Sens du temps de l’Avent

dimanche 4 décembre 2011
par  Serge KERRIEN
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Dans la mise en place de l’année liturgique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, l’Avent est propre aux liturgies d’Occident.
C’est un temps liturgique qui apparaît aux 4è et 5è siècles en Gaule et en Espagne. Il sera introduit au calendrier romain au 6è siècle. Initialement, c’est un temps de jeûne qui prépare Noël, un peu comme le Carême prépare Pâques. Rapidement il va prendre une autre coloration : un temps où l’on appréhende autrement l’histoire dans son rapport à Dieu et au salut.

La spiritualité de l’Avent
D’un temps qui préparait à l’Epiphanie et à Noël, on est passé peu à peu à un temps qui porte sa signification propre. « Avent », du latin « Adventus » désignait la fête païenne du dieu venant dans son temple, puis l’anniversaire de l’avènement de l’empereur. Dans le culte chrétien, l’Avent désigne l’Avènement du Seigneur. Mais quel avènement ?


Si l’on regarde les textes liturgiques, du 17 au 24 décembre, c’est la naissance du Seigneur qui est attendue ; mais, du 1er dimanche au 17 décembre, c’est autre chose : la manifestation glorieuse du Seigneur à la fin des temps et l’espérance de cet événement. L’Avent réveille chez les chrétiens la vertu de l’espérance. Si l’on regarde de près les textes, c’est évident et un des leitmotivs de l’Avent c’est « Viens Seigneur, viens nous sauver », non pas dans la crèche à Noël, mais quand il viendra à la fin des temps.

La liturgie nous propose trois modèles d’attente : Isaïe, Jean-Baptiste et Marie. Tous trois sont des modèles de vigilance, prêts à accueillir celui qui vient. Mais leur attente est plus large puisqu’elle est relue chaque année, dans une actualité propre, qui concerne tout l’univers. Donc on ne mime pas l’attente de la nativité : on relit le temps de Dieu dans celui des hommes, et donc la finalité de l’histoire dont tout fragment devient révélation dans l’histoire du salut parce qu’il contient en promesse, en germe, le salut de la nouvelle Alliance. Et l’écoute d’une Parole, au cœur de la liturgie, nous replonge dans le dessein de Dieu pour l’humanité, le dessein d’un Dieu déjà présent parmi les siens qui les met en attitude de Veilleurs pour sa venue dans la gloire.

Célébrer l’Avent, c’est communier au projet de Dieu sur le monde, avec la joie et la vigilance de ceux qui espèrent. C’est entrer dans l’espérance, mais pas dans la nôtre, dans celle de Dieu ; c’est déposer nos soucis pour prendre part au souci de Dieu.

Seigneur tout-puissant et miséricordieux,
Ne laisse pas le souci de nos tâches présentes
entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ;
mais éveille en nous cette intelligence du cœur
qui nous prépare à l’accueillir
et nous fait entrer dans sa propre vie.
(Oraison du 2è dimanche).

… car il est déjà venu, en prenant la condition des hommes,
pour accomplir l’éternel dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut ;
il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire,
afin que nous possédions dans la pleine lumière les biens que tu nous as promis,
et que nous attendons en veillant dans la foi.
(Préface de l’Avent).

En se rassemblant pendant l’Avent, les chrétiens proclament une espérance, un sens à l’histoire, un salut dont le nom est Jésus. Ils font mémoire du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.

Par ailleurs, mais en complémentarité, l’Avent est préparation à Noël parce qu’il dispose tout homme à reconnaître le Christ venant dans le monde. La naissance de Jésus trouve sa place au cœur d’une humanité nouvelle capable d’accueillir Celui qui vient, d’une humanité qui abaisse les montagnes et aplanit les chemins, qui peut exorciser ses peurs de chaos final, sachant que la dernière parole de Dieu sera une parole de grâce et de salut.


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