Jésus abandonné par Son Père ?

dimanche 1er avril 2012
par  Bernard LE NEEL
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Des sept paroles de Jésus en Croix,
le « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné  » suscite le trouble, une ambiguïté. Le Fils serait désespéré ? c’est incompréhensible.

La crucifixion n’est pourtant pas une marque d’abandon à cette souffrance paroxystique ; et Jésus par ce cri, n’a pas exprimé un sentiment de rejet, lui le Christ le Sauveur,
_ Il n’a pas pu douter de l’Amour du Père. Lui, deuxième personne de la Trinité faite homme !

Nous avions pourtant entendu dans Jn 8, 28/29
« Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît ».

Que des prophètes aient parfois des termes durs vis-àvis du Dieu qui autorise la souffrance, soit, mais pas le Messie !

Cette plainte, d’un grand désarroi, est la seule parole de Jésus rapportée par Matthieu ! voilà qui en donne encore plus de relief.

Heureusement, pour calmer notre angoisse, le Père Bernard Le Gal nous apporte un éclairage.
ce psaume a de quoi surprendre si on s’en tient au seul 1er verset. Pour Jésus, les psaumes ont été son école de prière. Il n’a cessé de s’y référer et de les prier. Il en a fait sa prière ». C’est le psaume 21 dont Jésus fait sa prière de mourant ; psaume qu’il faut lire dans son intégralité pour en saisir la force extraordinaire. Il commence par un SOS adressé à Dieu qui a apparemment abandonné son serviteur, mais qui se termine par une grande action de grâce car « Dieu a répondu  » à l’appel.

Parcourons donc les 33 versets de ce psaume, en union avec Jésus en Croix qui n’a pu dire à haute voix que le premier verset :

v/4 Et toi, le Saint … en toi nos pères avaient confiance et tu les délivrais
v/7 tous ceux qui me voient me bafouent, leur bouche ricane, ils hochent la tête
« qu’ils s’en remettent à Yahve, qu’il le délivre, qu’il le libère puisqu’il l’aime ! »
v/11 dès le sein de ma mère, mon Dieu c’est toi. Ne sois pas loin, proche est l’angoisse.
v16 mon palais est sec comme un tesson, et ma langue collée à ma machoire.
v20 Mais toi, Yahvé ne sois pas loin, ô ma force vite à mon aide
v25 J’annoncerai to nom à mes frères en pleine assemblée de te louerai
Vous qui craignez Dieu, glorifiez-le
v25 Car il n’a point méprisé ni dédaigné la pauvreté du pauvre, mais invoqué par lui, il écouta.
v/27 ils loueront Yahvé ceux qui le cherchent
v28 toutes les familles des nations se prosterneront devant lui
v29 A Yahvé la royauté, au maître des nations !

Voilà son œuvre !
Finalement ce cri de Jésus en croix, et dit en araméen, sa langue maternelle, nous plonge dans le mystère insondable de l’Incarnation et de la Rédemption ; ce psaume est un condensé qui nous est présenté le jour des Rameaux ( car ce sera le chant leit-motiv du Jour ) et poursuivi toute la semaine, notamment pendant le récit de la Passion.

La méditation de ce psaume peut nourrir notre prière pendant cette Sainte Semaine ; la contemplation de ce Serviteur Souffrant, Agneau immolé pour notre salut s’achèvera en apothéose, au sens strict de Révélation du Christ Ressuscité, le Christ Pantocrator que nous chanterons à Pâques. : Alleluia !


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