Ils sont dans les vignes …

jeudi 25 août 2011
par  Bernard LE NEEL
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les vendangeurs, récoltant le raisin gorgé de soleil d’août. C’est de bon augure pour le cru 2011. Finies les moissons de céréales ; en cette fin d’été, l’actualité c’est la vendange.
Notre pays Goëlo n’est pas particulièrement intéressé par cette question viticole … mais notre curiosité est excitée par cette vigne, à plus d’un titre.

La vigne avec l’olivier n’est pas à l’origine que banale plante méditerranéenne. Elle est part entière de la civilisation de ce bassin et du Moyen-Orient. Les poètes l’ont célébrée ; son fruit, enfin le vin, a même été déifié en la personne de Bacchus. Signe de fête et de joie, aucune cérémonie ne se concevant sans son usage.

Pendant longtemps la vigne s’est cantonnée sur les rivages de la Méditerranée. L’empire romain s’étendant, elle s’est d’abord installée dans la région de Marseille et le Narbonnais. Puis, au Moyen-âge, sous l’influence de la liturgie qui préconisait la communion sous les deux espèces, le vin fut apprécié au-delà de la Provence (d’après Wikipedia). Les évêques et les moines ont alors développé des vignobles.
En Bourgogne, le Clos Vougeot n’est-il pas le résultat du travail acharné des cisterciens, dans une terre pourtant ingrate ? A Vougeot on garde le souvenir de dom Pérignon et de dom Ruinart !

De même en Bordelais. L’ermite Saint Emilion y fonda un monastère dont on retient surtout le nom prestigieux, sans oublier les Saint-Joseph, Saint-Pierre, ND des Anges.

Vierge au raisin - Musée de Beaune

Sans faire le tour complet de la route des vins, retenons qu’en Alsace et en Allemagne, le cépage riesling fut l’œuvre des cisterciens d’Eberbach. Et le Porto promu et développé par les jésuites et les dominicains.

Il ne serait pas faux de dire que la civilisation chrétienne a participé à l’expansion de la viticulture dans le monde.

Remontant dans le temps, il est surprenant de voir que la vigne est citée près de 200 fois dans la Bible ; ça commence avec Noé, trop heureux de remercier le Ciel d’avoir échappé au déluge … il en arrosa trop sa gorge.

Plus sérieusement Isaïe compare le peuple de Dieu à une vigne. Et ses contemporains comprenaient que la vigne demande beaucoup d’attention, car elle ne donne pas de fruit sans travail. Ne chantions-nous pas naguère « la Vigne du Seigneur Sabbaot, c’est la maison du Seigneur ? ».

Dans le Nouveau Testament, la vigne prend ses titres de noblesse. L’allégorie de la Vigne, des vignerons, du vin devient un thème pédagogique cher à Jésus. Depuis l’envoi d’ouvriers travailler à la vigne, de la fraicheur matinale au dur soleil de midi. Nous sommes invités aux vendanges.
Encore plus fort en St Jean, 15, Jésus se compare à la vigne ; la sève qui alimente et donne vie aux sarments c’est la vie même de Dieu, sa Grâce.
« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron  », l’emploi de cet adjectif indique bien que ce n’est pas qu’une simple comparaison, une boutade. « Moi je suis la vigne, et vous, les sarments … en dehors de moi vous ne pouvez rien faire … les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent ». A part finir au barbecue, les sarments secs n’ont d’autre utilité.
En revanche « tout sarment qui donne du fruit, mon Père le nettoie, pour qu’il en donne davantage  ». Quelle leçon d’Espérance !

A condition de demeurer sur la vigne, en communion avec le Christ et de vivre avec les autres l’amour mutuel.
Une petite grappe ne fait pas le vin, c’est tout le vignoble ; comment ne pas y voir l’image du Corps Mystique dont nous sommes en toute solidarité les membres ?
Que Jésus ait choisi le miracle du vin à Cana comme premier signe de sa messianité, est déjà l’annonce que le vin va avoir une place de choix dans l’économie du salut. Quelques heures avant sa Passion, au cœur du mystère pascal, comme en testament, il confie au vin le soin de le continuer sur la terre. Le pain et le vin, ces nourritures basiques deviennent alors sacrement, Eucharistie. Le Christ se « chosifie » comme dit Teilhard de Chardin pour que nous nous divinisions.

Heureuse période de vendanges qui nous donne l’occasion de méditer un peu ce mystère de communion, et d’espérer un jour participer au banquet céleste !

La Bible ne s’achève-telle pas (Apo22.17) par cette invitation :

« Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement  » ?


Voir le site : Vendange

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