Avant le grand départ

mardi 30 octobre 2012
par  Jean HAMON (Abbé)
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Traditionnellement, en ces jours de Toussaint et du 2 novembre, notre attention se porte davantage sur l’ « au delà de la mort », aux contours si difficiles à cerner.

Comme croyants, faute d’éléments pour avancer lucidement vers ce passage, notre seul appui, c’est la promesse de Jésus. Grâce à lui, nous avons l’audace de dire : « Je crois à la résurrection de la chair et à la vie éternelle ». La joyeuse « communion des saints  » nous aide à découvrir le lien réel mais invisible que nous pouvons maintenir avec ceux et celles qui nous ont définitivement quittés pour bénéficier d’une vie en plénitude venant de Dieu.

Ce temps fort liturgique nous donne bien sûr l’occasion de resserrer nos liens avec ce monde invisible. Ensemble, nous pouvons ré activer la « mémoire de nos cœurs ». Nous pouvons aussi envisager ce qu’au delà d’une vie parfois très éprouvée, nos parents et amis découvrent de leur propre image d’ enfants de Dieu. Nous pressentons alors un peu mieux comment dans ce nouveau face à face, se révèle enfin à eux le visage tant recherché du Dieu de la vie. Cette forme de contemplation, au delà de l’épreuve des séparations, peut fortifier notre espérance et nous procurer paix et sérénité.

Cette évocation ne peut pas, bien entendu, ignorer tout ce qui, aujourd’hui surtout, se dit, se cherche autour de la « fin de la vie », précédant le grand départ. Le mystère de toute vie continue de questionner, entraînant un réel désarroi et de grandes inquiétudes. De nouvelles réalités nous interpellent : le vieillissement de la population, les dépendances qu’entraînent l’allongement de l’espérance de vie, les progrès de la médecine, l’évolution des mentalités. Autant d’éléments qui font que le débat sur la « fin de vie » s’invite clairement dans notre monde. Le magazine « Le Pèlerin » du 4 octobre apporte sur ces graves questions éthiques et notamment l’euthanasie en débat, un dossier d’une grande richesse par ses analyses et ses témoignages. Nous pressentons les lourdes conséquences que peuvent entraîner certaines décisions politiques sur ce sujet. Comme chrétiens, au nom de la vision évangélique de l’homme, nous avons à redire la dignité de chacun et le respect de toute vie.

Ils ont aussi une parole à nous dire les médecins, infirmiers, accompagnateurs des personnes en fin de vie. Ceux et celles qui s’investissent dans les soins palliatifs témoignent de la richesse de ces derniers moments. Nous connaissons aussi des parents, amis, enfants, membres des aumôneries d’hôpitaux qui peuvent témoigner de la grâce insoupçonnée de ces présences souvent silencieuses mais si intenses d’amour qui permettent au malade de vivre ce passage difficile. A l’occasion d’une préparation d’obsèques, une personne évoquant cet accompagnement exigeant mais enrichissant s’entend dire : « Tu m’as rendu heureuse ! » J’ai eu, ces mois derniers l’occasion privilégiée d’accompagner ainsi des proches. Ces instants de proximité, réduits souvent à la plus simple expression, une caresse, une main serrée, une prière partagée, un sourire échangé, restent une expression d’humanité et de partage exceptionnelle.

Alors, inévitablement, sans minimiser le caractère éprouvant de la séparation, ou de la souffrance, peut s’établir entre nous une communion intense, une paix impressionnante. Peut-être, est-ce ainsi que la mort s’apprivoise enfin ! Je le crois vraiment.


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