Un Grand Anniversaire ! (4)

lundi 14 janvier 2013
par  Loïc LE QUELLEC (abbé)
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Ainsi que nous le rappelions dans nos éditions précédentes, lorsqu’il ouvre le Concile Vatican II, le Pape Jean XXIII donne une orientation aux Pères Conciliaires : aider l’Église à entrer en dialogue avec le monde.
Entre le Syllabus de Pie IX, accompagnant l’encyclique Quanta Cura du 8 décembre 1864 et le Concile Vatican II qui s’ouvre, existe une distance qui n’est pas seulement séculaire. Le Syllabus de Pie IX regroupait 80 propositions par lesquelles le Pape entendait condamner d’une façon générale la modernité. Il s’achevait ainsi en condamnant l’idée selon laquelle « le Pontife peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la société moderne ».
JPEG - 5.5 ko L’histoire est importante. Elle permet probablement de comprendre les raisons de ce refus de Pie IX. Les États Pontificaux administrés par le Pape, qui en est roi, correspondent à peu près à l’Italie actuelle. Ils sont grignotés tout au long du 19e par le Général Bonaparte, puis les mouvements d’unification italienne qui aboutiront en 1870 à les réduire aux frontières de l’État du Vatican. À la fin du 19e siècle, le Pape a perdu les États Pontificaux et son autorité temporelle. Pour le Pape le responsable ne fait pas de doute, ce sont les idées modernes issues de la Philosophie des Lumières. Le pape est assiégé et au-delà de sa personne l’Église. Les idées modernes sont condamnées et rejetées comme inconciliables avec la foi catholique. Elles font pourtant leur chemin au sein de l’Église. Elles s’appliquent petit à petit à l’étude de la Bible, de la théologie, de la liturgie. Cela ne va pas sans mal et se traduit par de nombreuses condamnations. Le grand pape Léon XIII essaiera une certaine ouverture même mesurée. Sous son Pontificat, est ainsi fondée par exemple l’École Biblique et Archéologique de Jérusalem par les dominicains. Il est symptomatique d’un courant catholique qui tente de prendre en compte les sciences historiques et archéologiques naissantes. Le Pontificat de Pie X qui suit marquera un frein face à cet esprit d’ouverture aux sciences modernes par de nombreuses condamnations. Il n’empêche que le mouvement est en marche.
Ainsi dès le début du 20e siècle, commence un mouvement de renouveau qui touche tous les domaines de la foi chrétienne : la Bible, la théologie, les Pères de l’Église, la liturgie l’œcuménisme … Certes les débuts sont tâtonnants et avancent entre condamnations et discrets encouragements ; mais peu à peu par le biais de chercheurs et d’universitaires se redécouvrent les richesses de la Tradition. Cette redécouverte qui s’affirme petit à petit et que, dans le domaine biblique, le Pape Pie XII confirme dans l’encyclique Divino Afflante de 1944, prépare le concile Vatican II. Entre le Syllabus de Pie IX et l’ouverture du concile Vatican II par Jean XXIII, l’Église fait l’expérience que le dialogue avec le monde peut être riche. Il peut l’aider à entrer plus avant dans la compréhension de la Parole de Dieu, dans la compréhension de ses rapports avec le monde, avec les autres religions et les autres confessions chrétiennes, dans la compréhension qu’elle a d’elle-même …

à suivre…


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