De passion à Passion

mardi 27 mars 2018
par  Bernard LE NEEL
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Curieux mot que passion dont l’origine tout droit venue du grec signifie la souffrance.

Ce n’est pourtant pas ce qu’évoque pour le sens commun son emploi habituel.
Que ne dit-on pas de l’être passionné, animé d’un sentiment intense qui mobilise toute son énergie ! Il y a, en effet, un peu de violence dans la passion, cette émotion émergeant d’un caractère marquant de la personnalité.
 »Les passions dominées sont vertus » disait Pascal ; oui quand elles sont mises au bénéfice, à l’enrichissement de soi et des autres. Passons sur la passion de collectionneur de timbres ou d’obsédé de dadas éphémères ou farfelus. Tous les grands hommes, dans les sciences, la politique , le génie guerrier, et l’altruisme. ont cultivé une passion
Dominées, désintéressées, orientées vers le Beau, le Bien ou le Bon, elles sont effectivement vertus. C’est ce que l’on retient le plus, notamment chez les saints.

A la veille du temps dit de la Passion et du triduum pascal que nous propose la Liturgie, Jésus apparaît comme un être passionné.
Toute sa vie, Parole et actes, sont orientées vers sa Mission. Ne va-t-il pas jusqu’à dire : « que sa nourriture est de faire la volonté du Père » ?

Passionné d’amour au point de donner sa vie ; et comment ! Méditons le chemin qui l’a mené à la croix puisque les évangiles de cette Grande Semaine nous y invitent.

Alors qu’il est en prière , seul avec Son Père au Jardin des Oliviers, il est trahi par un de ceux qu’il a choisis. Quelle déception : « l’Amour n’est pas aimé ».
Conduit devant le tribunal ecclésiastique du Temple, le voilà accusé de blasphème, lui le Fils de Dieu, et par les dépositaires de l’arche, de l’Alliance.
Renvoyé devant le représentant de César, c’est la Raison d’État qui aura raison de lui, alors qu’il n’y avait rien de subversif en lui, sinon une révolution de l’amour.
Livré à la soldatesque, humilié, frappé, il connaît ce que la plus abjecte des brutalités a de plus inhumaine .
Chargé des bois du supplice, il traverse la ville où quelques jours auparavant on l’a acclamé. La croix n’est pas que de bois, elle est aussi chargée d’ingratitude et de nos péchés.
Cloué à vif, entre deux bandits, il va agoniser pendant 3 heures, recevant encore des quolibets, des sarcasmes.
Souffrance indicible qui ne peut qu’appeler notre contemplation en silence.
Et c’est la mort, entourée d’un tout petit reste de fidèles !
Détaché de la Croix, sa mère le prend dans ses bras ; Marie incarne alors toutes les mères qui perdent un enfant. Habitués que nous sommes à l’appeler Notre-Dame de ci ou de ça, nous la prions dans sa cour céleste, où elle bénéficie de Présence béatifique ; mais là, au pied de la Croix, ce n’est pas encore la Très Sainte Vierge, la Glorieuse entre toutes les femmes mais une créature humaine, une mère. Contemplons l’humanité souffrante de la Pieta.

Au terme de cette méditation, espérons que la contemplation de la Passion de Jésus soit pour nous, dans la joie à venir de Pâques et de la Pentecôte, un sursaut pour nous engager à être des passionnés de Jésus.


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