Jésus, le Serviteur de Dieu …

mardi 10 avril 2012
par  Marie-Aimée ROUAUX
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Dans la Bible, le « serviteur » est celui qui est au service d’un maître, volontairement ou non. Il peut aussi désigner l’esclave. C’est le sens premier.
Le nom hébreu « ‘eved », vient de la racine verbale ‘avad » qui signifie : travailler, servir, voire « faire travailler » ou « forcer à travailler » : En Exode 1,13, il est dit que les « Egyptiens forçaient les fils d’Israël à travailler ». C’est le terme qui est employé.
Mais le nom de serviteur prend, un sens noble, lorsqu’il s’agit du service du Seigneur. Dans le Livre de Ruth, au chapitre 4, l’enfant de Ruth et de Booz reçoit à sa naissance le nom de ‘Obed, le serviteur fidèle. Obed sera le grand père de David. L’expression « serviteur fidèle » est particulièrement vraie pour Moïse ou pour David, elle est attribuée aussi aux prêtres, aux prophètes, et à tous fidèles qui font preuve d’obéissance et de fidélité envers leur Seigneur.
Le terme de « serviteur » peut aussi désigner Israël en tant que peuple. Mais quel qu’il soit, le «  serviteur de Dieu  » est toujours le bien-aimé, l’élu : « Voici mon serviteur que je soutiens, dit le Seigneur, celui que j’ai choisi, en qui mon être prend plaisir. J’ai mis mon souffle sur lui… » (Is 42,1s).

Mais qui est donc le serviteur dont il est question dans le Livre d’Isaïe (Chapitres 40 à 55) ?
Dans le texte qui va d’Isaïe 52,12 à 53,13, que nous méditons le jour du Vendredi saint, le « serviteur du Seigneur  » est décrit comme un être bafoué, maltraité, au point qu’il n’a plus d’apparence humaine. Il est mis à l’écart, car, pour ses accusateurs, s’il est ainsi traité, c’est qu’il a lourdement péché. Mais le peuple va quand même reconnaître que s’il y a faute, elle n’est pas celle du serviteur mais bien la sienne propre :
« Ce sont nos tourments qu’il portait, nos souffrances dont il s’était chargé, et nous l’avons estimé atteint frappé par Dieu et humilié. Et lui, percé à cause de nos révoltes, écrasé à cause de nos fautes, la correction, gage de notre paix, était sur nous … » (Is 53,4s).
Les lectures juives accordent à ce texte un sens rédempteur, ainsi en est-il dans ce targum (interprétation de la Bible hébraïque en araméen) :
« Pour nos péchés, il intercèdera et nos fautes seront pardonnées à cause de lui…. Il bâtira le Sanctuaire qui a été profané à cause de nos péchés ».
Le serviteur est ici identifié au Messie, mais sans relation à la souffrance. D’autres textes n’éliminent pas la souffrance du serviteur mais n’identifient pas le Serviteur au Messie. Alors qui est ce serviteur ? Est-ce le prophète ? Est-ce Israël ? C’est bien la question que se posait le fonctionnaire de la Reine d’Ethiopie qui rentrait dans son pays après un pèlerinage à Jérusalem. Cet épisode est raconté par Luc dans les Actes des Apôtres au chapitre 8, verset 26 et suivants.
Le voyageur éthiopien s’adresse au diacre Philippe venu le rejoindre sur son char :
« Je t’en prie, de qui le prophète parle-t-il ainsi ? De lui-même ou de quelqu’un d’autre ? ».
« Philippe alors ouvrit la bouche et, partant de ce texte, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus  » (cf Actes 8,26 s).

A la suite des premières Communautés, les chrétiens ont compris ce texte d’Isaïe à la lumière de la Résurrection de Jésus, car le prophète Isaïe avait annoncé l’Exaltation du Serviteur :
« Voici que mon serviteur réussira
, dit le Seigneur, Il se dressera, Il sera élevé, Il sera exalté …  » (Is 52,13).

Jésus, mort et ressuscité, est le Messie, l’Elu de Dieu, le Serviteur souffrant et glorieux. C’est le Kérygme proclamé des Communautés chrétiennes primitives.


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