Paroisse Notre Dame de la Mer Plérin-Pordic en 1862

lundi 26 novembre 2012
par  Yves CORBEL (Abbé)
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Plérin en 1862

J’ai trouvé dans les archives d’un presbytère un petit livre fort intéressant qui rapporte l’histoire et la géographie des communes des Côtes du Nord. Il a été rédigé par messieurs J. Gauthier du Mottais, conseiller général, Vivier, de la Préfecture, Rousselot, inspecteur des écoles en 1862.
Certains passages pourront nous étonner. En lisant ce texte, gardons bien en tête la date de 1862, il y a 150 ans.
Population : en 1862, 5817 habitants.
Situation : chef lieu de perception, Cap des douanes, maître de port, inspection de la pêche côtière.
Ecoles : garçons, 165 enfants ; filles, 70 enfants. Salle d’asile, 112 enfants.
Bureau de bienfaisance.
Paroisse : on ne sait rien sur son origine si ce n’est qu’elle était constituée au XIII siècle.
Son église est dédiée à St Pierre et St Jean. Elle a été presque entièrement reconstruite en 1825, mais elle est à refaire.
Elle renferme un mausolée en kersanton, érigé au XVII siècle à la mémoire de Thébaud de Tatouarn, seigneur de Couvran, président au Parlement de Bretagne.
Chapelles : Argentel, St Eloi, Le Sépulcre, St Laurent, St Maudez, Bon Repos. Elles sont desservies à certains jours. Celle du Légué l’est quotidiennement, un chapelain y étant attaché.
Toutes ces chapelles ont un pardon mais il n’y a d’affluence qu’à celui de St Eloi ( 24 juin ), auquel on conduit toutes les juments poulinières.

Comme toutes les paroisses de Bretagne, Plérin possède un certain nombre de maisons nobles. Aucune n’a jeté d’éclat. Cependant l’une d’elles a vu naître Geoffray de Couvran, célèbre capitaine breton au XVIe siècle.
Tous ces manoirs sont actuellement convertis en fermes dont la culture ne laisse rien à désirer et donne de très beaux produits, grâce à des travaux incessants, car le sol n’est pas de première qualité. On trouverait difficilement dans cette commune un coin de terre qui ne fût labouré.

Les côtes abruptes et arides de Lacadoire ont vu naître une culture inconnue ailleurs que dans les jardins, celle du fraisier qui rapporte aux cultivateurs des bénéfices satisfaisants.

Le port du Légué
Situé dans une agréable position, ce port est composé d’un canal de 900 mètres, de 34 mètres de large et de 6 mètres de profondeur. Il a deux bassins avec grils de carénage ainsi que des chantiers de construction de navires. Il assèche à marée basse.
Sa population est d’environ 1200 habitants, mais parmi se trouvent un petit nombre d’ouvriers des villages voisins.

Le Légué est le premier port du département par ses entrées et ses sorties, soit 598 navires jaugeant 28 598 tonneaux, montés par 5 040 hommes. Il expédie chaque année, pour Terre Neuve, 38 à 40 navires montés par environ 2 000 marins. Les produits de leur pêche sont vendus dans les ports d’Italie et du Midi de la France.
Au village, sous la Tour, se concentre l’industrie de la pêche qui occupe 38 bateaux et 200 hommes.

La belle Corderie de Couvran donne du travail à 60 ouvriers.
Il y a 6 moulins à eau, 1 à huile, 1 tannerie, 1 raffinerie de sel, 1 four à chaux, 50 charpentiers à la construction navale. La mine de Boissière dont il reste quelques galeries n’est plus exploitée.
Il est question de changer la position du fort du Roselier qui commande l’entrée de la baie de St Brieuc et d’y établir des batteries rasantes. Il reste des ruines romaines à Port Aurélie.

Personnages :
Plérin est le lieu de naissance de :

  • Jean Leuduger, célèbre missionnaire, mort en 1722
  • René Burel et de Marie Balavene, fondatrice de l’Ordre du St Esprit
  • Mgr Olivier Briand, évêque de Québec
  • J.L de la Lande Calan, commandeur de Malte.

La route départementale n° 1 traverse Plérin d’est en ouest, et le chemin vicinal de grande communication n° 30 traverse la commune du nord au sud.

Maires :
1790 : P. Guynot de Boismenu ; 1791 : L. Denis père ; 1792 : Charles Rouxel ; 1815 : E. de Kerautem ; 1855 : Guynot de Boismenu ; 1856 : L. Denis fils, maire actuel.

