Plérin en 1862

lundi 23 juillet 2012
par  Yves CORBEL (Abbé)
popularité : 1%

J’ai trouvé dans les archives d’un presbytère un petit livre fort intéressant qui rapporte l’histoire et la géographie des communes des Côtes du Nord.
Il a été rédigé par Messieurs J. Gauthier du Mottais, conseiller général, Vivier, de la Préfecture, Rousselot, inspecteur des écoles en 1862.
Certains passages pourront nous étonner. En lisant ce texte, gardons bien en tête la date de 1862, il y a 150 ans.

Population : en 1862, 5817 habitants.
Situation : chef lieu de perception, Cap des douanes, maître de port, inspection de la pêche côtière.
Ecoles : garçons, 165 enfants ; filles, 70 enfants. Salle d’asile, 112 enfants.
Bureau de bienfaisance.
Paroisse : on ne sait rien sur son origine si ce n’est qu’elle était constituée au XIII siècle.
Son église est dédiée à St Pierre et St Jean. Elle a été presque entièrement reconstruite en 1825, mais elle est à refaire.
Elle renferme un mausolée en kersanton, érigé au XVII siècle à la mémoire de Thébaud de Tatouarn, seigneur de Couvran, président au Parlement de Bretagne.
Chapelles : Argentel, St Eloi, Le Sépulcre, St Laurent, St Maudez, Bon Repos. Elles sont desservies à certains jours. Celle du Légué l’est quotidiennement, un chapelain y étant attaché.
Toutes ces chapelles ont un pardon mais il n’y a d’affluence qu’à celui de St Eloi ( 24 juin ), auquel on conduit toutes les juments poulinières.

Comme toutes les paroisses de Bretagne, Plérin possède un certain nombre de maisons nobles. Aucune n’a jeté d’éclat. Cependant l’une d’elles a vu naître Geoffray de Couvran, célèbre capitaine breton au XVIe siècle.
Tous ces manoirs sont actuellement convertis en fermes dont la culture ne laisse rien à désirer et donne de très beaux produits, grâce à des travaux incessants, car le sol n’est pas de première qualité. On trouverait difficilement dans cette commune un coin de terre qui ne fût labouré.

Les côtes abruptes et arides de Lacadoire ont vu naître une culture inconnue ailleurs que dans les jardins, celle du fraisier qui rapporte aux cultivateurs des bénéfices satisfaisants.

Le port du Légué
Situé dans une agréable position, ce port est composé d’un canal de 900 mètres, de 34 mètres de large et de 6 mètres de profondeur. Il a deux bassins avec grils de carénage ainsi que des chantiers de construction de navires. Il assèche à marée basse.
Sa population est d’environ 1200 habitants, mais parmi se trouvent un petit nombre d’ouvriers des villages voisins.

Le Légué est le premier port du département par ses entrées et ses sorties, soit 598 navires jaugeant 28 598 tonneaux, montés par 5 040 hommes. Il expédie chaque année, pour Terre Neuve, 38 à 40 navires montés par environ 2 000 marins. Les produits de leur pêche sont vendus dans les ports d’Italie et du Midi de la France.
Au village, sous la Tour, se concentre l’industrie de la pêche qui occupe 38 bateaux et 200 hommes.

La belle Corderie de Couvran donne du travail à 60 ouvriers. Il y a 6 moulins à eau, 1 à huile, 1 tannerie, 1 raffinerie de sel, 1 four à chaux, 50 charpentiers à la construction navale. La mine de Boissière dont il reste quelques galeries n’est plus exploitée.
Il est question de changer la position du fort du Roselier qui commande l’entrée de la baie de St Brieuc et d’y établir des batteries rasantes. Il reste des ruines romaines à Port Aurélie.

Personnages
Plérin est le lieu de naissance de Jean Leuduger, célèbre missionnaire, mort en 1722 ; de René Burel et de Marie Balavène, fondatrice de l’Ordre du St Esprit ; de Mgr Olivier Briand, évêque de Québec et de J.L de la Lande Calan, commandeur de Malte.

La route départementale n° 1 traverse Plérin d’est en ouest, et le chemin vicinal de grande communication n° 30 traverse la commune du nord au sud.

Maires :
1790, P. Guynot de Boismenu ; 1791, L. Denis père ; 1792, Charles Rouxel ; 1815, E. de Kerautem ; 1855, Guynot de Boismenu ; 1856, L. Denis fils, maire actuel.


Commentaires

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
Bannière denier
Bannière RCF