Patrimoine spirituel

Madeleine Morice (1736-1769), mystique bretonne

au pays de Porcaro
mercredi 10 août 2011
par  Bertrand LE NOUVET
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Les médias vont nous montrer dimanche la célèbre bénédiction des motards à Porcaro ; mais dans l’église de Porcaro, avec l’accord insigne ecclésiastique fut enterrée Madeleine Morice, (1736-1769), une mystique bretonne.

Porcaro le 15 août , bénédiction des motards mais aussi le pays de Madeleine Morice (1736-1769), mystique bretonne.

Une enfance difficile :
Madeleine Morice naquit le 31 juillet 1736 dans un petit village à une dizaine de kilomètres au nord de Plöermel. Son père et sa mère travaillaient dans une des métairies du château du Bois-de-la-Roche. Madeleine ne fit d’autres études que celles des enfants de sa condition : elle apprit à lire et à écrire. Elle ne lut guère d’autre livre que l’Imitation de Jésus-Christ et ses Heures, ainsi qu’elle les appelait.

« Mon père et ma mère avaient eu onze enfants, j’étais la septième. Je croyais n’être point aimée de ma mère, ni de mes frères et sœurs ; on me faisait souffrir. Mes frères et mes sœurs avaient tout droit sur moi. Quand mon père et ma mère s’absentaient de la maison, mes frères, mes sœurs et deux domestiques se mettaient de concert pour se divertir aux dépens de mon père. Craignant que je ne dise ce qui se passait, on m’enfermait dans une petite étable à cochons, où je passais des jours entiers, et souvent on oubliait de me donner à manger »

Mais une piété précoce :
Méditant un jour : comment je pourrais l’imiter dans ses douleurs, mais particulièrement dans son agonie et délaissement au jardin des Oliviers, et dans son couronnement d’épines, il me sembla voir ce divin Sauveur couronné d’épines, le sang lui coulant de toutes les parties de la tête ; j’en fus si touchée de compassion, que je désirais bien sincèrement porter cette couronne et endurer le mal pour lui ; Mais il me sembla que mon divin Maître me dit : « Tu n’as pas besoin d’appliquer cette couronne ; sans que tu la portes, je t’en ferai ressentir les effets. » Grâce qui me fut bientôt accordée ; car, dès le jour suivant, je ressentis à la tête des douleurs aussi violentes que si on l’eût percée de cruelles épines. "

Obéissante, elle dut écrire ce qu’elle vivait :
Ce ne fut qu’au commencement de 1765, quatre ans seulement avant sa mort, que Madeleine, s’étant adressée à monsieur le recteur de Guer, se vit obligée par ce sage guide de mettre par écrit les dispositions de son âme, et les communications qu’elle recevait de son Dieu.
Cet ordre fut pour son humilité un vrai supplice, car elle n’avait qu’un désir souvent renouvelé dans ses lettres : celui de vivre inconnue aux hommes, pendant sa vie et après sa mort ; aussi réitérait-elle souvent à son directeur la demande de brûler les écrits qu’il exigeait d’elle.

Consécration religieuse :
En 1754, Madeleine, ayant atteint sa dix-huitième année, et se sentant de plus en plus pressée de rendre à son Dieu amour par amour, sollicita la grâce d’être admise dans le Tiers Ordre du Mont-Carmel.
Un jour, se trouvant seule à faire un lit dans une chambre retirée, un jeune homme vint l’y trouver, et ayant soigneusement fermé la porte, il essaya de la solliciter au mal ; furieux de sa résistance, il tire son épée pour l’en percer. Madeleine, ferme et tranquille, fait sans hésiter le sacrifice de sa vie et se recommande à la sainte Vierge. Au même instant la porte s’ouvre d’elle-même tout à coup : l’humble servante de Dieu s’enfuit, remerciant la mère de miséricorde qu’on n’invoque jamais en vain.

Faveurs mystiques :
Sur la fin de 1764, elle vint dans la paroisse de Guer, où elle travaillait à la journée. De retour à Ploërmel, elle continua le même genre de vie, les personnes qui veillaient sur ses démarches remarquèrent alors après des expériences réitérées, que les jours où elle ne communiait pas, son estomac se refusait à toute nourriture, et qu’elle vomissait tout ce qu’on l’obligeait de prendre ; on observa aussi que se trouvant une fois retenue jour et nuit pendant douze ou quinze jours auprès d’un malade, elle ne le quitta que pour aller à la messe, et ne prit aucune nourriture que de l’eau dont elle usait souvent. La communion qu’elle fit chaque jour suffit seule pour la soutenir.

Cadeau de la Vierge :
Dans une vision, elle reçut de la Sainte Vierge une petite statue de faïence encore vénérée à Porcaro. La Sainte Vierge multiplia de telle sorte les prodiges par le moyen de cette statue, que M. le recteur crut devoir en donner connaissance à son évêque. Celui-ci jugea à propos de faire transporter la statue à Saint-Malo avec des notes sur ce qui s’était passé : il la conserva jusqu’à sa mort, au commencement de 1767. Ce fut alors que cette Vierge, miraculeuse à tant de titres, fut rendue à la chapelle de Porcaro.
« Mon cœur se sentant ainsi embrasé, je fus ravie comme en extase devant mon divin Sauveur qui portait toutes les marques de sa Passion ; il fit sortir de ses plaies cinq rayons de lumière qui paraissaient comme des traits de feu ; il m’en perça les pieds, les mains et le côté ; cette opération me fit souffrir d’une manière qui répondait à la puissance de mon aimable Sauveur ; mais elle remplit mon cœur d’une si grande consolation, et mit dans mon âme une si grande tranquillité, qu’il me semblait n’être plus la même »

Stigmatisée :
Madeleine porta jusqu’à la mort ces glorieuses et douloureuses marques de la prédilection de Jésus-Christ. Pendant la semaine, elles se trouvaient fermées par une cicatrice qui se rouvrait tous les vendredis pour laisser passage au sang qui en coulait

A l’image de son Seigneur, elle a poussé jusqu’au terme de sa courte vie valeurs évangéliques et profondeur spirituelle à son sommet. Peu de choses lui furent épargnées par les hommes. Elle a répondu à la méchanceté et à la cupidité par l’humilité et la patience, aux tentations par la prière, aux privations par l’abandon, au mal, sous tous ses aspects, par la bonté. Comme Jésus-Christ, la terre l’a crucifiée et, avec Lui, dans la foi, elle vit maintenant dans la joie des amis de Dieu dans l’attente du face-à-face ultime pour l’éternité,

Sources : Chrétiens Magazine, site Spiritualité chrétienne et ouvrage de l’Abbé P.Nicol Beauchesne 1922, accompagné de lettre de Mgr Gouraud évêque de Vannes.

Conclusion : avec ou sans moto, Madeleine vous attend à Porcaro, Morbihan.


L'évangile au guidon par pelerimages


Voir le site : Porcaro

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