« Pensez que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus Christ ».Rm 6, 11

lundi 2 avril 2012
par  Loïc LE QUELLEC (abbé)
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Avec le dimanche des Rameaux, nous entrons dans la grande semaine, la semaine Sainte. Cette semaine qui s’achèvera au matin de Pâques est pour nous fondatrice. Jour après jour, nous allons dérouler le fil de ces journées qui nous font revivre le cœur de notre foi. Le Christ se donne, il s’abandonne, il pardonne. Il invite l’homme, tout homme, à entrer dans cette dynamique baptismale. Par lui, avec lui et en lui, nous sommes morts au péché et vivants pour Dieu.

« Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Avec ceux qui le suivent depuis le commencement, comme avec ceux de la dernière heure, Jésus entre à Jérusalem monté sur un âne. Ils y viennent pour fêter Pâque. Ce sera la Pâque … En le voyant monté sur un âne, la foule s’agite, coupe des branchages, jette ses vêtements au passage de Jésus. Quelle fête étonnante ce dut-être ! Une joyeuse cacophonie probablement de laquelle monte un cri : « hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Hosanna … une acclamation lourde de sens qui veut dire « Sauve, s’il te plait ! » La foule attend quelque chose de Jésus. Elle attend un salut mais quel salut ? Quelque chose de spectaculaire ? Un salut par la force ? Et nous, qu’attendons-nous de Jésus ? La foule en sera pour ses frais… En fait de spectacle, elle assiste et participe à la défiguration d’un homme… de l’Homme, de Dieu fait homme … Jésus n’est pas là pour un sauvetage momentanée de l’homme … En Jésus, Dieu veut donner plus. Le salut que propose Jésus n’est pas extérieur au cœur de l’homme. Il passe par la croix, par l’offrande de soi. En Jésus, Dieu se donne, s’abandonne et pardonne. Il invite l’homme à accueillir le salut en entrant dans cette dynamique …

« Afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous »

Au soir du Jeudi Saint, nous entendons le récit du Lavement des pieds. Le Christ invite ses disciples à entrer dans une logique d’abaissement qui relève. On nous demande parfois : « Où est-il ton Dieu ? » Notre Dieu… il est là à nos pieds… Il se met au service de l’homme. Le Maître est serviteur. Le Berger est l’Agneau, il se donne et nous donne l’Eucharistie pour nous aider à entrer dans la logique de l’Amour. « Ceci est mon corps » « Ceci est mon sang » Le Christ offre sa vie. Voilà le sommet de l’amour : donner sa vie. Ce sommet nous essayons de le gravir à notre tour de bien des manières par nos engagements grands et petits. Le Christ se fait nourriture pour être notre force. Il sait que les forces de l’homme sont fragiles et que l’homme s’arrête parfois en chemin ; mais il nous invite à faire cela en mémoire de lui : aller à notre tour jusqu’au bout de l’amour par le don de nous-mêmes, l’abandon de tout ce qui nous empêche d’aimer en actes et en vérité, le pardon qui surmonte

« Tout est accompli  »

Oui, sur la colline du Golgotha, tout est accompli. Jésus a rempli sa mission. Il a donné sa vie pour que l’homme vive. Il est allé jusqu’au bout dans la confiance à son Père. En Jésus, Dieu a accompli toutes les promesses faites par les prophètes. Il s’est mis du côté de l’homme, de celui dont la dignité est bafouée. En Jésus, Dieu se range du côté des sans voix, il vit leurs souffrances, leurs solitudes. Il est leur voix qui crie vers le Père : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il éprouve le silence de son Père. Sa mort passe pour un échec aux yeux des hommes. Mais ce n’est pas la fin… c’est un accomplissement. Dieu a atteint son but… rejoindre l’homme là où il est le plus seul, jusque dans la noirceur du tombeau. Dieu est présent dans le silence…

« Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur »

Les femmes au tombeau n’en reviennent pas. Elles ne comprennent pas tout à fait ce qui se passe tant ce qui leur est dit est inouï, improbable. Mais qui le pourrait ? Elles sont prises par la peur de ce qui les dépasse. Et nous ? Osons-nous dire l’espérance qui nous anime ? Osons-nous annoncer cette nouvelle extraordinaire qui ne prend aucune ride malgré les âges ? Dieu offre à l’homme un chemin de vie, un chemin nouveau. Tout est possible. Dieu nous rend vainqueur avec lui de tout ce qui abîme l’homme et le torture. Tout peut commencer et recommencer.

« Il vit et il crut  »

C’est le disciple que Jésus aimait qui le premier voit et croit. L’amour comprend que le tombeau vide n’est qu’un signe. Le signe que Dieu ne peut se résigner face à la mort. L’amour ne peut se résoudre à la séparation même ultime. Dieu ouvre un passage, un passage qui renouvelle la vie. Le disciple que Jésus aimait le comprend : l’Amour de Dieu triomphe de la mort. Il triomphe de toutes logiques du mal, de toutes logiques mortifères.


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