Au service de l’Evangile

Le diacre permanent
lundi 3 décembre 2012
par  Jean HAMON (Abbé)
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Le dimanche 9 décembre, « pour l’annonce de l’évangile et le service de l’Eglise, Monseigneur Denis Moutel ordonnera diacres permanents Emmanuel Briand (Plérin), Christian Carlo (Plouer/rance), Philippe Giron (Lannion) et Chrystophe Tanvez (Ploumagoar). La célébration se déroulera en la cathédrale Saint Etienne de Saint-Brieuc  ». Tel est le faire-part qui nous annonce la bonne nouvelle pour le diocèse et pour la paroisse. En équipe, pendant près de 3 ans, nous avons eu la joie d’accompagner Emmanuel avec Nolwenn, son épouse, vers ce nouvel engagement. Pour bien vivre l’événement, voici quelques repères.

Un peu d’histoire :
Le service des diacres dans l’histoire de l’Église est attesté depuis le temps des apôtres. Ce ministère s’enracine dans l’institution de 7 hommes dont nous parle le livre des Actes des apôtres (6, 1-7). Dans deux de ses lettres, St Paul y fait allusion, énumérant les qualités et les vertus que doivent avoir les diacres pour bien accomplir leur ministère.
Jusqu’au 5e siècle, cette institution fut florissante. Les diacres exercent diverses fonctions dans les domaines de la charité, de la liturgie, avec une participation plus ou moins importante à la charge des évêques dont ils sont les hommes de confiance.
Pour de multiples raisons (création des communautés paroissiales avec prêtres résidents, assistance aux pauvres désormais assurée par des ordres religieux, notamment) le diaconat perd de son influence, prenant au cours des siècles suivants un autre visage, se réduisant à un rôle liturgique, en devenant un passage obligé vers le sacerdoce.

La restauration du diaconat :
Une des grandes intuitions de Vatican 2 a été de rétablir le diaconat permanent. Nous sommes dans un contexte très différent des débuts de l’Église. Dans une Église où grâce au concile pastoral, le peuple de Dieu retrouve une place importante dans la mission, les fonctions des uns et des autres, évêques, prêtres, diacres et laïcs se trouvent mieux définies. Le besoin de restaurer le diaconat, décidé au concile, répond à une volonté bien affirmée par les évêques de France. En souhaitant restaurer le diaconat, leur désir et leur insistance portent sur la présence au monde, en particulier par le travail professionnel ; sur la proximité avec les hommes, en particulier par la vie familiale ; et enfin sur la mission envers ceux dont l’Église est loin, les pauvres et ceux qui exercent des responsabilités. Pour chaque diacre, une lettre de mission de l’évêque précise le ou les terrains où elle devra être exercée.

Comment définir un diacre permanent ?
La tentation reste forte d’identifier le diacre aux actions qu’il doit accomplir sans bien saisir l’originalité de sa vocation et la spécificité de son ministère. Le modèle par excellence du diacre est le Christ Serviteur, lui qui après avoir lavé les pieds de ses amis leur a recommandé de se faire serviteurs à leur tour. (Jean 13, 34-35) La spiritualité du service reste la dominante : être au cœur du monde signe du Christ serviteur. Participant du sacrement de l’ordre, le diacre n’est ni un « sous-prêtre », ni un « super-laïc ». La spécificité de son ministère n’en fait pas un chrétien à part. En lien privilégié avec l’évêque, il fait valoir la dimension de service qui existe dans le ministère épiscopal ; il est appelé à coordonner sa mission avec les prêtres ce qui suppose dialogue, recherche ; enfin il saura aider et entraîner ses frères chrétiens à s’engager davantage dans une vie plus évangélique.

Le ministère du diacre se caractérise par l’exercice des charges de tout ministère ordonné : proclamer et d’enseigner la Parole de Dieu, sanctifier le peuple de Dieu par la présidence de la prière, la présidence possible du rite des funérailles et la célébration du baptême et du mariage enfin assurer le service de la charité, qui demeure prioritaire.

S’il a fallu du temps pour que le diaconat permanent trouve sa place et son rythme, il semble qu’aujourd’hui, en France, comme viennent de le constater nos évêques, à Lourdes, le « diaconat a trouvé un bon équilibre entre l’enracinement dans le monde et l’engagement dans la vie liturgique ». Dans le diocèse, nous constatons, de fait, ce bon équilibre qui nous fait apprécier la qualité de présences un peu nouvelles qu’apportent aux communautés et mouvements nos 21 diacres, auxquels s’ajouteront le 9 décembre, pour la plus grande joie de notre Église diocésaine, les 4 nouveaux ordonnés.


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