. Que lui-même nous aide à avoir en lui une confiance totale qui nous donne le courage de crier vers lui quand dans notre vie tout ne va pas.


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