Marie-Magdeleine, Myriam de Magdala

lundi 23 juillet 2012
par  Bernard LE NEEL
popularité : 2%

Marie-Magdeleine, Myriam de Magdala la p … écheresse de Jésus !
Une femme libre.

Quel personnage controversé par les exégètes ! Certains pensent qu’il y eut plusieurs Madeleine, d’autres affirment qu’il n’y en eut qu’une. Adoptons la thèse du Père Lacordaire et fusionnons les toutes en une.

En ce dimanche 22 juillet, la Messe télévisée à la Sainte-Baume en Saint-Maximin nous encourage à rencontrer Marie-Magdeleine, la sainte a(i)mante de Jésus.

Née à Magdala, soeur de Lazare et de Marthe, une famille fortunée possédant un vaste domaine à Béthanie, Marie a connu une jeunesse mouvementée. Quelle fût possédée de 7 démons laisse augurer d’une vie dissolue. On l’appellera pudiquement pécheresse … alors qu’un autre p … aurait été plus exact. Une femme libre certes mais de liberté très riche.

Il en faut du culot pour entrer chez le pharisien qui accueillait Jésus ; le service d’ordre n’a pu la contenir à l’extérieur. Elle se précipite aux pieds de Jésus, elle la prostituée notoire, et inonde Jésus de ses larmes. Admirable confession publique sollicitant la compassion de Jésus.

Ils étaient nombreux ceux qui avaient quelque problème à poser à Jésus : aveugles, estropiés, lépreux, endeuillés même, mais on n’en a pas vu d’autres venir solliciter la guérison de leur âme.
Femme libre, sans respect humain, elle qui suivra désormais le Sauveur jusqu’à la fin … et au recommencement. Au tombeau du frère Lazare, Marthe, connaissant l’attachement de sa sœur à Jésus, prévient Marie de son arrivée, « le Seigneur te demande » ; Marthe, en servante discrète s’efface pour que Marie accueille Jésus et ait déjà la primeur de la résurrection.
Celle « qui a choisi la meilleure part » de dire « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort  », et Jésus de pleurer … lui qui ne pleurera pas à Gethsémanie, ni au Calvaire. Lacryma Christi, Dieu qui pleure, quelle démonstration d’amour !

Sans attacher le plus grand crédit à « l’évangile de Marie », écrit vers 150 et découvert en 1945 ( bibliothèque de Nag-Hammadi en Haute-Egypte ), retenons que Marie a eu une relation très exceptionnelle et privée avec le Sauveur. Les apôtres, un peu machistes, ne voyaient pas de bon œil les confidences qu’Il dispensait à Marie ; le jour de la Résurrection non plus, ils resteront sceptiques.
Quoique … saint Pierre, lui, se confie à Marie « Sœur, nous savons que l’Enseigneur t’a aimée différemment des autres femmes. Dis-nous les paroles qu’Il t’a dites ».
Et Marie de citer son Rabbouni bien-aimé « N’imposez aucune règle, hormis celle dont je fus le Témoin. N’ajoutez pas de lois à celles de celui qui a donné la Thora, afin de ne pas en devenir les esclaves  ». C’est l’Evangile du Royaume, tout y est.
Quelle promotion de la liberté … des enfants de Dieu , « aime et fais ce que tu veux  » dira Saint-Augustin.

Marie-Madeleine au pied de la croix, déplorant la mort du Christ. Détail de la Pietà d'Agnolo Bronzino, 1529, Galerie des Offices (Florence)
Marie-Madeleine au pied de la croix, déplorant la mort du Christ. Détail de la Pietà d’Agnolo Bronzino, 1529, Galerie des Offices (Florence)

La liberté célébrée dans l’Evangile est la liberté d’amour.
«  l’attachement à la matière engendre une passion contre nature. Le trouble naît alors dans tout le corps ; c’est pourquoi je vous dis : soyez en harmonie … » dit Jésus dans « l’évangile de Marie ». L’ancienne pécheresse sera donc désormais en harmonie avec son maître « beaucoup de péchés lui ont été remis car elle a beaucoup aimé  ».

Six jours avant la Pâque, à Béthanie, chez Simon, Marie fait irruption pendant le repas. Cette fois, elle ne verse pas de pleurs sur les pieds de jésus, mais un parfum sur sa tête : un nard précieux dit saint Jean. Le vase d’albâtre est brisé, mouvement de désespoir, amour prophétique, annonçant l’embaumement. Devant les disciples scandalisés de ce gâchis, Jésus reconnaît la «  bonne œuvre accomplie  », et annonce qu’on racontera d’elle, à sa gloire, ce qu’elle vient de faire ". Un parfum de 300 deniers contre la trahison de Judas pour 30 pièces d’argent.

En cette fête de Marie-Madeleine, Myriam de Magdala, comment ne pas admirer la tendresse de Jésus devant cette femme qui pleure, encore, au jardin d’Arimathie « on a enlevé mon Seigneur et on ne sait où on l’a mis ? elle qui se voit confier l’annonce de la Résurrection : » va trouver mes frères et dis-leur Je monte vers mon Père et votre Père, vers Mon Dieu et votre Dieu ".

Marie madeleine couverture du livre du Père Lacordaire !
Marie madeleine couverture du livre du Père Lacordaire !

Et l’éditeur de « Sainte Marie-Madeleine  » du Père Lacordaire de conclure :

« Lacordaire vise à figurer, dans sa particularité spirituelle, la femme qui apparaît comme un trait d’union symbolique entre l’humanité désirante, blessée et ruinée dans son appétit d’amour, et le Christ, générateur de pardon et de charité  ».


Commentaires

Marie-Magdeleine, Myriam de Magdala
mardi 24 juillet 2012 à 18h38 - par  kerprat

ni p… ni soumise !

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
Bannière denier
Bannière RCF