« Va trouver mes frères… ! »

samedi 1er octobre 2011
par  Marie-Aimée ROUAUX
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« Va trouver mes frères  ». C’est le Maître qui parle. Et à qui parle-t-Il ? _ A Marie de Magdala, au matin de la Résurrection :

«  Va trouver mes frères, lui dit le Seigneur, et dis-leur que je monte vers mon Père, qui est votre Père, vers mon Dieu, qui est votre Dieu » (Jn 20,17).

Cette Parole de Jésus rejoint ce que nous avons vécu en paroisse ce 25 septembre dernier. Méditée, priée, et vécue, elle doit contribuer en profondeur à notre unité, non seulement entre les membres de notre nouvelle paroisse Notre Dame de la Mer, mais encore s’étendre à notre communauté de paroisses avec Etables, et en élargissant encore notre communion d’églises, au sein de l’unique Eglise, on peut s’ouvrir à une meilleure connaissance de la vie inter-églises (cf. Semaine Missionnaire Mondiale d’octobre).

Tout est là, dans le verset 17 du chapitre 20 de l’Evangile de Jean cité ci-dessus :
En Jésus, fils de Dieu qu’Il appelle Père, les baptisés de par le monde sont ses frères et sœurs, fils et filles du même Père, et par là même, frères et sœurs entre eux, en un mot ils forment une grande Famille.

Mais qu’en est-il de la conception de Dieu, comme Père, dans le Premier Testament  ?

La notion de Père a d’abord permis aux Israélites d’exprimer cette relation unique qu’ils entretenaient avec Dieu, dans l’expérience fondamentale de l’Alliance.
Mais le Dieu d’Israël n’est pas « Père » à la manière des hommes. Dieu n’est pas « géniteur ». Il est le « Maître de la Vie  », le Créateur.
Les mots Père et Créateur sont d’ailleurs souvent associés.
Par exemple, au Livre du Deutéronome, chapitre 32 verset 6, Moïse, parlant à son peuple l’apostrophe ainsi :
« Dieu, n’est-il pas ton Père, lui qui t’a créé, qui t’a fait, qui t’a établi  ? »

Dans l’Evangile selon Luc, on voit de même Jésus, associer dans sa prière, le mot Père au Maître de la création  :
« Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre … » (Lc 10,21).

La Bible nous révèle aussi que le Seigneur Dieu s’adresse à son peuple avec des accents maternels. Les prophètes et les Psaumes nous parlent des rahamim de Dieu, d’un mot qui désigne la matrice, le sein de la mère. _ On parlera d’un amour viscéral. Dieu est appelé le Rahum, le Miséricordieux.

Jésus est héritier de cette culture religieuse, mais avec Jésus, la notion de paternité-maternité de Dieu, prend un aspect plus personnel. Les Evangiles nous rapportent que Jésus manifeste une conscience, intime et unique, dans cette relation qu’Il a avec son Père des Cieux.
Il s’exprime même avec une grande familiarité. Il ne lui dit pas seulement « Ab », c’est-à-dire « père », en hébreu, mais Abba, terme araméen, proche du français « papa », l’appellation coutumière de l’enfant à son père.
Nous le savons, car certains textes du Nouveau Testament grec ont gardé, tel quel, le mot Abba : Ainsi à Gethsemani, Jésus crie vers Dieu en disant : « Abba ! », « Abba, Père, tout t’est possible, emporte cette coupe loin de moi !…  »
Le mot Abba est également présent, dans deux Lettres de l’Apôtre Paul : Romains 8 et Galates 4 :
« Vous avez reçu un esprit qui fait de vous des fils adoptifs, écrit Paul à ses frères Galates, par lequel nous crions : « Abba  » (Ga 4,6).

Avec Jésus, en tant que Fils du Père, les chrétiens entrent dans cette filiation divine. Là est la source de leur unité dans la relation fraternelle qui a vocation à s’étendre à leurs frères et sœurs en humanité.


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