L’Esprit a aussi soufflé à Pordic

vendredi 17 juin 2011
par  Bernard LE NEEL
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Alors que de nombreux paroissiens de Pordic étaient allés accompagner les jeunes confirmands à Etables, une nombreuse assemblée s’est réunie autour de l’abbé Philippe Chaffotec à Pordic, pour la Pentecôte.

Directeur du Grand Séminaire de Rennes, le Père Chaffotec a su s’adapter à notre assemblée de base, tout en maintenant un niveau élevé et profond de réflexion.

La chorale de Plérin et son chef de chœur s’était jointe à celle de Pordic, l’organiste venu de Saint-Quay-Portrieux soutenait les chants magnifiquement exécutés.

En somme une célébration exprimant bien l’unité de la Communauté Pastorale.

Homélie du P. Philippe Le Chaffotec :

Avec la Pentecôte s’achève le temps pascal, ce temps qui nous est offert par l’Eglise pour recevoir dans nos vies tous les bénéfices du don de Jésus à son Père, et en retour, de la résurrection du Fils par le Père. Au long de ces sept semaines, nous avons essayé de rentrer au cœur de ce mystère pascal et aujourd’hui, c’est en quelque sorte la dernière étape. La Pentecôte est la fête de l’Esprit, qui met en valeur la troisième personne de la Trinité, certainement celle qui est la moins connue et appréciée par les chrétiens. Il peut être intéressant alors de nous arrêter sur les textes de la liturgie de ce jour car ils nous donnent beaucoup à d’indications pour mieux apprécier l’Esprit Saint à l’œuvre dans nos vies.

Tout d’abord, l’Esprit est celui qui nous permet de reconnaître Dieu dans nos vies et celui qui nous introduit dans la vie même de Dieu. D’une certaine manière s’il n’y avait que le Père et le Fils, leur relation nous demeurerait inaccessible. L’Esprit, que nous recevons au baptême, est vraiment celui qui nous introduit à la vie même de Dieu, non seulement en la contemplant, en ayant la foi, mais aussi en vivant de cette relation, en ayant l’amour.

Comme le dit saint Paul « sans le Saint-Esprit, personne n’est capable de dire ‘Jésus est le Seigneur’ », c’est-à-dire de reconnaître dans cet homme Jésus de Nazareth, le Fils même de Dieu.

L’Esprit est ensuite celui qui dynamise nos vies, chacune de nos vies. C’est chacun, un par un qui est touché : le feu se partagea en langues « qui se posa sur chacun d’entre eux  ». Et c’est un dynamisme qui est à l’œuvre. Après la mort de Jésus, les disciples avaient peur des Juifs ; par la suite, ils sont remplis de joie. L’Esprit est celui qui souffle sur nos vies, qui continue à faire de nous des vivants, des gens animés d’un souffle, et qui avancent dans la vie, malgré les épreuves qui peuvent nous toucher, malgré aussi l’indifférence rencontrée dans notre société à l’égard du message de l’Evangile.

L’Esprit est aussi celui qui nous pousse malgré ces difficultés à sortir de nous–mêmes pour nous faire missionnaires de l’Evangile, et c’est souvent une dimension de la vie chrétienne associée au sacrement de confirmation, où là encore nous recevons l’Esprit. Ces disciples qui sont dans la joie, ne se contentent pas de reconnaître Dieu et de le contempler : ils sont envoyés sur les routes par leur Seigneur pour proclamer la Bonne Nouvelle du Salut : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie  » (Jn) ; « chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous  » (1 Co). Et puis évidemment, il y a le texte des Actes des Apôtres, où les Apôtres reçoivent la capacité de s’adresser aux hommes dans leurs langues. Il faut remarquer ceci : ce ne sont pas d’abord les autres qui viennent au Christ, ce sont les Apôtres qui parlent leurs langues. Il nous faut véritablement avoir confiance dans le fait que l’Evangile puisse se dire dans toutes les langues, qu’il peut rejoindre le cœur de tous les êtres humains dans toutes les cultures et cela selon les termes mêmes de cet Evangile, c’est-à-dire avec amour et sans violence.

Enfin le dernier élément qui me semble important, c’est que l’Esprit nous unit entre nous, chrétiens, pour former l’Eglise, une Eglise qui doit être une Eglise de la réconciliation, signe que le Royaume de Dieu a déjà commencé, ce temps où la vie triomphera de la mort, et où l’amour triomphera de la haine. Nous devons en Eglise être capable de manifester cela, et c’est vraiment le meilleur signe que l’Esprit de Dieu agit en nous. En communion, les uns avec les autres, nous pourrons alors déployer nos talents chacun à notre place, chacun en fonction de nos talents, mais en étant persuadés que tous nous avons une part irremplaçable à la construction de l’Eglise : « les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous ».

Ainsi, sans l’Esprit, nous ne serions pas là pour célébrer l’eucharistie ; cela n’aurait tout simplement pas de sens. Par l’Esprit, notre rassemblement n’est pas qu’une réunion mais elle est l’Eglise en prière ; par l’Esprit, nous en sommes pas des étrangers les uns pour les autres mais les enfants d’un même Père ; et par l’Esprit, nous ne participons pas à un simple repas, mais nous allons partager le Corps et le sang de notre Seigneur.

N’hésitons pas alors à invoquer cet Esprit pour qu’en repartant de cette célébration nous puissions être animés du même zèle missionnaire qui saisit les Apôtres lors de la Pentecôte


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