Points de repère sur le mariage des personnes de même sexe

lundi 7 janvier 2013
par  Loïc LE QUELLEC (abbé)
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Recueilli par Patrick Bégos

Points de repère sur le mariage des personnes de même sexe

Élargir le mariage civil aux personnes de même sexe et la possibilité pour elles de recourir à l’adoption auraient des conséquences sur les enfants, l’équilibre des familles et la cohésion sociale. C’est le message issu de la réflexion du Conseil Famille et Société composé d’évêques et de laïcs. Pour le Conseil, ne prendre en compte que le seul principe d’égalité et de non discrimination pour modifier le droit du mariage est trop réducteur. Au travers de 2 réunions à Pordic et Plérin, le Père Loïc Le Quellec a donné quelques points de repère pour nourrir la réflexion à partir du document proposé par la Conférences des évêques de France.

1- Le Conseil a clairement indiqué qu’il ne fallait pas analyser cette question uniquement au travers de la religion. C’est un véritable choix de société qui a des conséquences sur notre « vivre ensemble ». C’est une question d’anthropologie qui dépasse la foi. Il n’y a pas de similitude entre homosexualité et hétérosexualité, mais une véritable différence. Parler de différence n’est pas parler d’inégalité. Nier cette différence entre homme et femme entraînera des conséquences sur l’évolution de la société.

2- Dès 1976, l’Église invitait les catholiques à une attitude de respect d’écoute et d’accueil des personnes homosexuelles. La dignité propre de toute personne doit être respectée dans les paroles, dans les actions et dans les législations. Le refus de l’homophobie et l’accueil de ces personnes est l’une des conditions pour sortir des réactions épidermiques et entrer dans un débat serein.

3- Le droit français de la famille donne une vision de l’homme. Le mariage n’a jamais été un simple certificat de reconnaissance d’un sentiment amoureux. Il a toujours eu la fonction sociale d’encadrer la transmission de la vie en articulant les droits et les devoirs des époux, entre eux et à l’égard des enfants à venir. La conception individualiste du mariage, véhiculée par le discours ambiant, ne se trouve pas dans les textes de loi. Le mariage a toujours organisé le lien entre la conjugalité et la parentalité et donc la lisibilité de la filiation.

4- Le droit nous rappelle que la vie est un don. Personne ne choisit son père et sa mère, son lieu et sa date de naissance. Toute personne reçoit sa vie des autres, d’un homme et d’une femme. Le fait d’être né d’un homme et d’une femme est signe de notre origine commune, de notre appartenance à l’espèce humaine. La lisibilité de la filiation, notre inscription dans une lignée sont essentielles pour la construction de l’identité. Si la loi accède aux demandes des personnes homosexuelles par le biais de l’adoption ou de la procréation médicalement assistée, les enfants seront dans l’impossibilité de connaître complètement leur filiation.

5- L’ouverture du mariage au personne de même sexe vise à faire reconnaître que l’amour entre 2 personnes de même sexe est identique à l’amour entre un homme et une femme. Plutôt que de nier les différences, notre société doit chercher à garantir l’égalité des personnes par d’autres propositions que le mariage.

6- Les chrétiens croient en un Dieu qui est amour et qui donne la vie. La relation d’amour entre un homme et une femme garde un caractère unique et l’Église catholique lui reconnaît un statut particulier. Elle invite l’homme et la femme à s’engager librement dans un mariage indissoluble, vécu dans la fidélité et l’ouverture à la vie. Le mariage religieux est pour les catholiques un sacrement dans lequel Dieu lui-même s’engage aux côtés des époux et de leur alliance. Au delà de ce statut particulier, l’Église accorde aussi de la valeur à d’autres relations d’amour ou d’amitié qui ouvrent sur une fécondité sociale. Cela n’est pas moins important. Toutefois, seul l’amour d’un homme et d’une femme, s’ouvrant à l’autre dans sa différence sexuée , se traduit par la naissance d’une vie nouvelle. C’est une différence de taille qui ne peut être nié. Un enfant a des droits, le premier : celui d’avoir un père et une mère.


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