Pentecôte

Avis de grand vent suivi de Souffle léger
mardi 25 mai 2010
par  Bernard LE NEEL
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« Tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d’un vent violent, qui remplit toute la maison »

Le vent, en Bretagne, on connaît : vent d’ouest chargé d’eau, vent du sud qui réchauffe mais menace, vent d’est qui nous amène le beau temps. Et c’est lui qui pousse la voile des bateaux !
Vive le vent, sa force et son énergie éolienne !
Les anciens qui ne s’embarrassaient pas de langage savant employaient des mots de la vie de tous les jours pour tenter d’expliquer des réalités profondes mais ardues à comprendre.
Jésus, fin pédagogue nous en donne l’exemple.

« Je prierai le Père, il vous donnera un autre paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de vérité …en vous il sera ».

Il nous faut traduire ces mots issus directement de langues mortes : le paraclet, était chez les juifs expatriés (de la diaspora) l’interprète qui traduisait les paroles du lecteur de la Tora, à la synagogue ; expatriés, ils ne connaissaient pas l’hébreux, la langue liturgique, d’où le besoin de traduction. Paraclet, avocat nous dit-on, oui, mais aussi interprète, « l’Esprit vous enseignera toute chose » dit Jésus.

Le Saint Esprit est donc bien notre traducteur-interprète, notre inspirateur (on n’ose dire le souffleur).
Mais ce mot esprit, n’est pas un mot vraiment français, il a été littéralement transposé du latin spiritus. Et que d’usages courants : de l’esprit de sel qui sent l’eau de javel, à l’esprit de vin, le spiritueux !! alors que spiritus en latin c’est le souffle. Souffle ou vent est le même mot en grec
(pneuma) nous n’avons retenu que le pneumatique, le pneumologue et le poumon.

Avouons que ce mot souffle est beaucoup plus riche de sens.

Le soir de Pâques, apparaissant aux apôtres, Jésus leur dit « La Paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Et ayant dit cela, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Souffle Saint  ».

D’autres termes seront associés à ce Saint Esprit, que l’on admet comme Troisième Personne de la Trinité mais qui nous est souvent un peu étranger.

Ce souffle divin est souvent associé à l’eau – cette matière si nécessaire et fondamentale- et au feu – chose mystérieuse qui chauffe et éclaire.

Les réalités spirituelles sont d’un autre ordre que nos réalités matérielles, on ne peut donc en parler que par analogie. Comparaison n’est pas raison, acceptons avec modestie l’expérience du divin avec nos petits mots, comme un enfant qui balbutie des sons, mais qui valent langage.

Ce Souffle de Dieu apparaît dès les premiers livres de la Bible « Le souffle de Dieu planait sur les eaux », dominant et créant l’univers – Veni Creator Spiritus, viens souffle créateur. Adam est créé par ce souffle divin, devenant ainsi une étincelle du Feu de Dieu, un petit souffle à la ressemblance de Dieu.

 En cette Pentecôte 2010, que nous dit le Souffle Saint ?

Par le baptême et la Confirmation, nous avons été marqués par ce souffle, dans l’onction du sacrement. Un peu comme Saül dont il est dit « alors fondra sur toi le souffle du Seigneur, tu entreras en transe avec eux et tu seras changé en un autre homme » 1S,10.6.

 Merci Seigneur pour cette grâce du baptême.

Les Actes des Apôtres que nous venons de parcourir pendant ce temps pascal, ont été justement qualifiés d’ « Evangile de l’Esprit Saint » ; relisons ces Actes, contemplant le Souffle divin qui inspire tous les faits, l’organisation et les dits de l’Eglise naissante.

Du haut de la Croix, Jésus « rendit le Souffle » à son Père mais aussi à Jean et Marie aux pieds de la Croix, s’accomplissant dans l’Eglise ainsi fondée.

Dans la Consécration à la messe, n’entendons-nous pas l’appel au Souffle qui vient vivifier nos dons …veni sancte spiritus.

 Finalement l’Esprit, le souffle, c’est la vie.

Jean XXIII annonçant le Concile avait souhaité une nouvelle Pentecôte pour l’Eglise ; Marthe Robin l’avait prédite. Etrange mot que ce terme de nouveau, à vrai dire ambigu.

Nouveau en notre temps est le plus souvent empreint de futilité, de mode,
« tendance », la Bible en grec ( au sujet de la nouvelle alliance par exemple) n’emploie pas le mot nouveau (neos) dans ce sens, mais kainos qui signifie plutôt rénové, restauré, remis en état !

Alors que ce Saint Souffle nous inspire, un bol d’air divin vivifiant, faisant de nous un « homme nouveau », un homme rénové, re-né en Jésus-Christ.

 C’est Lui qui dans la prière nous souffle « Abba-Père ».

Source : Le nouveau Théo, Mame 2010.


Voir le site : La Pentecôte

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