Fête du Christ-Roi dimanche 20 novembre 2011

mercredi 16 novembre 2011
par  Communauté Pastorale du Littoral Ouest
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C’est avec la fête du Christ Roi de l’Univers, instituée en 1925 par le Pape Pie XI, que s’achève l’année liturgique. La fin d’une année nous invite ainsi à célébrer Celui qui, par delà les ans, domine l’histoire depuis son commencement jusqu’à son achèvement en Dieu. Son règne est celui de la justice et de l’amour, objet de toute espérance et dont l’édification patiente est la mission de chaque homme.
Il n’est pas roi à la manière des princes d’ici-bas mais comme celui qui s’abaisse et livre sa vie pour tous, afin que tous nous régnions dans la gloire à ses côtés. La Fête du Christ Roi veut ainsi convertir nos cœurs et nos représentations, pour que nous comprenions que la puissance véritable réside mystérieusement dans l’abaissement et le don de soi.

Homélie de Mgr Vingt-Trois prononcée en la Basilique du Sacré Cœur - dimanche 20 novembre 2005.

« Les mots sont toujours chargés de sens, et il est difficile de les utiliser sans hériter du sens qu’ils portent dans notre culture commune. Dans notre République plus que bicentenaire, le roi n’est pas une image facile à comprendre. Elle est forcément associée à l’idée d’une domination, d’un pouvoir coercitif, d’une manière d’imposer à la liberté individuelle. Aussi quand l’Eglise nous invite à célébrer la fête du Christ-Roi, un certain nombre de chrétiens éprouvent comme une sorte de malaise à associer dans un même vocable l’image de la royauté, et les restes de puissance qu’elle traîne avec elle, et la figure du Christ qui ne correspond pas pour eux à cette image. Il est donc très important pour nous de nous laisser guider dans la méditation sur la figure du Christ-Roi par les textes de l’Écriture. Le Christ Roi de l’Univers n’est pas quelqu’un qui s’impose de force à la liberté humaine. La description qui nous en est donnée par le chapitre vingt-cinq de l’évangile de saint Matthieu au moment du jugement des nations est plutôt celle d’un roi démuni, un roi qui a faim, qui a soif, qui est nu, qui est malade, qui est prisonnier, qui est étranger, un roi qui a besoin des hommes. Un roi qui vit dans une certaine dépendance par rapport à l’humanité. Un roi qui déborde non pas de puissance, mais de faiblesse.

Associer l’image du Christ-Roi à l’image du serviteur pauvre et humilié est le paradoxe de notre foi chrétienne, car le moment où le Christ devient vraiment le roi de l’univers, saint Paul nous le disait à l’instant, est celui où il fait l’offrande de sa vie, alors qu’il est dressé sur la croix, sur laquelle par dérision on a affiché : «  Jésus de Nazareth, Roi des juifs  » et que, ressuscitant de la mort, il exerce la véritable puissance de Dieu sur le monde, non pas par la contrainte des libertés personnelles mais par l’écrasement des puissances mauvaises qui traversent l’histoire humaine. Si la puissance de Dieu s’exerce à travers le Christ, ce n’est pas pour contraindre notre adhésion, c’est pour délivrer notre cour de toutes les entraves qui l’habitent, c’est pour manifester sa victoire sur le péché, c’est pour restaurer la liberté humaine, c’est pour nous rendre capable de le choisir.

Reconnaître la royauté du Christ n’est pas essayer d’attirer sur nous un peu de sa puissance et d’exercer en son nom une domination sur le monde. C’est entrer en communion avec lui pour prendre la position dans laquelle il se manifeste comme le Seigneur et le Maître : en se faisant le serviteur et l’esclave. Vous le savez, le lavement des pieds, où Jésus se met à laver les pieds de ses disciples est un moment décisif pour que ceux-ci découvrent quel est le sens des mots « Maître  » et « Seigneur » : « Vous m’appelez Maître et Seigneur et vous faites bien, car je le suis. Si donc, moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres  » (Jn 13, 14).

C’est ainsi que nous apprenons avec Jésus lui-même comment l’amour de Dieu s’étend à l’univers entier. Il n’est pas une puissance extérieure, qui s’imposerait à des gens qui n’en ont aucun souci ; il vient comme une présence manifeste à travers le respect, l’attention et le service que nous nous rendons les uns aux autres.

Être serviteur du Christ-Roi, ce n’est pas partager une puissance, c’est partager un service, c’est entrer dans le service du pasteur attentif à la brebis égarée, c’est entrer dans le service de ce pasteur soucieux de rassembler tout le troupeau, c’est entrer dans le service de ce pasteur vigilant qui accompagne l’ensemble des brebis, celles qui le connaissent, comme celles qui ne le connaissent pas. Ainsi, nous pouvons vraiment célébrer le Christ-Roi non pas comme une sorte de revanche sur l’humiliation où peut se trouver parfois notre foi chrétienne et notre Église, mais comme une expérience qui nous fait découvrir la véritable maîtrise de Dieu sur le monde : il revêt la tenue du service, le tablier noué à la ceinture pour se mettre aux pieds de l’humanité représenté par les disciples.

En ce jour, prions le Seigneur qu’il nous aide à entrer, comme saint Paul nous y invite dans l’Epître aux Philippiens, dans les sentiments qui étaient ceux du Christ Jésus lui-même, lui qui était de condition divine et qui ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais qui se fit obéissant, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix (épître aux Philippiens, 2, 1-11). »


Voir le site : Diocèse de Paris

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