Concile 50 ans - Témoignage de Nicole et Paul Allain

de Saint Laurent de la Mer à Plérin
samedi 17 novembre 2012
par  Communauté Paroissiale Notre-Dame de la Mer
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En 1962, Nicole avait 26 ans et Paul, 30ans. Ils étaient mariés depuis deux ans. « A ce moment-là, le Concile ne me disait rien. J’étais occupée à construire notre vie de couple, nous dit Nicole.
On avait vécu « dans un bocal », enfermé dans des traditions religieuses. Je me demandais comment cette assemblée constituée essentiellement d’hommes réunis à Rome pouvait faire évoluer notre quotidien ?
La foi en Jésus Christ ne me posait pas de problème car j’avais eu une éducation chrétienne et avais été réceptive ; par contre, la pratique de la religion ne me convenait pas. Les règles de l’Eglise étaient pesantes. Les chrétiens vivaient leur religion sans enthousiasme, sans interrogation.
Monitrice de colonie de vacances, j’ai encadré une colo dans le Finistère qui accueillait des enfants de toute la France. Je les accompagnais à la messe qui était dite en latin et le sermon en breton - personne n’y comprenait rien. Situation vraiment absurde !!
En 1964, nous avons été « rattrapés » par la Mission de la Mer qui nous a appelés à participer à ce service d’Action Catholique très ouvert : il concernait les personnes du milieu maritime (pêche et marine marchande). C’était un lieu d’expression et de réflexion pour les marins et leurs femmes
même si les problèmes professionnels prenaient le pas sur les questions relatives à la famille et à l’éducation auxquelles les femmes étaient plus sensibles .
Des changements significatifs sont intervenus. Ainsi, en 1970, l’aumônier national m’a demandé à participer au Congrès de la Mer à Chantilly ; c’était la première fois que ce congrès était ouvert à des laïcs dont les femmes de marins. Un tas de frontières sautaient. Toutes les personnes de bonne volonté étaient appelées …. Durant le Concile, on sentait que quelque chose devait bouger ».
Paul dit d’emblée : « Je suis un rescapé de la religion ! ».
Pendant le temps du collège, j’étais en internat d’abord à St Joseph à Lannion puis au Sacré-Cœur à St-Brieuc. Nous assistions à la messe en latin tous les matins et le dimanche en plus nous devions aller aux vêpres l’après-midi. Après la 3e, j’ai fait l’école de navigation. C’est ainsi que j’ai rencontré à 16 ans , un prêtre de la Mission de la Mer qui était lieutenant dans la Marine Marchande, Après des études à Nantes, j’ai commencé à naviguer en 1950. Je me souviens d’avoir participé à une réunion au grand séminaire de St Brieuc sur le Concile, avec la Mission de la Mer en 1962.
Pendant mes 33 ans de navigation, il était de coutume, de ne pas afficher sa foi sur les bateaux. Je n’ai jamais participé à une messe sur un bateau bien qu’il y ait eu quelquefois des prêtres comme passagers vers le Liban ; Ma pratique religieuse restait en marge, sauf pendant les congés bien entendu.
Avant le Concile, dans mon village, je n’avais aucun contact personnel avec le curé. Il était isolé dans son presbytère et son jardin. Quand l’évêque venait pour la confirmation, il arrivait avec son chauffeur ; la chapelle avait été briquée. C’était un personnage lointain sans lien avec les fidèles : un
« surhomme ».
Ce que j’ai observé au moment du Concile : « c’était les changements dans la position de l’Église, vis-à-vis des laïcs et en particulier des femmes ».
Nicole et Paul restent perplexes sur l’évolution de la pratique religieuse après le Concile.
Quelques interrogations émergent :

  • Comment les chrétiens qui demandent le sacrement du baptême ou du mariage perçoivent-ils leur engagement aujourd’hui ?
  • Pourquoi l’interrogation personnelle sur la Foi n’a-t-elle pas touché toutes ces générations d’élèves scolarisés dans les écoles catholiques ?
  • L’Église, aurait-elle raté quelque chose au niveau de l’Action Catholique ?

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