Pourquoi mourons-nous ?

dimanche 23 octobre 2011
par  Bernard LE NEEL
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Si la vie est don de Dieu, pourquoi une fin ? Car Dieu n’a pas fait la mort, dit
le Livre de la Sagesse (1/13) - Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout créé pour l’être ( Lui qui est Celui qui est ).

Pour le croyant qui admet que la vie est un magnifique cadeau de Dieu, la mort ne peut être une négation. Dieu donnerait d’une main et retirerait de l’autre ? C’est une évidence que notre corps, cette enveloppe charnelle composée de carbone et d’eau est périssable. Quand on pense que certaines de nos cellules ont une longévité de quelques jours ou quelques semaines, autant dire que notre finitude est inscrite dans nos gènes. Tout être vivant ne se réduit pas à son aspect physique, on sent bien qu’il y a en nous quelque chose d’impérissable, d’ordre spirituel.

En fait, toujours pour le croyant, c’est la résurrection de Jésus qui est la clé de ce mystère : “ Premier-né d’entre les morts ” qui a vaincu la mort. Notre Foi chrétienne est fondée sur cet “ évènement ” et la résurrection de la chair. “ Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie ” dit Thérèse de Lisieux. La mort existe, mais c’est un changement de manière de vivre : Dieu nous a donné une vie humaine gratuitement, de même nous donne-t-il une autre vie
Telle est l’Espérance chrétienne.
La liturgie des obsèques est moins tournée vers la commémoration rétrospective du défunt - même si on l’évoque au “ mot d’accueil ” de la cérémonie - que sur la présentation du défunt à Dieu, car on espère que sur le seuil de sa maison le Seigneur l’attend, comme le Père de l’Enfant Prodigue, avec une infinie miséricorde. La mort, pour le chrétien, c’est le passage, la Pâque, vers le Père qui a déjà donné de la vie éternelle au baptême. Nous ne chantons plus “ Dies irae dies illa ” ( Jour de colère que ce jour-là ), le temps de la peur est passé, place au temps de l’Amour qui nous attend.

Ce temps de Novembre est pour nous le moment de penser à ceux qui sont passés sur l’autre rive. Nous croyons à la Communion des Saints ? En ce Corps Mystique du Christ ? Que ne vivons-nous pas avec ceux qui nous ont précédés ? Ce temps de Toussaint en priant avec et pour ceux qui nous ont quittés, est l’occasion de témoigner de la Foi en la résurrection et la vie éternelle.

Modestement, affirmons que la Communion des Saints, c’est cet amour mutuel qui a commencé sur cette terre et ne finit pas, car c’est un échange spirituel à travers le temps et l’espace. Nos morts nous sont proches en Christ.

Comme dit le Concile Vatican II, dans le document Lumen Gentium, “ L’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui sont endormis dans la paix du Christ, ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Eglise, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels ” : la prière et l’Eucharistie que seuls les vivants sur terre peuvent recevoir. Même les anges n’ont pas accès à cette “ grâce ”, ce cadeau ! Pour nous, communier au Corps et Sang du Christ, n’est-il pas un avant-goût du banquet des noces de l’Agneau ? Avec nos frères qui nous ont précédés.


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