Où en sommes-nous de notre conversion ?

lundi 12 mars 2012
par  Marie-Aimée ROUAUX
popularité : 1%

Le mot français « conversion » vient du latin convertere : tourner, se retourner. La conversion du cœur en grec, c’est la metanoïa. Quant à l’hébreu, se convertir c’est faire la teshouva, c’est-à-dire un retour vers Dieu.
Dans ces différentes expressions, on trouve l’idée de changement et de transformation.

Le mot hébreu «  teshouva  » vient du verbe « shouv » dont la signification première est le «  retour  ». L’application la plus courante en est le « retour à Dieu  » qui peut permettre un véritable retournement.
Dans le deuxième chapitre du Livre de Ruth, dans la Bible, il est beaucoup question du retour. Ruth, la moabite, en suivant sa belle-mère Naomi qui fait retour depuis les plaines de Moab vers Bethléem, se tourne délibérément vers le Dieu de Naomi. Le chemin vers Bethléem, la Maison du Pain, est pour Ruth le chemin d’un total retournement. Voici ce qu’écrit Anne-Marie Dreyfus dans son livre « Lexique pour le dialogue  » :
« Faire teshouva, ce n’est pas seulement se repentir : c’est revenir à ce qui est le plus élevé en soi, se ré-orienter dans sa relation aux choses et aux évènements, trouver sa propre réponse à la question qui, posée à Adam : « où es-tu ? », est toujours actuelle : « où en es-tu ? ». Davantage que repentance … la teshouva est une métamorphose intérieure…  ».
Dans un petit livre qui s’appelle « La rose aux sept pétales  », son auteur, Adin Steinstalz, parle aussi de métamorphose. Je cite :
« La conversion est davantage qu’un simple changement d’attitude : elle se traduit par une métamorphose de la personne … La Teshouva implique également l’espoir d’une réponse : on attend de Dieu qu’il confirme que cette voie est vraiment la bonne…  ». Mais la teshouva, dit-il, « n’est pas toujours un acte ponctuel, mais un processus permanent  ».
C’est en méditant sur le chemin parcouru, que le converti saura s’il est bien dans la bonne direction vers son Dieu.
Ruth, la moabite, a vu sa réponse dans ce cheminement qui l’a conduite jusqu’au mariage avec Boaz et la naissance de son fils Obed, puis de son petit fils Jessé qui deviendra le père du Roi David.

Dans le Nouveau Testament, ceux qui se laissent saisir par le Christ sont l’objet d’un « retournement  », d’une ré-orientation profonde de leur vie vers Dieu.
Les Evangiles rapportent que tous ceux qui ont été guéris par Jésus de leurs maladies et de leurs péchés, ont par là même donné une autre direction à leur vie. On peut penser à Matthieu, à Zachée et tant d’autres. La pécheresse en pleurs est devenue la Marie de Magdala, fidèle à son Maître jusqu’au pied de la croix. La réponse à son désir lui a été donnée au matin de la Résurrection, premier jour de la nouvelle création. La conversion opère ainsi une nouveauté qui implique la naissance d’un être spirituellement nouveau jusqu’au choix de nouvelles orientations de vie.
On pourrait citer bien des cas de conversions qui ont émergé d’un long processus de transformation personnelle, ou d’un retournement radical comme pour l’Apôtre Paul sur le chemin de Damas.

Le temps du Carême, proposé à chacun et communautairement par l’Eglise, est ce chemin de retour vers Dieu, vers soi et vers l’autre, qui implique pardon, repentir, et surtout le « désir de revenir à ce qu’il y a de plus élevé en soi » pour trouver sa propre réponse à une vie meilleure, avec le Christ, dans une joie pascale.


Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
image Noel
Bannière denier
Bannière RCF