Marc le paparazzi et la belle-mère sympa

dimanche 5 février 2012
par  Bernard BLOYET (abbé) (†)
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Y avait-il déjà des paparazzis du temps du Christ ? On pourrait le croire en lisant l’évangile de ce jour. C’est toute une journée du Christ qui est ici décrite : 24 heures de son emploi du temps habituel. Il revient de la synagogue. C’était l’évangile de Dimanche dernier. Jésus était un juif pratiquant. Le jour du sabbat il allait à la synagogue comme ses compatriotes. C’est alors qu’un énergumène, un homme possédé par un esprit mauvais le prend à partie : « Que nous veux-tu Jésus le Nazaréen ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le saint, le saint de Dieu »
Le Nazaréen réplique : « Tais-toi et sort de cet homme  ». Et l’esprit mauvais quitta le corps de l’homme qui fut guéri.

Nous retrouvons aujourd’hui, Jésus au sortir de la synagogue. Il est à Capharnaüm, petite ville au bord du lac, la ville de Pierre et André. Les événements vont se dérouler suivant le schéma suivant : La guérison de la Belle-mère de Pierre, les Guérisons du soir, la prière du matin et enfin le départ pour l’évangélisation des villages alentour.
Nous allons nous arrêter sur chacune de ces étapes.
C’est d’abord la guérison de la Belle-mère. Remarquons que Jésus ne parle pas. Il fait un geste. Il la prend par la main et la fait se lever. La femme idéale, la belle-mère rêvée. Alors que très souvent dans de nombreux couples, la fameuse belle-mère pose problème, nous découvrons l’image de celle que toutes et tous nous aimerions avoir. Elle était peut-être un peu grippée ou autre chose, en tout cas au lit. Et voilà qu’à peine guérie, elle se met tout de suite au service de la table et la table est bien remplie les douze apôtres, Jésus, sans doute la femme de Pierre et … C’était une guérison intéressée, preuve que Jésus a les pieds sur terre et qu’il ne néglige pas les réalités terrestres. L’homme a besoin de manger pour accomplir sa mission.
La maladie est aussi évoquée dans la première lecture. Le passage du livre de Job est comme le cri d’un grand malade. Job ne connaît que des nuits de souffrance. Il sent la mort venir. Il compare ce départ à la navette du tisserand qui n’a plus de fil. Job dans ce passage est pessimiste. Il garde cependant sa confiance en Dieu. Il termine par une prière : « Souviens-toi Seigneur, ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur  ».
Je me rappelle avoir entendu une personne âgée me dire que chaque matin « je m’aperçois que quelque chose en plus se déglingue en moi ; Chaque jour je meurs un peu  », et nous savons par expérience que lorsque la douleur empêche de dormir, la nuit est longue, très longue. Job avait raison.
Après le coucher du soleil, le sabbat étant terminé, on peut à nouveau porter des fardeaux et les gens amènent les malades et estropiés de la petite ville, même ceux qui sont possédés par des esprits mauvais. Il vient d’en guérir un il y a quelques heures dans la synagogue ; il peut récidiver. Et Jésus guérit. Il fait des miracles, non pour être applaudi mais pour donner des signes, des alertes, pour faire comprendre que quelque chose d’important arrive, va se révéler. Il faut ouvrir les yeux pour contempler et les oreilles pour écouter la parole. Il faut bien le comprendre, Jésus ne veut pas d’une réputation de guérisseur. Il veut qu’on entende son enseignement sur le salut et la bonne nouvelle.
Paul dans la deuxième lecture fait écho à ce désir. Il s’écrie : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile  ». Paul agit comme le Christ. Il annonce l’évangile sans rechercher aucun avantage matériel. Il se fait serviteur de tous pour en gagner le plus grand nombre possible.
Et nous, que faisons-nous pour l’avancée du Royaume ?
Le lendemain matin, Jésus se lève, bien avant l’aube et se retire dans un endroit désert pour prier. Il a besoin de se ressourcer, de revenir au Père, de le rencontrer et de prendre du recul avant les activités de la journée. Dans la fraîcheur du matin ; il recharge les batteries. Pour bien prier il faut sortir de ses occupations habituelles, trouver comme Jésus un lieu de désert. Point besoin de prendre l’avion pour le Sahara. Chacun peut trouver son désert : chambre isolée, église silencieuse ou toute la nature.
Les disciples connaissent bien les habitudes de Jésus, et ils n’ont aucun mal à le trouver. Tout le monde le cherche au cœur de la ville pour profiter de son pouvoir et de sa parole. Jésus ne se dérobe pas : il quitte la prière quand il sent un nouvel appel. Cependant comme il ne veut pas être prisonnier de Capharnaüm, Il va dans les autres villes et villages proclamer la bonne nouvelle. Ce n’est pas un guérisseur, un dépanneur. C’est un prophète. Il doit parler au plus grand nombre. Il va à leur rencontre.
À son exemple il nous faut souvent quitter Dieu pour le retrouver dans nos frères.
Durant ces 24 heures nous avons rencontré le Nazaréen puissant en paroles et en actes, maître du sabbat, maître de la maladie, attentif aux hommes et à leurs besoins, un Jésus qui dialogue avec le Père.
Quel est le contenu de nos journées ?
Quelle place y tient la prière ?
Quelle place pour nos frères ?


Commentaires

Marc le paparazzi et la belle-mère sympa
mercredi 8 février 2012 à 17h18 - par  kerprat

voilà 3 questions qui méritent qu’on s’y arrête !
merci de ce rappel, on va y répondre directement au Seigneur, toujours à l’écoute

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