Concile 50 ans - Témoignage de Jean et Marie Aimée Rouaux

J’ai connu l’avant-Concile …
mardi 18 décembre 2012
par  Marie-Aimée ROUAUX
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J’ai connu cette période de l’après-guerre, dans les années 50, où l’on bouillonnait d’enthousiasme pour un renouveau dans tous les domaines.
L’Église n’était pas en reste avec l’Action Catholique qui s’est développée dans les milieux étudiants, ouvriers, indépendants et ruraux qui s’ouvraient sur une réflexion débouchant sur l’action. Le développement dans les campagnes a surtout commencé dans ces années là sous l’impulsion de la JAC et des Associations Catholiques Rurales qui ont fait un travail de pionniers remarquables. J’ai bien connu ce milieu à l’époque.

1957
Je suis jeune professeur à Compiègne dans l’Oise. Bien qu’enseignant dans un établissement non confessionnel, j’avais avec mes collègues beaucoup d’échanges au niveau chrétien. Arrivant de ma campagne bretonne, j’atterrissais dans un milieu intellectuel avant-gardiste dans son ouverture au monde et sa manière de vivre une foi alimentée par la lecture des théologiens, de philosophes, des sessions et des retraites spirituelles qui donnaient à penser autrement.
J’allais par ailleurs suivre des cours, une fois par semaine à la Fac à Paris (j’avais juste une heure de train), et c’était l’occasion d’autres échanges passionnants. Je me suis aussi engagée, cette année là, dans la Fraternité Séculière Charles de Foucauld de Paris
Question paroisse, j’ai commencé la catéchèse, ce qui n’était pas encore courant pour les laïcs avant le Concile, et j’ai animé des activités pour des personnes âgées. Il fallait faire bouger les paroisses. Avec les collègues, il nous était donné une ouverture sur une autre culture avec un organisme qui s’appelait « Peuple et Culture », et avant Nostra Aetate, une porte ouverte sur le judaïsme.
Ces avancées, si je puis dire, n’étaient pas toujours sans tension, ni jugements intempestifs, en particulier, sur cette « pauvre Bretagne » qui en était encore dans l’expression de sa foi « au temps des processions » ! Il fallait se défendre et argumenter.
Quoiqu’il en soit, du bon et du moins bon, ce grand mouvement plein d’espérance préparait ce qui allait devenir tout l’Aggiornamento du Concile Vatican II.

1958-1959
En 1958, je rencontrais Jean, pendant mes vacances chez mes parents, à Saint-Brieuc où il venait de s’installer comme Géomètre-Expert.
Quelques mois après nous étions mariés, et en août 1959 nous sommes venus habiter Couvran. Nous avons eu la chance de tomber sur une paroisse très active, la paroisse Notre Dame de Bon Secours du Légué. Nous nous sommes rendus disponibles pour les services existants, il y en avait déjà un certain nombre !

Jean et Marie-Aimée Rouaux en 1962
Jean et Marie-Aimée Rouaux en 1962

1962-1963
En 1962, nous avions déjà trois enfants sur six. Le troisième, Yves-Marie, est né avec le Concile en octobre. Ce fut aussi l’époque du retour douloureux des français d’Algérie en novembre 62, dont mon oncle prêtre, le Père Antoine Jégo, qui venait de passer 40 ans en Algérie et qui est arrivé à la maison avec ses valises. Il est mort au Cèdre en 1984, après avoir servi à Saint Servan et à Kerbors.
En 1963, les travaux du Concile se poursuivent, et on apprend aussi tristement la mort de Jean XXIII, au mois d’octobre. C’est à cette même date qu’arrive notre 4e enfant, un garçon que nous avons appelé « Pierre ».
Mis à part les changements apportés à la liturgie à partir de 1962, je ne me souviens pas de changements notoires dans notre paroisse sinon un développement de ce qui existait déjà.

Mais, j’avais vécu d’autres choses précédemment avec une ouverture à un monde différent du nôtre, et je désirais aller plus loin. Quelques années plus tard, encouragée par le Père Joseph Boishu, je commençais à Rennes des Études biblique et théologique qui se sont poursuivies par la suite ailleurs avec le désir d’enseigner.
Ceci bien sûr n’aurait pas pu être possible pour des laïcs avant le Concile qui a ouvert la voie dans ce sens, et a permis un accès à une exégèse biblique sans précédent.

Aujourd’hui, où en sommes nous ?
Le monde va plus vite que nous. Puisse l’Esprit Saint soulever des montagnes de foi dans les paroisses, et autres lieux de rencontre ecclésiale, afin que nous restions ouverts à tous nos frères, dans la foi ou non, ici et plus loin, et que notre Église prépare ce qu’elle devra être demain.


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