PORDIC en 1862

Population : 4700 hts
Dépend de la perception de Plérin

Ecoles : Garçons : 229 élèves ; Filles : 196 élèves ; Salle d’ Asile 215 enfants
Bureau de distribution de lettres.
Cette commune dans laquelle l’agriculture progresse d’une manière sensible, formait autrefois un fief important.
Ses Seigneurs ont été en 1150, Bavoise, fille et héritière du dernier comte de Guingamp ; Son fils Henri en 1163, eut une fille nommée Mahaut ou Mathilde qui lui avait succédé en 1142. Après cette dernière, la Seigneurie de Pordic passa dans les familles de Lajaille en 1285 ; de LaVorte Vézin en 1425 ; de Le Porc en 1535 ; de Dandigné en 1618 ; de Bréhan en 1711 ; et d’Aiguillon en 1740.

L’Eglise de Pordic est spacieuse, élevée. Elle présente un aspect véritablement monumental. On lui reproche cependant quelques défauts de proportion dans les dimensions de la nef principale. Un magnifique autel en bois sculpté la décore, ainsi que des verrières représentant les vies de St Louis, sainte Thérèse et autres saints. Elle a pour patrons St Pierre et St Norbert, fondateur de l’ordre des Prémontrés.
Depuis 1202 et jusqu’en 1789 les recteurs sont choisis parmi les religieux de Beauport. Ils ont porté le titre de Prieurs.

La chapelle du Vaudic est ancienne. Son chevet remonte au XIV siècle.
Celle de Notre-Dame De la Garde est moderne.

Bien qu’ayant perdu 170 hectares de Terre qui en 1836 ont été joints à Binic, la commune de Pordic n’en n’et pas moins restée l’une des plus belles du département. La population du bourg dépasse les 1000 hts.
On découvre de temps à autre au pied des falaises de Pordic des restes de constructions romaines.

Personnalités :

  • M. Allenou (René) de la Ville Angevin, fondateur de la Congrégation des Filles du St Esprit
  • M. Duchesne, supérieur général des Sœurs de la Sagesse
  • Mgr Louis Epivent, Evêque d’Aire.

Le chemin vicinal de grande communication N° 1 traverse cette commune, ainsi que le chemin d’intérêt commun N° 7 et la route départementale N°l.

Points culminants : La Ville-Au-Guichoux, 122 m ; Le Bourg 106 m ; La Ville Guyot 100 m ; Pichorel 75 m.

Géologie schiste talqueux au sud, schiste argileux au N E ; à 1 ’anse de Tournemine, schiste passant à la grauwack et alternant avec schiste argileux.

Maires : 1792 : P Leclec’h, en même temps prêtre constitutionnel ; 1794 : V Domalain ; 1796 : L Minier ; 1797 : J Duchesne ; 1798 : J Minier ; 1808 : L Guibert ; 1831 : J Bourgonnière ; 1832 : Duchesne ; 1834 : Olivier ; 1835 : Guibert ; 1837 : Allenou ; 1852 : Ruellan ; 1853 : Corbel ; 1859 : Ruellan.

TREMELOIR EN 1862

Population : 681 habitants

Situation : Bordée au Nord et à l’Est par Pordic, au Sud par Trémuson et Plélo, à l’Ouest par Trégomeur, Tréméloir est traversé par la route départementale n° 1.

Ecole mixte : 95 élèves, dépend de la perception de Chatelaudren

Agriculture : Dans cette commune les cultures sont bien faites, avec soin, mais l’usage de la jachère sous pâture, après trois années de labour, existe toujours. On doit espérer que cet usage disparaîtra avec l’introduction des engrais marins qui, chaque année, y sont employés en grande quantité.

Le bourg : Il est situé sur une hauteur. Son église a pour patron Saint Méloir, solitaire breton qu Ve siècle dont la fête se célèbre le dernier dimanche d’août.
La chapelle Sainte Anne a été construite il y a peu d’années.

Points culminants : Le bourg : 115m, le Tertre : 107m, la Chambre au Chat : 135m.

Géologie : Schiste talqueux et schiste modifié au sud

Maires : Ont exercé successivement cette fonction : MM Colin ; J. Raoult ; Guillot ; Vincent ; Morin ; M. Raoult et P. Hellio.


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