Retour des JMJ de Madrid

Témoignage d’un jeune JMJiste de Madrid 2011
jeudi 17 novembre 2011
par  Guillaume BERNARD
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2e volet :
Retour des JMJ de Madrid  :
«  recherchez surtout la vérité, qui n’est pas une idée, une idéologie ou un slogan, mais une personne, le Christ  »
(Benoît XVI)

L’exemple qui nous est donné par les personnes en situation de handicap

Ayant connu le bonheur cet été de participer aux journées mondiales de la jeunesse, je tiens à communiquer le témoignage des grandes choses que j’ai vécues là-bas, avec mon groupe.

Au départ, j’étais plutôt réticent à l’idée de partir en Espagne, à l’inconnu, d’autant plus que je suis parti accompagner un groupe de jeunes adultes en situation de handicap, chose qui était entièrement nouvelle pour moi, et j’étais arrivé un peu en traînant les pieds.

Mais très vite, je me suis rendu compte de l’opportunité exceptionnelle qui m’était offert.

En effet, dès le premier soir, nous nous sommes arrêtés à Derval pour rejoindre tous les autres groupes bretons sur le chemin de l’Espagne. Là, pendant la messe d’envoi, au moment du Notre Père, ce fut une révélation pour moi lorsque je vis l’un des membres de notre groupe, atteint d’un lourd handicap physique, lever haut ses mains vers le ciel, en signe de louange, en signe d’action de grâce.

Face au courage de cet homme, qui trouve la force de faire cet extraordinaire acte de foi : « oui, je crois en toi, Seigneur » et ce malgré les difficultés rencontrées dans sa vie, j’ai été vraiment interpellé et aussitôt tous mes doutes se sont dissipés, toutes mes peurs se sont envolées. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que le pèlerinage a réellement commencé pour moi.

La complémentarité entre les 2 pèlerinages, Terre sainte et Espagne

Mais avant de décrire plus précisément notre voyage, j’aimerais remonter en arrière pour mieux vous montrer l’impact qu’ont eu sur moi ces JMJ.

Comme vous l’avez vu, j’ai vécu une expérience très forte en terre sainte, en redécouvrant l’esprit de l’évangile.

Mais tout cela ne serait resté au mieux qu’un beau voyage, sans les journées mondiales de la Jeunesse qui ont suivi juste après.
En effet, en me mettant au service des personnes en situation de handicap, j’ai compris que cet esprit de l’évangile n’a de sens que s’il est vécu, mis en action ; que notre religion catholique n’a de valeur qu’à partir du moment où l’on essaie, avec humilité, de vivre en suivant l’exemple que le Christ nous a laissé (« Ce que j’ai fait pour vous, faites le vous aussi » ; Jean, 13,15). Sans cet effort, le christianisme ne serait qu’une doctrine sans consistance.

Je sais que cela paraîtra une évidence pour tous, mais personnellement je n’ai compris cette vérité que durant ces JMJ, à 23 ans. C’est peut-être tardif mais comme nous le montre l’évangile des ouvriers de la dernière heure, rien n’est jamais trop tard aux yeux de Dieu s’agissant de la conversion et de la volonté de Le servir.

Aspirer à la sainteté

Léon Bloy disait : « il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des Saints  » (La Femme pauvre).

Certes, mais cela ne doit pas nous empêcher au moins d’aspirer à la sainteté. Il n’est pas besoin d’accomplir des actes extraordinaires pour y parvenir ; des actions qui paraissent des petites choses peuvent y suffire, comme nous le montre ce texte magnifique de Saint Mathieu, lorsque le Christ s’adresse aux Justes au moment du Jugement dernier (chapitre 25) :
« Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.
Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,
j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire,
j’étais un étranger et vous m’avez accueilli,
nu et vous m’avez vêtu,
malade et vous m’avez visité,
prisonnier et vous êtes venus me voir
 »

Sans s’en rendre compte, les Justes ont servi le Christ. Ils s’en étonnent d’ailleurs : quand nous est-il arrivé de te servir personnellement ?

Et le Christ leur répond :
« En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »

Chaque jour, en accomplissant les petits gestes quotidiens au service des personnes en situation de handicap ( toilette, habillement, repas … ), tout au long de notre séjour en Espagne, je pensais à ce texte de l’évangile ; il est extraordinaire parce qu’il signifie que lorsque nous nous mettons au service des plus faibles, des fragiles, c’est le Christ lui-même que nous servons ; et que lorsque la personne que l’on vient d’aider nous remercie d’un sourire, c’est en réalité le Visage du Christ que nous contemplons.

Le meilleur exemple de cette identité, de cette fusion entre le Christ et Celui qui souffre, c’est Saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui nous l’a montré. Un soir, alors qu’il se trouvait en mission à Dinan, le Saint rencontre dans la rue un pauvre homme en guenilles, recouvert d’ulcères.

Il le charge alors sur ses épaules, se dirige vers un couvent en criant : « ouvrez la porte à Jésus Christ ! Ouvrez la porte à Jésus Christ ! », nous faisant ainsi étrangement songer à un certain Samaritain dans l’Évangile …

Saint Louis-Marie, toi qui as répandu l’amour de Dieu dans tout l’Ouest de la France et en particulier en Bretagne, aide nous à reconnaître, à ton exemple, le Christ dans la personne de ceux qui souffrent.

La sainteté sans s’en rendre compte

Par ailleurs, les plus grands saints, comme Saint Martin ( qui, à Amiens, a coupé une partie de son manteau pour la donner à un pauvre ), Sainte Thérèse de Lisieux ( qui même malade continuait d’assister à leur chevet ses sœurs alitées ), Saint Vincent et tant d’autres, ont basé d’abord leur vie sur le service et le dévouement, en toute simplicité, et cela bien avant d’accomplir des miracles.

Or, des Saint Martin, des Sainte Thérèse, j’ai pu en observer tous les jours au sein de notre groupe, chez des hommes et des femmes qui, par leur attention constante aux autres, sans le savoir participaient à cet objectif de la sainteté que nous a assigné Benoît XVI.

Le Saint père nous a en effet demandé de « faire grandir la plénitude de la vie [qui réside en nous] à l’aide de la grâce divine, généreusement et sans médiocrité, en visant sérieusement l’objectif de la sainteté  ».

Vu la longueur du témoignage, le texte est en 2 parties
Titre de la 2e partie : « Marie : un exemple pour rester ferme dans la Foi »


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