« Il faut que ça change ici »

mercredi 29 février 2012
par  Bernard LE NEEL
popularité : 1%

« Il faut que ça change ici » a dit Jean-Paul II à Haïti.
C’est aussi d’actualité pour nous avec ce Carême. Image JP II - Cercle de France des Amis de la Fondation Jean-Paul II

Il a une mauvaise image de marque le Carême !
N’évoque-t-il pas la pénitence entachée de privations les plus diverses, voire un certain dolorisme, bref un mea culpa réducteur ?
Alors qu’il nous demande un changement, une métamorphose, une « conversion  » dans la joie.
Le changement est inscrit dans nos gènes. De la conception à la mort et même après, nous changeons continuellement, c’est une fatalité. Le changement physiologique échappe à notre volonté.
Animal social, l’homme est soumis à l’environnement de la société. Sans admettre que « c’est la société qui le déprave  », force est d’admettre que quelle que soit notre volonté, et l’acceptation de l’éducation, nous avons des réticences à nous soumettre au changement.
Car le changement déstabilise ; ce n’est pas dans la nature humaine de se remettre en question, ni de modifier ses habitudes. Quoi de plus confortable qu’un certain conformisme ? Faire comme tout le monde, vivre comme tout le monde … Benoit XVI ira jusqu’à affirmer que le conformisme est une forme de dictature. Être dans le monde, sans être du monde, tel est notre défi.
Dans le monde économique, les dirigeants ont bien compris cette difficulté au changement. Ils mettent en place des processus d’analyse et de propositions pour que les manières d’être évoluent. Motivés, les employés et ouvriers acceptent plus facilement l’évolution de leur entreprise. Question souvent de survie.

Et notre Carême en tout cela ?

Comme dans une entreprise commerciale, nous avons à adopter ce processus :

  • Analyser la situation
  • Se fixer des objectifs
  • Préciser les moyens
  • Nous motiver.

« Changez vos cœurs, croyez en la Bonne Nouvelle  », sera-t-il dit le Mercredi des Cendres.

La situation de départ est l’inadéquation de notre manière de vivre avec les exigences évangéliques. Humblement nous constatons que nous ne sommes pas à la hauteur des engagements de notre baptême ; et comme nous sommes motivés, nous acceptons le retournement, la métanoïa, comme disaient les Pères de l’Eglise, la conversion , « changez vos cœurs  » tel est l’objectif.
Quant aux moyens concrets pour atteindre cet objectif, écoutons Benoit XVI, dans l’exhortation Verbum Dei ne dit-il pas :
« le chemin quadragésimal que nous parcourons est une occasion favorable d’un effort décisif de conversion et de renouvellement spirituel pour un réveil à la Foi authentique, pour retrouver de façon salutaire un rapport avec Dieu et un engagement évangélique plus généreux  »

l’objectif à atteindre est une plus grande transparence à la grâce : la Foi nous justifie, pas nos œuvres dit Luther.
quant aux moyens de cette conversion, le seul remède est le recours aux sacrements et la fidélité à la Parole de Dieu.

« La parole du Seigneur demeure pour toujours. Or cette Parole, c’est l’Evangile qui vous a été annoncé  » P1,25

Pour le pape, toujours dans Verbum Dei, la fréquentation de cette Parole est « source de renouvellement constant et plus loin « que chacune de nos journées soit donc façonnée par la rencontre renouvelée du Christ, le Verbe fait chair … ». Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la méditer, afin que, par l’action efficace de l’Esprit-Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. De cette façon, l’Eglise se renouvelle et rajeunit grâce à la Parole du Seigneur qui demeure éternellement » VD 124

C’est une vision plutôt positive du Carême.

Notre état de pécheur indigne d’entrer dans le Royaume est un appel en creux de la Miséricorde Divine. Car il n’y a pas de changement, pas de conversion sans se « tourner vers  » Dieu-Miséricordieux.
Luther , qui avec angoisse s’interrogeait sur le Dieu vengeur et punisseur, trouva dans la Foi en Christ qui seul sauve , la paix et la joie de chrétien.

« « Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ? » Que cette question ait été la force motrice de tout son chemin, me touche toujours à nouveau profondément. »
Tel est l’hommage rendu par Benoît XVI à Luther lors de sa rencontre avec les communautés protestantes au couvent des Augustins d’Erfurt le 23 septembre 2011.

Et l’ascèse, la pénitence, la morale dans tout cela ?

Le philosophe Mounier disait que la « morale est la logique de la personne ». A partir du moment où la personne chrétienne recherche des sources efficaces de mieux-être chrétien, une fixation à Dieu-Miséricordieux, dans cet objectif de conversion, de metanoia, la conséquence logique est que le comportement doit se caler sur des valeurs évangéliques, vécues.

Le pape répète que le conformisme peut être une véritable dictature. « penser comme tout le monde, agir comme tout le monde … le consensus de la majorité devenant parole ultime à laquelle nous obéissons, alors qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes ».

Changez vos cœurs, croyez en la Bonne Nouvelle, croyez que Dieu vous aime :

Quel dynamique programme pour le Carême !


Commentaires

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
image Synode
Bannière denier
Bannière RCF