« La Foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance »

dit Péguy
mercredi 26 septembre 2012
par  Bernard LE NEEL
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Nos contemporains sont souvent moroses, et d’après les sondages, le pessimisme serait ambiant ! Les causes d’inquiétude ne manquent certes pas ; depuis les crises financières, économiques, sociales à la montée du chômage, il y a de quoi se faire du souci.

Le pessimisme, dont le mot vient du superlatif latin pessimus, très mauvais, le pire en somme, c’est vraiment le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Le mauvais côté des choses, le revers de la médaille, une vision négative.
On sait les ravages du pessimisme sur la santé : se faire de la bile, avoir le moral dans les chaussettes, tomber en dépression, être acariâtre, ce qui est très mauvais pour l’estomac, et pour le voisinage. N’avons-nous pas tendance à éviter la fréquentation des pessimistes, les p … vinaigre, bourrés d’ions négatifs ?

Quant à l’optimiste, il perçoit le monde et l’univers de manière positive.
Voyant plutôt le bon côté des choses, sans tomber dans une vision irréelle du monde, il rayonne sa bonne humeur, une certaine joie de vivre.
L’euphorie, au sens originel de bien se porter, n’a rien d’irréaliste et de farfelu ; être bien dans sa peau n’a rien de chimérique. C’est ce que l’on souhaite à chacun.
Certains prônent pour les chrétiens l’optimisme ; oui, mais ramener l’apport de l’Evangile, cette Bonne Nouvelle pour tous, à un optimisme dit chrétien est un peu réducteur. Jésus a certes proclamé les Béatitudes, la charte des chrétiens, sans nous transformer en optimistes béats.

Georges Bernanos, cet écrivain pourtant catholique, mais révolté et indigné, ira jusqu’à dire «  L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles ».

Non, l’optimisme est la face visible du comportement chrétien, un état d’esprit qui se fonde sur la joie de rachetés, de ressuscités, base spirituelle de bien-être.

« Si vous êtes ressuscités avec le Christ, dit Paul, recherchez, goûtez les choses d’en-haut », les meilleures et non les « pessimissa ».

« Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout,
Cette petite fille espérance
Immortelle
 »


( Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu )

Dans l’encyclique Spe Salvi, Benoit XVI, après avoir constaté que notre temps, comme celui des Ephésiens ( dans la lettre de St Paul ) est caractérisé par le « sans Dieu dans le monde … Pour nous qui vivons depuis toujours avec le concept chrétien de Dieu et qui nous sommes habitués, la possession de l’espérance, qui provient de la rencontre réelle avec ce Dieu, n’est presque plus perceptible ». Ne chantons-nous pas « le Seigneur est mon berger ; je ne manque de rien. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » ?
Les chrétiens ont à offrir au monde cette Espérance, qui est bien plus que de l’optimisme, car elle est fondée sur la confiance en Dieu. C’est un fruit de la Rédemption d’être pétri d’Espérance, car nous savons d’ où nous venons et où nous allons.

Le jeune en terminale espère réussir au bac, la jeune fille espère trouver le prince charmant, tous nous espérons, sinon gagner au Loto, au moins réussir notre vie. Beaucoup d’espoirs sont mis dans le progrès ; mais le progrès est surtout matériel. Le pape rajoute dans la même encyclique «  si au progrès technique ne correspond pas un progrès dans la formation éthique de l’homme, dans la croissance de l’homme intérieur, alors ce n’est pas un progrès, mais une menace pour l’homme et le monde … Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà. Seul peut lui suffire quelque chose d’infini, quelque chose qui sera toujours plus grand que tout ce qu’il peut atteindre ».

Pour conforter notre optimisme chrétien, notre joie intérieure d’être des sauvés, rien de tel que l’Espérance, l’attente du règne de Dieu. Les hommes sont destinés au bonheur, un bonheur éternel, cela donne le vertige, mais quelle positive perspective !

Avec le philosophe Gabriel Marcel, pensons que : « vivre en espérance, c’est obtenir de soi de rester fidèle, aux heures d’obscurité, à ce qui ne fut peut-être à l’origine qu’une inspiration, une exaltation, un ravissement ».

Et laissons Péguy conclure :

La Foi est celle qui tient bon dans les siècles des siècles
La Charité est celle qui se donne dans les siècles des siècles
Mais ma petite Espérance est celle qui se lève tous les matins

- L’Espérance -
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