Marie de Nazareth

jeudi 10 mai 2012
par  Marie-Aimée ROUAUX
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Marie de Nazareth, la mère de Jésus, s’appelait en réalité Miryam. C’était un nom couramment donné à l’époque de Jésus, ainsi que l’araméen Maryam.

Son étymologie est incertaine mais elle n’en demeure pas moins intéressante.
Le nom pourrait être d’origine égyptienne et signifier « aimer ».
Remarquons que l’anagramme du mot Marie est le verbe « aimer ».
L’étymologie populaire hébraïque fait dériver ce nom de la racine : Ra’aH, « voir », d’où « voyante », ou mieux : « celle qui fait voir », c’est-à-dire la « prophétesse ». Miryam, la sœur de Moïse, est signalée par son nom en Exode 15,20, lors de la fameuse épopée de la traversée de la Mer des Joncs, où elle entraîne les femmes avec son tambourin pour célébrer, à la suite de Moïse, le prodige accompli par le Seigneur. On parle, dans ce texte, de Miryam la prophétesse.
Une autre étymologie de Myriam se rapporterait à la racine RouM, « élever », « exalter ». L’évangéliste Luc fait un rapprochement, dans le Cantique du Magnificat, du nom Miryam avec le verbe hébreu, être élevé, exalter : « Miryam dit : « Mon âme exalte, le Seigneur  » (Lc 1,46).
Si nous poussons un peu plus loin nos investigations, nous nous en référons à Jérôme qui, au 4e siècle, a traduit la Bible hébraïque en latin. Jérôme voit en Maryam, d’une part, le préfixe « MaR  » : goutte et YaM, la mer : « goutte de mer », soit en latin stilla maris qui deviendra stella maris : « Etoile de la Mer  ».
Tous ces vocables : aimer, exalter, celle-qui-fait-voir, Etoile de la mer, conviennent bien à Marie, la Mère de Jésus, comme jadis à Miryam, la prophétesse, et plus encore ! Mais bien d’autres vocables sont attribués à Marie !
Arrêtons-nous plus particulièrement sur le terme hébreu « ‘almah  » qui a une signification singulière. La ’almah, c’est la « jeune fille » ou la « jeune femme ». Dans la Bible nombre de femmes ont joué un grand rôle mais seulement quatre d’entre elles sont qualifiées de « ‘almah », ce qui montre son intérêt :
La 1re occurrence se trouve au livre de la Genèse, en Gn 24,43. Il s’agit de Rebecca, celle qui deviendra l’épouse d’Isaac. La deuxième est en Exode 2,8. Miryam, la sœur de Moïse, elle est qualifiée de « ‘almah », car elle a sauvé du Nil son petit frère qui deviendra le grand Moïse, jouant ainsi un rôle essentiel dans l’histoire du salut.
Deux autres références désignent une « almah » :
L’une se trouve au Livre des Proverbes (Pr 30 ,18-19). Quant à l’autre occurrence, très intéressante car elle a été reprise par l’évangéliste Matthieu dans son Evangile de l’Enfance, elle figure au chapitre 7 du livre du prophète Isaïe. Il est question d’une jeune femme que la plupart des commentateurs désignent comme l’épouse du roi impie Akhaz. Akhaz se trouve dans une situation politique difficile, mais il refuse de demander un signe au Seigneur, comme le prophète l’en conjure, alors le Seigneur lui dit (Is 7,14) :
« Voici, la jeune femme (‘almah) est enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel ( ‘Immanou, avec nous - El, Dieu)  ».
Le signe donné par le Seigneur, c’est la « ‘almah  » qui porte en elle une grâce divine particulière et cachée. Elle a donné aux femmes, qualifiées de ce vocable, de jouer un rôle prépondérant dans le Dessein de Dieu.

Miryam de Nazareth s’inscrit bien dans cette lignée de femmes choisies par le Seigneur. Elle est la ‘Almah par excellence. Miryam fut élue pour accomplir un rôle unique dans l’Œuvre de l’Incarnation du Fils de Dieu. C’est bien dans ce sens que le Messager du Seigneur, lors de l’Annonciation, en Luc 1, salue Marie du nom de « favorisée », « comblée de grâce », en grec keXaritomene, de Xaris, la grâce.
Lors de sa « visitation » à Ein Karem, Elisabeth, inspirée par l’Esprit la proclame « bénie parmi les femmes  ». Mais Marie se présente elle-même comme la petite « servante » du Seigneur.
Nous aimons redire à Marie, dans notre prière, et particulièrement en ce mois de mai qui lui est dédié, tous ces vocables, et tant d’autres, qui nous font entrer dans son chant de louange à Dieu, son Créateur :
« Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur !  ».


Commentaires

Marie de Nazareth
lundi 14 mai 2012 à 08h58 - par  Yveline

Merci pour cette belle explication concernant « Marie notre mère à tous ».Yveline.

Site web : Marie de Nazareth
lundi 14 mai 2012 à 15h34 - par  Marie-Aimée

Merci Yveline ! Marie-Aimée

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