Pardon !

jeudi 16 août 2012
par  Bernard LE NEEL
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Non pour solliciter des excuses … mais pour évoquer les manifestations religieuses d’actualité.

Le Pardon breton est à la Foi bretonne ce que le Kouign Amann et la galette sont à la gastronomie bretonne, incontournable, collant à la peau du chrétien breton.

A l’origine, au Moyen-âge, le « Pardon » est une fête religieuse, en l’honneur du saint patron du lieu. Les paroisses étant divisées en hameaux depuis l’arrivée des bretons d’Outre-Manche, chaque clan avait sa chapelle.
La fête religieuse comprenait Messe et Vêpres ; on y accueillait aussi les paroisses voisines, chacune processionnant avec en tête son recteur et ses bannières, voire ses reliques. Près des chapelles, peut-être pour mieux pique-niquer, la fontaine fournissait la boisson. La plupart du temps cette fontaine était réputée miraculeuse, en tout cas sacrée. Peut-être un vestige de traditions ancestrales.
Les réjouissances, bals et concours divers accompagnaient ces fêtes religieuses. Désormais, les manèges ont pris le relais.

Les Pardons sont vraiment une manifestation typiquement populaire et bretonne, expression de la Foi de nos Pères ( Da Feiz an Tadou Coz chantons-nous ). Les chapelles et les aires environnantes sont entretenues par les habitants du hameau, fiers de ce lieu qui fédère les riverains.
Heureux XVe et XVIe siècles qui nous ont valu l’édification de ces modestes mais précieux témoignages du passé. Certains qualifient nos Pardons de folklore, oui au sens premier de savoir du peuple ( Folk lore en anglais ), un véritable patrimoine cultuel et culturel.
Certains Pardons bretons, Auray et Tréguier, s’honorent de la présence de tous les évêques bretons, quand ce n’est pas un Cardinal qui préside !

En fait le Pardon breton est à rattacher au pèlerinage .

L’encyclopédie Théo répertorie 4 sortes de pèlerinages :

  • le pèlerinage de fondation : La Mecque, Jérusalem, Rome, en signe de dévotion au fondateur de la religion.
  • les grands pèlerinages médiévaux, les croisades.
  • les pèlerinages mariaux du XIXe siècle : Rue du Bac, Lourdes, La Salette, Pontmain.
  • Les pèlerinages qualifiés d’archaïques ( c’est Théo qui le dit … ) liés à l’origine ethnique et au sol. Répondant à un besoin identitaire, mais aussi à une Foi sincère dans la religion des ancêtres.

Tout pèlerinage suppose un effort, il faut se déplacer, quitter son lieu habituel, marcher en procession, quel que soit le temps, même si « la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin ».
Jean-Paul II en 1999 disait dans une lettre aux pèlerins « accomplir ce pèlerinage signifie relire l’Evangile lui-même, parcourir à nouveau les chemins que la Révélation a parcourus. C’est aussi un voyage intérieur qui a pour but de nous détacher de ce qui est contraire à la Loi de Dieu, afin d’être en mesure de rencontrer pleinement le Christ ».

Sur le chemin d’Emmaüs, deux disciples s’en retournaient dépités, effondrés d’avoir perdu leur chef. Ils avaient beau étudier les Ecritures, ils ne comprenaient pas. Mais vint les rattraper Celui qui cheminait avec eux, et leurs yeux s’ouvrirent. Reprenant courage, ils rejoignirent leurs frères. Un pèlerinage réussi.
Jésus lui-même n’a –t-il pas été un pèlerin pérégrinant sur les routes de Palestine, en marche vers Jérusalem pour « y être glorifié  » ? Et Saint Pierre de nous préciser que nous sommes « pèlerins et étrangers en ce monde  », en marche vers la Cité Eternelle.

Loin d’être un signe ostentatoire et triomphaliste, la procession des chrétiens sur la voie et les lieux publics est aussi un témoignage visible de la Foi qui nous anime.
Cette visibilité de l’Eglise est un signe porté par une Communauté qui n’a pas honte ni peur d’affirmer sa Foi.


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