L’Eglise, une fraternité …

jeudi 23 février 2012
par  Rosita CARPIER
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La fraternité est une question d’actualité dans notre paroisse.
En août dernier, l’éditorial de notre Curé nous pressait de la concrétiser tandis que le projet pastoral orienté sur cette même question proposait un cadre de mise en œuvre.
Au cours de deux soirées, le Père Le Quellec apportait l’éclairage des Ecritures pour regarder les Autres à la manière du Christ.
Dernièrement, au cours de la rencontre conviviale du 8 janvier 2012 pour fêter l’Epiphanie, le Diacre Jean-Claude Le Mercier informait la Communauté de la mise en œuvre d’une démarche sur trois ans destinée à mettre en valeur le service de la charité et de nos frères dans nos vies et dans notre action.
Ce contexte est un cheminement pour amener à une prise de conscience : notre vie chrétienne est vide de sens sans la fraternité. Elle ne peut croître sans la fraternité dont elle est indissociable.
Un ouvrage écrit par Monseigneur Herbreteau, évêque d’Agen, intitulé “ La Fraternité, entre utopie et réalité ” invite à un parcours de la Fraternité en abordant notamment :

  • le sens et le cadre de la Fraternité,
  • les lieux où elle s’exerce,
  • les origines de la Fraternité qui constitue une caractéristique essentielle de la nature de l’Eglise,
  • une spiritualité de la Fraternité.
    Cet ouvrage dont la synthèse des points principaux vous sera présentée en deux fois a pour seul but de convaincre que la vie chrétienne doit trouver son plein accomplissement dans la Fraternité.

Mille nuances dans la Fraternité
Avant de développer sa réflexion sur la Fraternité, Monseigneur Herbreteau a recherché le sens de ce mot pour lever toute confusion dans les esprits.
Ainsi, au fil de son analyse, il questionne sans jamais donner les réponses laissant le lecteur se forger son propre avis : la Fraternité, est-ce un sentiment ? une valeur ? une idéologie ?
Il est vrai que la Fraternité recoupe tant de situations liées aux époques, à l’histoire, à l’expérience personnelle, au vécu qu’il paraît difficile d’en saisir toute la réalité que l’auteur qualifie d’aussi “ riche ” que “ complexe ”.
Il affirme cependant que Le mot FRATERNITE fait partie de ceux qui donnent SENS à l’existence.
Il le distingue de l’amitié, de la camaraderie ou de la solidarité, même si elles peuvent être une des composantes de la Fraternité.
De même, partant du principe que “ tout homme est frère en humanité ”, il se demande si la Fraternité est synonyme de commisération, de pitié, de sympathie ou de compassion.
Son analyse l’amène à indiquer que “ le rapprochement de tous ces sentiments dénature la notion de Fraternité ” obligeant à considérer l’Autre comme vulnérable et à protéger.
Pour éviter toute ambiguïté sur le sens de la Fraternité, il en est venu à distinguer pitié et compassion souvent perçues comme équivalentes.
Pour lui, en effet, la compassion est un sentiment totalement différent de la pitié.
L’exemple du Bon Samaritain le montre : la pitié qu’il éprouve à la vue du blessé sur la route ne le submerge pas, ne le conduit pas à des bavardages inutiles, pas même à verser des larmes voire à être condescendant.
Tout au contraire, la vue du blessé l’amène très vite à exercer “ la bonté ” selon le texte évangélique, à être actif, à agir dans l’urgence, avec “ l’attention du cœur ”. Puis, il s’efface conduisant le blessé à se prendre en charge à plus ou moins long terme.
Celles et ceux, chrétiens, qui œuvrent dans les associations caritatives ne s’y trompent pas : les personnes accompagnées ont besoin de quelque chose d’autre que des soins techniques ou des aides matérielles : elles ont besoin d’humanité, de douceur et d’écoute, d’aide à porter le fardeau de leurs soucis.
Pour évoquer la Fraternité, la compassion est une attitude qui convient.
La définition du mot Fraternité dans les dictionnaires évoque souvent l’idée de Fratrie ou de Famille. Pour lui, Fratrie ( situation imposée ) et Fraternité ( situation voulue ou recherchée ) ne reposent pas sur les mêmes bases. La Fratrie ne peut donc être assimilée au mot Fraternité.
Ce détour sur la sémantique c’est-à-dire sur le sens à donner au mot Fraternité permet de dégager des définitions mais la Fraternité ne peut être enfermée dans une définition précise.

Alors, qu’est-ce-que la Fraternité ?
Pour l’auteur, la Fraternité consiste à “ bâtir des ponts ” avec le désir d’entrer en relation, la volonté d’aller sur le territoire de quelqu’un d’autre, de se faire proche des Autres même différents de nous, même si cela coûte.
Le pont, c’est une image un peu symbolique, il permet de se rapprocher des humains, de l’exclusion et de lier des mondes séparés.
Monseigneur Herbreteau en vient à préciser que “ la vraie Fraternité se vit dans la différenciation et non dans la recherche de la similitude de goûts, de comportements ou d’intérêts ”.
Cela peut paraître dérangeant à bien des égards, nous qui sommes si frileux…
La vraie fraternité se vit donc dans une relation d’égalité en référence à l’histoire de Joseph et de ses frères : “ se mettre en position humble et juste devant ses frères ” et aussi dans une relation confiante en la parole de l’Autre.
Pour s’être imprégné de nombreux ouvrages dont ceux de Louis Navelle, Monseigneur Herbreteau a pu réaliser qu’une vraie fraternité n’aura de cesse que de rechercher une paix durable avec les Autres et où chacun se sentira responsable de tous.
Il s’agit là d’un contexte jamais définitif où tout est à commencer et à construire…
Enfin, une autre définition de la Fraternité qui doit interpeler les chrétiens, celle de Madeleine Delbrel, témoin de notre temps, auquel s’est référé l’auteur : “ la fraternité c’est nouer des relations fidèles au milieu des incroyants et des pauvres pour y vivre l’Evangile ”.


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