Là où Dieu pleure – Myanmar -

lundi 12 décembre 2011
par  Source H2O News
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En novembre 2010, quand la dirigeante de l’opposition Aung San Suu Kyi est libérée de sa résidence surveillée, il apparait tout de suite clairement que la junte militaire de Myanmar, malgré la jubilation internationale, n’est absolument pas en veine de compromis, et encore moins disposée à accorder du terrain aux activités favorables à la démocratie.
Les espoirs de changement ont baissé, tenus en vie uniquement par l’engagement constant de Suu Kyi et des organisations internationales pour les droits de l’homme, en faveur de toutes les ethnies et des différentes religions du peuple birman, y des chrétiens.
En Birmanie, les chrétiens sont victimes d’une persécution particulière : due non seulement à leur condition de minorité dans une culture dominée par le bouddhisme, mais au fait aussi que des minorités ethniques, comme les Karen et les Shan, ont combattu le gouvernement central pour obtenir la reconnaissance et le droit à l’autodétermination ( tant les communautés catholiques que les communautés protestantes ont une forte représentation à l’intérieur des groupes ethniques Chin et Karen ).
Tous les chrétiens, qu’ils soient actifs ou seulement impliqués dans les tensions entre les parties en conflit, sont affublés de l’étiquette « dissidents » par le régime, et sont donc victimes d’intimidations et de persécutions très explicites. Le gouvernement militaire limite l’œuvre d’évangélisation, de même que toutes les initiatives consistant à importer et distribuer des livres chrétiens. Toutes les publications sont soumises à contrôle et censure. « Même s’il est permis de prier, de célébrer la messe et de réciter le chapelet, il n’y a pas de vraie liberté religieuse », affirme un groupe de catholiques de Yangon (Rangoon), ajoutant que les prêtres n’ont pas le droit ni de discuter ni de prier pour la paix, pour la justice ou pour l’amélioration des droits de l’homme.
Les personnes, précise le groupe, vivent dans la terreur d’une arrestation ou de la torture. « Nous sommes tous soumis à la loi », affirme le groupe, « mais la junte est au-dessus, et, pour elle, tous les moyens sont bons pour faire taire la population ».
Malgré ces difficultés, des signes d’espoir existent, comme par exemple la récente visite à haut niveau du secrétaire d’état américain Hillary Clinton, ou bien la visite du cardinal Renato Raffaele Martino en décembre 2011, en l’honneur du 100e anniversaire de la cathédrale de Rangoon. Il y avait aussi Aung San Suu Kyi, Nobel pour la paix et bouddhiste. A cette occasion, le pape Benoît XVI a demandé au cardinal Martino de transmettre « un message de bonne volonté » aux autorités politiques et religieuses du Myanmar, où, ces derniers mois, la dictature militaire a fait quelques pas vers une plus grande ouverture. Toutefois, il est encore tôt pour dire si ces gestes de bonne volonté de la part du régime militaire indiquent une réelle volonté de reforme politique et l’intention de respecter totalement les droits de l’hommes, ou s’il s’agit tout simplement d’un déplacement vers un capitalisme contrôlé de la part de l’Etat.


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