Nous sommes tous des samaritains

mercredi 25 mai 2011
par  Bernard LE NEEL
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A peine créé « diacre », en tout cas un des Sept, Philippe quitte Jérusalem pour fuir la persécution des chrétiens hellénisants et pour évangéliser les Samaritains. Quelle audace d’aller porter la Bonne Nouvelle en ce pays de schismatiques. Il enseigne, baptise, soutenu par de nombreux signes qui manifestent l’efficience divine. Mais c’est aux Apôtres que revient la mission d’imposer les mains, et de les confirmer dans la Foi, eux qui « ont accueilli la Parole de Dieu ».

Pour les juifs, les Samaritains étaient des hérétiques et des schismatiques. Ils ne se considéraient pas comme juifs, mais d’authentiques israélites descendants directs d’Abraham et Jacob. Le Mont Garizim était un marqueur spirituel fondamental, comme Jérusalem pour les juifs. La Samarie s’était montrée accueillante aux dieux assyriens et autres, ce qui n’arrangeait pas sa réputation aux yeux des puristes juifs. Bref, s’ils adoraient le même Dieu, d’Isaac et Jacob, et admettaient certains livres de la Bible, les relations étaient plutôt frappées d’ostracisme, chaque camp frappant l’autre d’interdit de pureté. Aujourd’hui, Ils ne sont plus que 200 samaritains, handicapés par les problèmes de consanguinité, palestiniens pour les juifs et juifs pour les palestiniens.

le mont Garizim (DR)
le mont Garizim (DR)

Jésus, qui ne dédaignait pas à l’occasion d’user de la provocation, au moins au sens étymologique d’appel en creux pour attiser la curiosité, a manifesté quelques ouvertures vers ces pestiférés de samaritains.

Voulant nous décrire la charité, il enseigne la parabole du Bon Samaritain, égratignant au passage les lévites et les prêtres, nous prouvant par là que la charité transcende tous les clivages socio-religioso-canoniques !
Fatigué et assoiffé, Il s’assoit près du puits de Jacob en Samarie, et ose parler seul, à midi, à une femme … et une femme samaritaine. (Rosita a éloquemment parlé de cette femme, Dina, en un autre article). C’est à ce puits qu’il révèlera qu’il est le Messie.

Ayant guéri 10 lépreux en même temps … un seul viendra le remercier … un Samaritain ! Reconnaissons que Jésus ne se plie pas au politiquement correct. C’est l’amorce du « allez enseigner toutes les nations  ».

Et voilà qu’en ce 29 mai, la première lecture, extraite des Actes, nous relate la conversion de ces Samaritains. Et par là l’Eglise vient de naître en Samarie.

Déjà, dans cette attente liturgique de 50 jours, nous entrevoyons l’accent qui sera mis sur la venue de l’Esprit. L’Esprit qui nous permettra « de rendre compte de l’espérance qui est en nous  ».

En ces temps où le mondialisme, et la mondialité font débat dans cette aventure vers l’unicité de la race humaine, comme Philippe en Samarie, nous sommes invités à dépasser les frontières culturelles et nationales pour accueillir les autres habitants de la planète.

Nos pays, nos richesses ne sont plus chasses gardées ; Il n’y a plus « ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28 ; 1 Co 12,13), mais des citoyens du monde en attendant la cité céleste où il n’y aura plus de discrimination.


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